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Eh, ALLAH ! Fallait-il ouvrir une bouteille avant d’écrire dans une cave ?
2008-07-08 20:12:37 Je suis atterré, sidéré et ballotté par une sortie maladroite d’un de nos plus brillants aînés de la diaspora, qui vient de lancer une grenade assourdissante via le Net, après la réunion organisée le 29 juin 2008 à Paris par le Comité d’Initiatives Citoyennes. Parmi le peu de produits qui se bonifient en vieillissant on trouve le vin. N’ayant jamais bu d’alcool, ce n’est pas à plus de 50 ans (hors taxes) que j’entamerai une carrière de buveur ! Comme mes « frères d’asthme », je préfère la ventoline. Oh réputation, quand tu te confirmes ! J’ai mal, très mal ! Nous voudrions tous sortir de l’auberge. Nous voilà maintenus dans une auberge de…vieillesse ! Mais celle où la sagesse marque le pas. Comment peut-on décider d’oublier les douloureuses pages récentes et sanglantes de notre histoire ? Qui parmi les Guinéens refuserait le « dialogue national pour la réconciliation et le changement » ? Un colosse de 190 cm et pesant 0,09 tonne (je ne suis pas l’auteur de ces données gigantesques !) aurait arraché la parole pour asséner des vérités qui fâchent ! Qui fâchent qui ? A la manière d’un « Pivi Coplan » il aurait musculairement récidivé pour faire prévaloir l’argument de la force. Même un Pharaon aurait eu un peu plus de délicatesse. Et dire que ce « long monsieur » est « éducateur », quel exemple de bonnes manières ! Dans cette atmosphère de non droit, une communauté que certains hargneux appellent dédaigneusement « les 40% » (n’acceptent-ils pas implicitement ce pourcentage ?) a une fois de plus été indexée sous le regard complice d’un de ses fils (heureux d’avoir serré la main à un compatriote !) qui lui demande de se faire une violence supplémentaire ! Une communauté à laquelle Sékou Touré avait déclaré la guerre ! Nous n’oublierons jamais le discours haineux du 22 août 1976 ! Pardonner, oui ! Oublier, jamais ! On peut tourner une page sans arracher la feuille ! On ne nous poussera jamais à l’amalgame. Il ne faut jamais confondre Sékou Touré avec une famille, encore moins avec une ethnie. Ne rendons tout de même pas à tous les Touré ce qui a appartenu au seul Sékou ! Sa veuve et ses enfants ne sont pas coupables de quoi que ce soit. Ce sont des compatriotes à respecter. Il faut que les choses soient claires : aucun Guinéen n’a le monopole de l’amour de la patrie. Il y a des millions de façons d’aimer la Guinée et je constate d’ailleurs que personne n’en demande la partition ! C’est déjà ça de gagné ! J’aime la Guinée mais pas plus qu’un Bangoura, un Kaba, un Milimono, un Guilavogui ( fut-il Galéma ) ou un Zogbélémou ! D’autres aiment la Guinée comme un cavalier aime son cheval ! Faut-il laisser Sékou Touré reposer en paix au seul motif qu’il est mort depuis 1984 ? L’histoire est l’œuvre des hommes (et des femmes, bien entendu).Si on ne doit plus parler de quelqu’un parce qu’il n’est plus de ce monde, alors ce n’est plus la peine d’enseigner l’histoire. Ne parlons donc plus de la reine Pokou, de Béhanzin, d’Usman Dan Fodio, de Nasser ou de Pou Yi ! Pourquoi alors évoquer Napoléon dont les cendres sont aux Invalides, à Paris et non dans une fosse commune ? Chacun connaît les vrais héros. Pétain, héros de certains mais bourreau certain, ne sera pas au Panthéon ! Récemment, un ancien dignitaire du PDG qui a dû recevoir (après un coup de patte d’éléphant qui l’a rendu boiteux ?) un autre coup de trompe à la tête a involontairement eu raison de rappeler le caractère têtu des faits. Deux « Bah » ont enrichi le débat en répondant de façon si appropriée que je n’ai rien à ajouter sur les « provocations et mensonges par omission » d’un ancien ministre pour deux républiques. Il s’agit d’Ourouro et du Dr Thierno qu’il faut ennoblir sans délai pour leur contribution de qualité ! N’en déplaise au PDG, Sékou Touré n’est pas le « père » de l’indépendance de la Guinée ! Il est tout au plus un des « oncles » ! L’indépendance de la Guinée relève d’une paternité multiple. On l’a obtenue par référendum, c’est-à-dire par la volonté populaire. Un mythe qui va s’effondrer ! C’est vrai qu’on n’oubliera pas Sékou Touré. Le but n’est pas de l’oublier mais de mettre en lumière ce qu’il a fait. L’histoire retiendra son nom comme elle retient ceux de Néron, d’Hitler, de Staline ou de Pol Pot ! Nous souhaitons tous une Guinée réconciliée avec elle-même, apaisée et orientée vers un progrès démocratique et social. Pour ce faire, il faut que la vérité (la « vraie ») éclate au grand jour et nous « éclabousse » ! Aucune communauté en tant que telle n’est coupable ou responsable mais dans chaque communauté il y a eu des coupables et des victimes à des degrés divers. Je suggère à tous ceux qui affirment qu’une ethnie n’a pas eu plus de victimes qu’une autre en Guinée de consulter le « livre blanc » (quel euphémisme, car c’est un livre qui sent le sang !) édité sur ordre de Sékou Touré lui-même. Ce document comporte les noms et photos des victimes, publiés dans le journal officiel Horoya. Il faudrait y ajouter, en complément de la série macabre, les 7 personnes (devinez leur ethnie !) exécutées à Mamou, peu avant la mort du tyran, pour une simple question de carte d’identité ! Il faut être vraiment cloche pour ne plus se souvenir des terrifiantes phrases comme : « Je déclare la guerre aux P… ! » ou « Châtiez les traîtres P… ! » Pour ma part, mes parents sont décédés de vieillesse, entourés des leurs, au milieu des champs de taros et de fonio. Ce n’est pas parce qu’ils n’ont pas été victimes du « complot permanent » que je ne suis pas concerné par le drame de mon pays. Je veux aussi me tourner vers l’avenir mais je veux aussi regarder dans le rétroviseur. Avant de pardonner définitivement, je veux savoir pourquoi le lieutenant Bademba Barry a été fusillé. Pourquoi Karim Bangoura, Magassouba Moriba et Loffo Camara ont été tués ! Toutes les grandes familles de Guinée ont été affectées par la tragédie de Sékou Touré. Comme c’était une catastrophe nationale, il faut maintenant une réconciliation nationale. Par ailleurs, arrêtons de nous focaliser sur deux ethnies. La Guinée n’est pas un Etat binational ! Elle est multiple, ce qui lui donne un certain charme. Sans les Nalous, les Bassaris et les Konos, la Guinée ne serait plus elle-même. Dans notre pays, on devrait se parler d’égal à égal car on n’est pas Guinéen à 3, 40, 60 ou 99%. On l’est ou on ne l’est pas ! Le salut de la Guinée passe par le dialogue. Donc, discutons sans nous disputer ! Méfions nous des molosses mais ne nous laissons pas intimider par les clameurs niaises d’un quelconque colosse ! Ibrahima Kylé Diallo, Le 08/07/2008
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