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Accueil > Archives 2 |Syndication rss Send to facebook Send to facebook twitt this Send to LinkedIn Send via email Print |Mardi, 03 avril 2018 02 : 43

Sur la réhabilitation ou non de Sékou Touré

Par El hadj Mahmoud « Ben Saïd » Bah


Notre nation, se fondant entre autres sur les agissements de M. Lansana Kouyaté et son épouse, les déclarations de certains leaders politiques dont MM. Aboubacar Somparé et Jean-Marie Doré, s’est vue de fait engagée dans un débat sur la réhabilitation de Sékou Touré. Récemment, les débats se sont accentués à cause des écrits d’autres compatriotes comme M. Galéma Guilavogui. Je voudrais intervenir à travers ce texte, qui s’articule sur trois éléments : les amalgames dans le débat, la possibilité ou non de réhabiliter Sékou Touré, et un témoignage personnel sur son régime.


1. Arrêter les amalgames

Il est impératif d’arrêter les amalgames dans le débat. Pour décanter la situation on pourrait regrouper ces amalgames en quatre catégories et les analyser en conséquence. Dans la première catégorie, on note souvent l’amalgame entre la personne de Sékou Touré tantôt avec son ethnie, tantôt avec sa famille, tantôt avec son parti, le Pdg. Bien que dans la réalité sa personne est intimement liée à tous ces groupes sociaux, nous devons discerner les choses et nous focaliser sur l’être Sékou Touré et son système de gouvernance. Pour simplifier les choses, dans ce système nous retiendrons les individus qui étaient effectivement actifs à trois niveaux : Les ordonnateurs du système, dont Sékou Touré (le responsable suprême) en tête ; les intermédiaires ou facilitateurs, qui sont ceux chargés d’appliquer le système (par exemple ceux qui planifiaient et supervisaient les arrestations) ; enfin les exécutants à la base (par exemple les tortionnaires du camp Boiro). Nous pourrons appeler tout cet ensemble le système Sékou Touré, et, pour les raisons de simplification, mettre de côté les structures dans lesquelles il opérait, que ce soit le Pdg, le gouvernement, ou le clan familial. Toute personne qui a effectivement servi le système, de la base au sommet, est simplement membre du système. Par contre, toute personne, même parmi les propres enfants de Sékou Touré, qui n’a pas été prouvée active dans les agissements du système est purement et simplement mise de côté. Dès lors il n’est point question d’accuser une famille, encore moins toute une ethnie, des crimes du système. 

La deuxième catégorie d’amalgames concerne les victimes du système. Ici aussi toute victime est victime. Évitons de parler d’ethnie, de famille et limitons-nous aux dommages subis par chaque victime, qu’elle soit peule, malinké, soussou, guerzé, toma, kissi, pour ne citer que celles-là. Il est vrai que Sékou Touré s’est publiquement attaqué à une ethnie qu’il a traitée de tous les noms, mais ici aussi – malgré les peines de voir son ethnie singularisée et traitée avec mépris – pour simplifier les choses et surtout pour faciliter les débats, on peut mettre de côté les dires de Sékou Touré et s’en tenir aux actes du système. Dans un sens d’ailleurs, les choses reviennent presque au même après la simplification. Supposons que vous laissiez tomber ce qu’on a dit de votre ethnie et que vous ne preniez en compte que ce qui vous a été fait dans la réalité, pour quelque raison que ce soit, y compris à cause de votre ethnie. Si par exemple on a annulé votre bourse d’étude simplement parce que vous appartenez à une ethnie, vous êtes une victime : point. Bref, ici aussi que l’on ne désigne pas éternellement une ethnie comme victime.

La troisième catégorie d’amalgames est celle entre célébration du cinquantenaire et réhabilitation de Sékou Touré ; entre unité nationale et réconciliation, oublier (ne plus prendre en compte, écarter volontairement de sa pensée) et pardonner ; entre reconnaître les œuvres positives de Sékou Touré et rendre justice en faisant son bilan général qui prenne en compte toutes ses actions y compris ses crimes. Pendant que toutes ces notions se lient d’une certaine manière, l’amalgame inconsidéré compromet le débat. Il faut absolument faire les distinctions nécessaires. Par exemple il est vrai que l’on ne peut pas célébrer le cinquantenaire sans parler des bonnes œuvres de Sékou Touré, mais on peut parfaitement bien le faire sans parler de sa réhabilitation : Après avoir parlé de ses bonnes œuvres on doit absolument enchaîner par les tragédies qui ont suivi ; et si l’on ne peut pas aller jusqu'à faire un jugement, alors on présente les deux faces de l’homme et on s’arrête là.

Quant au dernier type d’amalgames, il concerne la méthode de réhabilitation de Sékou Touré, si cela devrait avoir lieu. Spécifiquement, l’amalgame ici est celui de confondre les sentiments personnels à la méthode à suivre pour déterminer ladite réhabilitation. On est libre de ses sentiments pour une personne ou pour une autre, mais cela ne doit en aucune façon enfreindre aux principes directeurs de jugement. Par exemple, on peut avoir de la sympathie pour un criminel, mais son jugement devra être basé non sur cette sympathie mais sur les faits et suivre la procédure judiciaire en vigueur dans le pays concerné.


2. Peut-on réhabiliter un criminel non repentant ?

Les tenants de la réhabilitation de Sékou Touré prônent ses bonnes œuvres, surtout son rôle dans l’accession du pays à l’indépendance. Personne ne peut nier ces faits : Bien que l’indépendance de la Guinée ne soit pas une œuvre exclusive à lui, le rôle que Sékou Touré y a joué le rend inoubliable. Je ne vois d’ailleurs aucun mal à l’appeler « père de la nation » ou « père de l’indépendance ». Mais la question est de savoir si cela suffit pour le réhabiliter de ses crimes.

Pour répondre à la question je voudrais l’examiner à la lumière d’une source pas encore exploitée, malgré son importance : nos traditions religieuses. Au nom de la laïcité il est difficile d’aller en profondeur sur cette piste – c’est pour cette raison d’ailleurs que je préfère l’euphémisme « traditions » – mais si l’on examine de près l’évolution politique de notre pays, on constate qu’elle a toujours été influencée par nos traditions religieuses. C’est en effet parce certains chefs religieux ont, directement ou indirectement, supporté les dictateurs des deux régimes que nous avons été opprimés pendant nos cinquante ans d’indépendance. Les seules fois que nous avons eu nos droits furent, à mon avis, quand ces mêmes chefs religieux ont été du côté du peuple, plutôt que du pouvoir. L’an passé c’est en partie parce qu’ils ont adhéré à la cause de l’Intercentrale que la grève a eu le succès qu’elle eut. On se rappellera qu’en janvier, c’est suite à une rencontre à laquelle ces chefs religieux faisaient partie que le Président Conté a enfin accédé à la demande de peuple de nommer un Premier ministre de consensus. En outre, le fait que les représentants des sages de nos quatre régions naturelles, actuellement siégeant au sien du « comité de veille », sont tous des religieux en dit long sur leur influence. Tout ceci se comprend parfaitement d’ailleurs, vu que nous sommes estimés à environ 90 pour cent de croyants : les traditions religieuses forment en principe la première chose que se partagent la majorité des Guinéens. Ainsi, pour la réhabilitation de Sékou Touré aussi, fort probablement la position de nos chefs religieux sera déterminante.

Alors, quelle sera cette position ? Elle devra être déterminée par les principes directeurs énoncés dans les textes de référence : les livres saints (qui contiennent les paroles de Dieu) et les enseignements des envoyés de Dieu. Et, aussi longtemps que cette position est dictée par ces principes, le sort de Sékou Touré est à jamais scellé : Le fait qu’il ait rendu l’âme sans se repentir lui dénie toute réhabilitation. En effet, le décret divin (85:10) est sans équivoque : « Ceux qui font subir des épreuves aux croyants et aux croyantes, puis ne se repentent pas, auront le châtiment de l'Enfer et le supplice du feu. » Mieux, parlant d’épreuves, un autre décret (5:32) stipule que « quiconque tue une personne non coupable d'un meurtre ou d'une corruption sur la terre, c'est comme s'il avait tué l’humanité entière ; et quiconque lui fait don de la vie, c'est comme s'il faisait don de la vie à l’humanité entière ». Or les victimes innocentes tuées par le « père de la nation » se comptent non par dizaines ou par milliers, mais par dizaines de milliers ! Nous ne sommes pas responsables de Sékou Touré. C’est Dieu qui l’a créé et c’est Lui qui l’a fait mourir avant son repentir. Nous ne pouvons pas être plus royalistes que le roi.

Pour rafraîchir les mémoires, jetons un bref regard sur les épreuves que le système Sékou Touré a fait subir à son peuple. Sont estimés à 50 mille les personnes tuées durant son règne, les unes pendues ou fusillées en public les autres simplement abandonnées à la mort dans des cellules. En plus de la mort, la torture fut de mise pendant la dictature de Sékou Touré. Les témoignages des rescapés sont insoutenables, tant sont lourds les actes déshumanisants que les tortionnaires infligeaient à leurs détenus : « Dès qu’on t’arrête, on t’impose une diète de sept jours. Si tu survis, on te sort et on te donne un gobelet de quinquéliba chaud. » Dans ces diètes noires, il est arrivé à certains détenus d’ingérer leur propres déchets dans leur lutte pour la survie. Pire encore, parmi ces détenus on comptait même des mineurs. Une rescapée déclare : « J’ai atteint l’âge de la puberté en prison et je traîne encore les séquelles de la torture que j’ai subie. » Une autre aurait connu le même sort, car arrêtée à l’âge de 13 ans. Les « plus chanceux » parmi les victimes sont ceux qui ont pu s’enfuir vers l’extérieur à temps – ce sont bien des victimes, eux aussi, parce qu’en fait ils furent forcés de s’enfuir, donc chassés de chez eux. Comme conséquences de tous ces crimes, on note des milliers de familles complètement exterminées ou disloquées à travers le monde, avec tous les méfaits que cela comporte, surtout chez les plus jeunes.

L’objectif visé par le dictateur dans ces crimes était de mater toute velléité de résistance au sein de la population. Et il le réussissait presque parfaitement. Il me souvient qu’à la période des exécutions de Mamou – qui furent les dernières du régime de Sékou Touré – les populations étaient devenues entièrement terrorisées. Dans les rassemblements, il suffisait d’une simple bousculade pour que les gens se mettent à fuir de tout côté, comme des bêtes. Un jour, à la gare voiture de Mamou, je fus, moi-même, pris dans une telle scène de panique. Tout d’un coup, sans même savoir pourquoi, tout le monde s’enfuyait autour de moi. En quelques secondes certains étaient déjà descendus jusqu’au niveau des rails. On courrait simplement parce qu’on a vu les autres courir, et on courait le plus que possible pour ne s’arrêter qu’après avoir jeté un coup d’œil et noté que personne ne vous poursuit. Par après, la vue de tout ce monde innocent revenir à petits pas vers les affaires, hésitant car encore dans la peur, avait quelque chose de poignant qu’on ne peut vraiment décrire. Évidemment dans l’instinct de protection, courir pour s’éloigner du danger est l’un de nos premiers réflexes : Puisque, une fois arrêté, pour un rien, vous risquez d’être fusillé en public et traîné vers une fosse commune, il n’y avait pas mieux à faire que de s’enfuir au moindre incident.

De tous les crimes du système Sékou Touré, cependant, il me semble que le plus grave de conséquences est le fait de produire une mentalité cruelle chez les Guinéens. Le témoignage suivant fut publié sur le net : « Toutes les couches sociales du pays, les intellectuels, les religieux, les commerçants, les cultivateurs de toutes ethnies confondues, ont subi le sadisme sanglant du régime Sékou comme les pendaisons, la diète noire et les exécutions arbitraires. Parmi les pendus, il y avait par exemple Magassouba Moriba, Keita Kara et Amara Konaté (dont j’ai été témoin à Kankan). Bandjan Kourouma sera également fusillé en ma présence derrière le camp Soundiata de Kankan. Élèves, nous étions obligés d’assister à ces crimes horribles sans avoir le droit de pleurer. On devait lapider les corps et leur cracher dessus après. »

En forçant les enfants dès le bas âge à assister à ces exécrables scènes et en les abreuvant de discours idéologiques de la même nature, que deviendront-ils une fois adultes ? Toute chose étant dans les mains de Dieu, le moins que l’on puisse dire est que si ces enfants ne reçoivent pas l’encadrement familial adéquat – surtout s’ils ont des dispositions naturelles au crime – on fait alors des adultes particulièrement cruels. Il faudrait des études scientifiques pour le prouver mais il me semble que cet héritage du régime de Sékou Touré est responsable, au moins en partie, de la cruauté qui se manifeste même de nos jours dans les agissements de certains de nos compatriotes, l’impunité notoire aidant par ailleurs. On peut dire que c’est devenu une partie de notre culture. Sinon, comment justifier la barbarie de juillet 1985 ? Sinon, comment expliquer les traitements que les gendarmes infligent aux chauffeurs en infractions dans notre capitale, suite à la récente grève des policiers ? Comment justifier les traitements ignobles que ces mêmes gendarmes et militaires infligeaient à ces policiers ? Évidemment on n’a pas besoin de parler des supplices que les hommes en uniformes, d’une manière générale, infligent continuellement aux populations civiles non armées, surtout depuis janvier 2007.


3. Témoignage personnel sur Sékou Touré

Tous ceux qui ont vécu le régime de Sékou Touré en ont un certain souvenir et, à mon avis, ils doivent faire des témoignages écrits en vue de les pérenniser pour la postérité. Pour ma part, j’ai vu Sékou Touré en personne deux fois dans sa vie. La première fut lors d’une visite-éclair qu’il fit en hélicoptère dans mon village de Bodié, dans Dalaba, alors qu’il était en tournée dans la zone. J’étais tout petit, peut-être pas encore à l’école ; avec des copains mon groupe avait réussi à se frayer un passage dans la foule pour nous arrêter à un mètre devant lui. La deuxième fois fut au Palais du peuple, quand il baptisait notre promotion, la seizième. Toutes ces deux occasions sont des souvenirs de joie, et, à vrai dire, j’ai, comme bien d’autres Guinéens, tiré profit de son régime entre ces deux rencontres pour avoir étudié sans me soucier des frais, par exemple. En outre, pendant mes études j’ai personnellement joui d’autres « faveurs » du régime, avec de fréquentes participations dans ces fameux conseils d’administration appelés « CA », même si ces faveurs vous étaient presque imposées parfois et vous rendaient à la fois victime et coupable par ce que vous aviez à faire (manquer beaucoup de vos cours et prendre d’impopulaires décisions). Toutefois, les plus grands souvenirs que je garde de Sékou Touré sont des souvenirs de pleurs. Par coïncidence, là aussi il s’agit surtout de deux scènes, la première dans ma tendre enfance et la deuxième au terme de mes études universitaires.

Suite aux événements du 22 novembre 1970, un de mes cousins, l’un des piliers de notre famille alors, était du lot des arrêtés. Imprimés en quantités énormes, les journaux avaient été distribués même dans notre petite école de campagne, avec les mêmes discours idéologiques, qui en gros devaient vous convaincre que vos parents ainsi arrêtés n’étaient désormais plus vos parents, étant des contre-révolutionnaires. Mais après l’école, quand je tendis le journal à ma mère, avec la photo de notre cousin, tenant cette ardoise qui porte son nom, avec les lèvres sèches et craquelées par la soif ou les tortures, je suppose, ma mère fut du coup prise par une crise et se mit à pleurer comme un enfant, nommant entre les sanglots la mère de notre cousin : sentiments de mère obligent. Je n’oublierai jamais ces pleurs de ma mère ; en fait à chaque souvenir, même à l’instant où je tape ces lignes, ils me rétrécissent le cœur.

Le deuxième souvenir lugubre est justement pendant les exécutions de Mamou. Venu de mon village, je séjournais à Mamou dans le cadre de la préparation de mon mémoire de fin d’études à la Faculté de Tolo. Quand le bruit courut que l’on devrait procéder aux exécutions des détenus dans la journée, et ne supportant pas l’injustice et la cruauté qui y étaient mêlées, je sortis de la ville assez tôt pour venir me réfugier à l’entrée, bien avant la conserverie, dans une famille amie. Évidemment je n’y étais venu (officiellement) que dans le cadre d’une visite de courtoisie. Mais par malheur, je constatai dès mon arrivée des gémissements dans la famille voisine de mes hôtes, de même qu’un petit groupe de personnes. Quand je m’enquis de la situation, il me fut dit que la jeune femme en pleurs revenait de la prison, où les gardes n’avaient pas accepté le repas qu’elle y avait déposé pour son époux, l’un des détenus en question, ce qui renforçait davantage les rumeurs de leurs exécutions ce jour. Bien sûr qu’avant de venir je ne pouvais imaginer que la famille qui m’accueillait avait un voisin qui attendait son exécution. Mais je ne pouvais non plus rentrer chez moi, car d’une part il sied mal d’abandonner des amis au seuil d’un deuil et d’autre part le lieu de l’exécution était le terrain préfectoral de football, situé tout près de la route que j’emprunterai en rentrant, et les attroupements semblaient s’y faire déjà. Je restai donc. Le groupuscule chez les voisins grandit peu à peu, et peu après « Boum ! » fut le tonnerre du peloton d’exécution qui faisait feu sur les innocents. Le grondement perça le ciel puis retomba en un long écho alentour, pour à son tour déclencher un autre tonnerre, celui des pleurs chez nos voisins aux cœurs littéralement brisés par la douleur.

Compte tenu de tout ce qui précède, quand j’entends certains propos sur Sékou Touré aujourd’hui, avec tout le respect que je dois à leurs auteurs, je parviens difficilement à maîtriser ma colère. En fait, certaines propositions que l’on nous soumet sont simplement risibles, car il semble que leurs auteurs ne savent pas de quoi ils parlent, malgré leur âge. Toutefois, je dois tout de suite enchaîner que ma conviction de l’impossibilité de réhabiliter Sékou Touré n’a rien à voir contre les démarches vers l’unité nationale, après avoir mis fin aux amalgames. D’ailleurs cela pourrait être l’objet d’une autre intervention.

Quelques jours après les exécutions de Mamou (dont j’ai omis l’historique,  espérant qu’il est plus ou moins connu), je dû rentrer dans mon village, où j’étais chargé de cours dans un collège. Quand, un mardi matin, j’allumai mon poste radio, Rfi parlait de Sékou Touré à l’imparfait : « Il était ceci, il était cela. » C’est ainsi que j’appris sa mort. Cette mort eut un grand impact sur ma personnalité, surtout ma foi : voilà que mourait un homme dont l’emprise sur les autres était telle qu’il paraissait immortel ! Pensant à mon père, qui avait une grande influence dans notre famille, je ne pus m’empêcher de verser des larmes : « Sékou Touré mort, c’est la confirmation que tous les hommes sont mortels, me dis-je. Gloire à Dieu, l’Éternel absolu ! »

El hadj Mahmoud « Ben Saïd » Bah
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