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| 2014-03-09 23:39:39 |
Il était une fois un jeune homme timide qui s’appelait Lamzo décida de se faire libérer de sa peur. Depuis que Lamzo était un gamin jusqu’au cycle universitaire, il a toujours été timide des gens et ne pouvait avoir une conversation avec une fille sans complexe. Apres sa première année dans une grande université, il décida alors de changer d’école pour mieux réinventer son image qui sera cette fois ci celui d’un homme social qui n’est pas intimidé par les filles. Il choisit donc une petite Université ou il y’avait peu d’élèves et beaucoup d’opportunités pour se faire connaitre du publique. Pour vaincre sa timidité, Lamzo décida alors de regarder les gens dans les yeux en s’adressant à eux et s’est résolu à saluer cinq différentes femmes chaque jour. Ce simple geste déclenchait plusieurs réactions physiologiques en Lamzo; caractériser par un rythme cardiaque accéléré et méthodique, initier par le simple fait d’accomplir une action ou de penser à y accomplir l’action.
Après quelques semaines d’essai et de pratiques, Lamzo remarque que sa peur des filles diminuait. Par conséquence, due à la tendance humaine à s’auto améliorer, une autre peur s’installait. Cette fois ci, c’est la peur d’échouer qui caractérise Lamzo. Cette peur, aussi ancienne que le plaisir lié à la réussite, est variable chez les animaux. Cette variation naturelle et acquise, explique beaucoup pourquoi certains individus réussissent pendant que d’autre ne réussissent pas même quand l’environnement et le temps est le même pour les deux acteurs. En d’autres termes, ceux qui réussissent arrivent à mieux exploiter la structure et fonction de l’organisme qui existe déjà pour accomplir le rôle dont il n’était pas fait pour jouer. C’est comme un pneu conçu pour rouler sur terre. On peut se servir de la plasticité du pneu pour se faire des chaussures en manipulant le matériel ou se servir du plastique pour allumer un feu, deux rôles dont le pneu n’était pas conçu initialement pour jouer.
Cependant, il y a une limite à ce qu’on peut faire avec ces manipulations. Chaque matériel a une limite de ce qu’il peut être transformé. Par exemple, on ne pourra jamais manipuler le pneu pour le transformer en un couteau tranchant car la propriété de plasticité du matériel limite son usage en le confinant à servir certaines fonctions mais pas d’autres. Pourrait-on dire donc que le matériel, bien que n’étant pas en vie, obéit aux même règles qui dirigent le monde animal ? Spécifiquement, est-t-il temps de considérer le matériel comme ayant une destinée tout comme l’homme, dont le destin est défini comme le rôle dont chaque personne est attribuée à jouer dans cette vie, tout comme le destin du matériel qui fait qu’il ne peut avoir que certaines fonctions mais pas d’autres. Il me semble que la réponse à cette question est affirmative car l’homme tout comme le matériel est tout d’abord une chose, c’est-à-dire qui a une masse et un volume. Et comme tous ceux qui s’associent se ressemblent, l’homme et le matériel (tout comme l’homme et son chien) continue leur évolution parallèle, chacun devant son existence à celle de l’autre car se définissant chacun par ce que l’autre n’est pas.
Donc lorsque Lamzo ressentait cette peur d’échouer, il employait la méthode qui a permis aux ancêtres de l’homme moderne de s’auto améliorer. Puisque la variation existe dans tout trait, il ne doit pas être surprenant donc de voir aujourd’hui que certains peuples ont réussi à créer des sociétés plus ou moins enviées par d’autres membres d’autres sociétés. L’envi qu’éprouve certains à immigrer dans d’autres sociétés (en Occident) est un indice fiable qui nous permet de juger de différentes sociétés dans leur capacité a s’auto améliorer. Il n’est donc pas surprenant de voir que les sociétés enviées ou tout le monde veut intégrer sont aussi les sociétés qui dirigent le monde dans les percées scientifiques, et qui se libèrent de leur environnement dans lequel tout leur corps et leur comportement est adapté.
L’Américain Louis Armstrong, en marchant sur la lune, sans doute savait qu’il symbolisait le désir humain de se libérer des conditions de la terre. Bien qu’adapter, voir même à cause de l’adaptation, entre l’homme et son environnement, l’animal a réduit sa liberté au profit d’une survie adaptée à des conditions de vie spécifique. Le poisson, par exemple a des adaptations excellentes pour la vie en Océan. Ces mêmes adaptations, par contre, causent aussi la mort brusque du poisson aussi vite qu’il est retiré de son environnement. Dans ce cas, l’homme représente la rébellion de l’animal contre la nature, qui a fait de lui pourtant une machine formidable sur terre. Mais, heureusement, que l’homme n’est jamais satisfait et cherche à mieux faire.
Bien que Lamzo ait un comportement typique des jeunes garçons de son âge, il symbolise quand même l’homme entier dans son désir de vaincre ses défis, dont ses émotions. Ce simple rituel exige un comportement qui aide à séparer ceux qui sont capable à reproduire la vie et ceux qui ne le sont pas. Par exemple, lorsqu’un adolescent gagne assez de courage pour affronter sa peur, suscitée par la simple présence de son moitie opposée, cela veut dire que l’adolescent est maintenant capable de reproduire la vie (à l’âge et la maturité). Ce rituel est-t-il une façon de forcer le future père à être courageux, pour mieux pouvoir défendre sa progéniture, vu la nature du monde dans lequel l’enfant nait. De simples rituels tels que demander une fille de sortir avec soi implique une séquence d’évènements qui semblent n’avoir aucun rapport commun sauf qu’en les examinant tout près, on voit les qualités futures d’un bon mari en gestation chez l’adolescent male et les qualités de la bonne mère de famille commencent à se développer aussi dans cette interaction entre le male et la femelle. Dans la plupart des animaux étudiés, on voit par exemple le male danser ou passer des épreuves pour convaincre la femelle qui choisit parmi les hommes les plus capables à surmonter les défis posés pour accoupler. Les femelles de certains oiseaux, par exemple, choisissent les males qui construisent les meilleures maisons jugées par le degré de sophistication (demandant le plus d’effort et d’intelligences).
De même, lorsque Lamzo décida finalement d’affronter la mère de toutes ses peurs en demandant la main de la célèbre fille Kathy publiquement devant ces camarades athlètes et autres amis, chaque acteur, bien qu’inconscient, jouait un rôle bien déterminer. Pour Lamzo, il était question d’en finir avec sa peur des filles une fois pour toutes, pour l’athlète qui se moqua de Lamzo immédiatement, il était question d’affaiblir un adversaire. Pour la femme, qui rejeta la demande de Lamzo aussi vite qu’elle fut formulée, il était question d’essayer Lamzo, voir jusqu’où il peut encaisser l’humiliation sans se détourner du prix ou jusqu’où le candidat est prêt à aller pour sortir avec moi. Seuls les plus forts survivront cette épreuve dure pour en proposer encore. Ce que fut Lamzo, 3 jours après, après avoir reçu des louanges de certains athlètes qui se moquaient de lui l’autrefois. On ne pouvait résister d’apprécier le courage qu’il a fallu pour Lamzo d’approcher cette belle femme et lui proposer publiquement. Pour Lamez, il avait brisé le verre qui lui séparait a la femme et qui amplifiait sa peur lorsqu’il s’approchant d’elle. L’inconnu étant la source de toutes nos préoccupations, une fois que le voile qui nous sépare est enlevé, on voit la personne et non la caricature.
Comme vous le voyez, le rôle que chaque acteur joue est souvent contrôlé par des forces dont on ne peut qu’influencer et non complètement changer. L’adaptation de l’animal dans son milieu allait être irréprochable si elle n’exigeait pas qu’on renonce à certaines de ses libertés au profit d’une survie mieux adaptée aux conditions terrestres. En étant sensible à des conditions de vie spécifique et limitée, on perd sa liberté de choisir là où on veut vivre. Et nulle part, est ce désir de se libérer de ces conditions plus fort que dans la conquête spatiale lancée au milieu du 20e siècle. En fait lorsque Armstrong prononçait sa phase historique après avoir fait son premier pas sur la lune « un petit pas pour un homme, mais un pas de géant pour l’humanité » ce qu’il voulait dire c’est qu’avec ce pas il marquait le début de la libération de l’animal de son maitre esclave qui est son environnement terrestre, un environnement dont il est si bien adapter qu’il lui faut prendre des mesures extraordinaires pour visiter l’espace et la lune. Qui aurai pensé que l’homme dirait merde aux adaptations qui ont fait de lui cette machine formidable qu’il est. Notons ici que ceci est possible car l’homme a tendance a s’auto améliorer et préfère réussir et en même temps a horreur de l’échec. Cette tendance est variable entre les hommes et entre les sociétés que forment ces hommes. Ceci explique sans doute, le progrès et la percée scientifique connu de certaines sociétés occidentales et orientales.
Conclusion :
Bien que le contenu de cet article semble ne rien à voir avec le contexte politique Guinéen, j’espère que beaucoup ont vu la connexion. Sinon, la voilà. Dans ce texte, j’ai voulu parler du courage dans un contexte familier a tous (en utilisant Lamzo et ses épreuves) tout en montrant le coté caché derrière toute action. Le pourquoi ? Quelle est l’origine et le rôle d’une action, tel que le courage, dans un contexte global et historique ?
L’exemple de Lamzo montre que souvent l’ennemi n’est pas une réalité physique mais plutôt un produit de l’esprit, du cerveau qui est l’émotion. Bien que l’émotion soit le produit d’une séquence d’activités produites dans le cerveau profond, elle joue un rôle régulateur sur les actions humaines. En fait, nos émotions sont comme des anges qui ont élu domicile sur nos épaules et qui sont souvent en train de guider nos actions en encourageant et décourageant certains actes, le tout pour nous éviter les nombreux pièges de la vie. L’animal donc, cette petite créature perdue dans ce vaste foret que représente ce monde, ne contrôle parfaitement rien, même pas ses propres actions. Par contre, on y arrive parfois à influencer nos actions pour obtenir des résultats plus désirables. C’est un peu comme un pneu dévalant une colline. Une fois que le pneu est en marche, on peut influencer la destination finale du pneu mais on ne peut pas changer la descente du pneu, ni sa vitesse. Etant donné que les actions des hommes sont soumis à des restrictions exigées à l’actionnaire, il n’est donc pas surprenant de voir que les relations humaines, qui ne sont que l’ensemble de toutes les actions des hommes envers leurs semblables, sont aussi contrôlées par des forces dont aucun acteur protagoniste ne comprend et ne peut contrôler entièrement. Par contre, tout comme avec l’action individuelle, le courage permet d’influencer le cours des évènements, aussi mineur que cela soi. C’est pourquoi la capacité de chaque individu à exploiter ce faible degré de liberté pour influencer la suite des évènements en sa faveur est la raison principale de la réussite d’un individu et l’échec d’un autre malgré l’accès égal des deux aux chances et opportunités.
C’est un comme un pneu fabriqué pour rouler sur le goudron. La conception initiale du pneu ne permet pas de faire une chaussure avec sans apporter quelques modifications. Ceux qui pourront apporter ces quelques modifications pourront non seulement en faire de chaussures mais pourront aussi s’en servir pour la combustion et autre utilités. Mais aucune manipulation, ne permettra de faire un couteau tranchant car la qualité de plasticité du pneu limite son usage. La seule différence entre le bonheur et le malheur dans ce monde est l’action entreprise et le temps et l’endroit où elle fut entreprise. L’action au bon moment et au bon endroit donne naissance à l’opportunité. L’action entreprise au mauvais moment au mauvais endroit donne naissance au malheur. Le courage est important lorsqu’on entreprend toute action. Ce qui veut dire, en effet, que le courage détermine si on obtient le bonheur ou le malheur (compris les Guinéens et Africains !)
Le courage est une qualité très importante qui fit une solution dans le passé ancestral de l’animal, lui permettant de minimiser les abus qui résultèrent suite à l’apparition d’une autre qualité avantageuse: l’agression. L’existence de l’agression était avantageuse pour la plupart. Mais l’agression représentait aussi parfois une menace existentielle contre l’animal car elle conduit à la confrontation et la violence. Le courage c’est donc la capacité de résister l’émotion et la tendance réactionnaire et naturelle pour une autre plus solution plus sage. Donc le courage, qui est le résultat de cette suppression de son émotion ou tendance, peut favoriser une alternance à la confrontation. Ensuite, puis que le courage jouis d’une certaine autonomie, il nous permet de prendre une décision plus libre et rationnelle.
Il est facile d’imaginer un passé ou les ancêtres des hommes modernes ont voulu limiter l’influence de leur peur sur leurs actions afin de prendre des décisions qui sont plus rationnelles et moins émotionnelles pour leur permettre de survivre. Certains de nos ancêtres ont sans doute eu à faire un choix entre sauter et nager dans une rivière plein de crocodiles mais avec plus de chances qu’ils s’en sortent sain et sauf plutôt que de ne rien faire et d’attendre une mort certaine, une fois capturée par l’armée envahissante, faute de traverser la rivière. Le courage dans ce cas permet l’animal d’éviter de geler de peur pour agir au bon moment et au bon endroit. Donc souvent, on a besoin du courage pour faire le choix entre une mauvaise option et une qui est pire.
Dans un monde ou l’animal à peu de contrôle sur soi et son environnement, le courage devient essentiel pour celui qui veut avoir plus d’influences sur la destination des évènements. Et celui, qui arrive à mieux influencer le pneu durant sa descente en colline, sera mieux placer que celui qui attend que la direction du vent soit juste pour mener le pneu a sa destination favorite. Wassalam.
Souleymane Etienne