Le Service de Psychiatrie de Donka est mourant, nous apprend-on. Façon polie et désespérée pour dire qu'au regard des standards internationaux, il n'existe plus. Car appeler Donka "CHU" relève plutôt de l'usage d'un gros mot. Mais l'hôpital Donka n'est pas la seule catastrophe dont s'accommode fort bien le pouvoir d'Alpha Condé, vu qu'il a d'autres urgences et priorités. Aucun des parents ou de la famille du chef de l'Etat ou de ses proches ne s'y trouve sous traitement, vous pouvez tranquillement le parier. Et gagner à tous les coups.
La question à laquelle le pouvoir guinéen devrait répondre est la suivante: quel est le seul service médical du pays non laissé pour compte ?
Vous avez trouvé ?
C’est le service d’évacuation des personnalités du pouvoir vers les hôpitaux à l’étranger, au service du clan RPG et aux frais de l’Etat, c’est-à-dire payé par l’impôt des guinéens, dont ceux qui croupissent sans soins dans ce que nous continuons, faute de mieux, d’appeler nos « hôpitaux »
Le « Pr » est au pouvoir depuis quatre ans maintenant et il sollicite déjà un autre mandat. Mais comme les guinéens ont « oublié » toutes ses promesses électorales, particulièrement en matière de santé, il peut se permettre de dire, à l’inauguration d’un centre médico-social, seule réalisation concrète de son quinquennat, don de son jumeau ; « giflez tout médecin » qui demanderait de l’argent. De la part du Président de la république. Exactement comme Sékou Touré qui disait "Egorgez-les et rendez compte!"
Tous les deux autorisent, à des intervalles de plusieurs années, des actes anti-constitutionnels, suffisants pour demander leur destitution immédiate. Mais personne, absolument personne, à commencer par l'opposition républicaine, ne proteste contre la déclaration d'Alpha Condé.
En réalité, la menace d’Alpha Condé s’adresse à tout le corps médical : « Que personne ne demande de refaire des bâtiments décrépis ou en ruine, de remplacer un matériel obsolète ou inexistant, de construire de nouvelles unités. Sinon vous serez « giflés » par mes militaires ».
Quand on connait le diamètre moyen des biceps de la soldatesque Angbansanlé et la quantité inversement proportionnelle de leur matière grise, il faudrait être malade mental pour ne pas prendre la « recommandation » du Président-ministre de la défense au sérieux.
Comme si c’était cela le rôle des médecins et non pas des services de comptabilité. Dans un pays ou, du garçon de salle au géographe ou au comptable, etc., tout le monde se fait appeler « docteur » sans crainte et le pouvoir en place démissionne plus que jamais, sauf pour la répression du peuple, ,les jeunes en particulier. Ce sont les tonneaux vides qui font le plus de bruit, vous le savez.
-Combien d'hôpitaux ont été construits avec les centaines de milliards reçus par Alpha Condé et son clan (Rio Tinto Mudabala, Afrique du Sud, Angola, Qatar, FED et autres)?
-Existe-t-il de plus grandes urgences que la santé, l’alimentation et la sécurité dans notre pays?
-Pourquoi Alpha, depuis sa prise de pouvoir, n'a fait que commander du matériel militaire de répression et construire des camps pour son armée ethnique?
-Peut-on soigner quelqu'un avec des canons et des mitraillettes? Apparemment, dans le régime Angbansanlé, c'est oui.
« Guinea is back ». Certains n’ont toujours rien compris. L’Anglais est une langue très nuancée…
Lisez le reportage suivant:
"Le service de psychiatrie de l’hôpital national Donka est en phase de dégradation très poussée. C'est du moins la remarque qu'on peut faire à l'intérieur de la cour ainsi que dans les salles de soins.
Dans un entretien exclusif qu’il nous a accordé, le Pr Morifodé Doukouré, maitre de conférences, agrégé psychiatre-pédopsychiatre, chef de service psychiatrie de l’hôpital national Donka, a levé un coin de voile sur les difficultés qu’il rencontre tant sur le plan d’infrastructure que celui du personnel.
Le service de psychiatrie est un service médico-social. « Imaginez-vous que dans toute la République de Guinée, c’est le seul service de psychiatrie. Et, nous sommes à peu près dix millions d’habitants », a-t-il déploré.
Poursuivant, il a souligné que sur 64 lits qu’il n’y a que 30 lits fonctionnels, ce qui explique, dit-il, la supériorité de la demande par rapport à l’offre. Selon lui, cela cause un gros problème de fonctionnement surtout sur le plan d’hygiène. « Si vous avez 90 malades pour 64 places pour cinq ou six toilettes avec des personnes généralement privées de la capacité de discernement dont la plupart n’a pas de parents à côté. Souvent, quand ils veulent se mettre à l’aise, ils utilisent le premier espace trouvé », explique-t-il.
Dans la même logique, M. Doukouré a affirmé qu’il n’y a que quatre garçons de salle pour entretenir tout le service et six infirmiers pour 80 malades. « Nous n’avons pas seulement que des adultes dans ce centre de psychiatrie ; il y’a aussi des enfants qui présentent des troubles mentaux ainsi que des jeunes », a-t-il précisé.
Dans la cour et dans les salles de soins, le constat est accablant, le manque d’hygiène, le sol couvert de crevasse, les plafonds et d’autres mobiliers assez défectueux cohabitent entre les toits d'araignées, les rats, les souris et les cafards." Source : Guineenews
Les solutions existent pourtant
1-Voter des lois qui interdisent les évacuations sanitaires à l’étranger. C’est le travail de l’assemblée Nationale, pas seulement de l’Opposition. Mais connaissant les uns et les autres, on, peut toujours attendre. C’est plus urgent de voter des salaires de 40 millions de FG par mois…
2-Criminaliser tout contrevenant, de quelque niveau qu’il soit, de quelque manière qu’il s’y prenne, à commencer par le Président de la République.
De cette façon, comme par miracle, les hôpitaux qui n’ont pas vu le jour en 56 ans « d’indépendance » verront le jour de manière accélérée. Avec ou sans l’aide de la coopération internationale.
Bientôt des élections à caractère local, les communales et communautaires. Que ceux qui ont plein d'hôpitaux, de Centres de soins, d'écoles, etc., aillent voter pour le professeur pour le remercier de l’extraordinaire travail accompli.
Alpha Condé, ou comment faire passer le vide de réalisations de son pouvoir pour de remarquables avancées. Le mensonge permanent.
Thierno

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