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Adresse à la jeunesse du MJGF
2008-07-14 01:15:55 Jeunes de Guinée, Malgré l’ébullition sociale, les Guinéens ne sont pas entendus, ni défendus par ceux qui se sont accaparés de leur pouvoir. Les quelques voix, qui s’élèvent, sont persécutées et présentées comme celles des haineux et ethniques. Cette sorte de verrouillage stratégique du chemin de la liberté ne doit fonctionner. Le champ du combat pour la démocratie dans notre pays ne peut être livré aux sirènes de cette démagogie ambiante. Depuis des années, la pauvreté, même si nous l’avons choisie comme le socle de l’indépendance, la précarité, la misère, l’insécurité et l’impunité sont les compagnes du quotidien de nos populations. Personne n’est à l’abri, même les membres du système prédateur. Les familles ont du mal à prévoir l’avenir de leurs enfants, à concevoir un projet de vie pour elles-mêmes. Elles sont assaillies par les vagues meurtrières d’une stratégie de sauvegarde d’un pouvoir dont les tenants sont autistes à leurs cris de détresse. Le peuple est ainsi fragilisé et rendu vulnérable aux marchands de rêve. Il découle de la situation, la perte de la vertu et de la morale qui se raréfient, d’ailleurs, dans le discours et le comportement des hommes ce même pouvoir. La drogue, la prostitution, la rapine, le banditisme, les assassinats et autres crimes abominables sont venus à leur rescousse. Tout l’équilibre social et économique se trouve affecté maladivement. La société guinéenne est constamment menacée par une implosion de ses structures dans le plus grand ostracisme d’un Etat défaillant, s’il n’est pas déjà en faillite. La Guinée est désormais un pays habité par des habitants à la majorité apparaissant comme en état de convalescence. Cette masse squelettique se débat et se bat auprès d’une minorité grassement nourrie. Ces Guinéens sont simplement méprisés par le pouvoir qui développe la peur, l’intimidation, l’arbitraire et jette les jeunes dans le chômage chronique si ce n’est l’exil. Ce qui compromet dangereusement le devenir de notre nation, car toute société, qui ne se régénère pas à travers l’éducation, la formation de sa jeunesse, est vouée à un déclin infaillible, si elle ne disparaît pas à la longue Je ne suis pas pessimiste en décrivant ces réalités, mais j’ai seulement la conscience que l’absence d’espoir entraîne la paralysie de l’action. Or, pour qu’il y est action, il faut donner un sens à la vie. Et donner un sens à la vie ; c’est d’abord accepter que la capacité et l’intelligence humaines ont des limites dans le temps et l’espace. Fort de cette évidence, l’Homme doit initier, créer, produire, inventer et imaginer un meilleur cadre à l’épanouissement de ses contemporains lorsqu’il accède au pouvoir. Malheureusement, ce n’est pas le cas dans notre pays. Donner un sens à la vie ; c’est reconnaître que dans la longue durée, les possibilités intellectuelles de l’homme s’épuisent dans l’exercice de la gestion de la chose publique. C’est pourquoi les sociétés bien organisées et structurées préparent toujours la relève qui est essentiellement constituée par leur jeunesse. Pour ce faire, elle reçoit, en conséquence, la culture et l’apprentissage des règles régaliennes. Car, le respect de ces règle vivifie et pérennise l’Etat dans sa mission de l’amélioration des conditions de vie des citoyens en quête du perfectionnement intellectuel et social. Le refus de l’autorité guinéenne et son obstination à se maintenir aux commandes sans compétences, ni capacité avérées creusent l’écart entre la Guinée et les autres nations. Consciente de ce retard, elle livre le spectacle de bal masqué où les valseurs sont les assassins impunis de la République. Regardez autour de vous Jeunes de Guinée ! Chaque jour accroît la paupérisation des Guinéens pendant qu’une poignée d’Hommes, désormais versée dans le trafic de drogue, décime lentement la patrie. Et il existe parmi nous des gens qui, sous l’influence des idées rétrogrades tels que l’ethnicisme, l’égoïsme individuel et l’intolérance, veulent que les patriotes baissent le bras. Je n’accepte pas ce tableau, jeunes de Guinée. Ne l’acceptez pas aussi ! Je n’adhère pas non plus au fatalisme qui nous maintient dans cet état. Voilà le sens du combat que vous devez mener ! Insurgeons-nous tous contre ceux qui confondent, en Guinée, le bien public avec leur intérêt égoïste. Ne perdez pas le sens de ce combat ! Je voudrais que vous sachiez que l’on ne peut pas vivre sans donner un sens à la vie. Vous devez le comprendre ! Mobilisez-vous ! Mobilisons-nous tous, et de façon unitaire pour donner à la Guinée la chance de créer les meilleures conditions de vie, d’études, de formation et de travail à la relève dont la jeunesse. Jeunes de Guinée, sortez des considérations négatives qui font le creux à une vision écornée de l’avenir de votre pays donc de votre devenir ! Vous êtes la Guinée de demain. En le prononçant, je pèse le mot parce que toutes les nations du monde ont résisté à la barbarie des pouvoirs en s’appuyant sur leur jeunesse. Soyez combattants pour la dignité humaine en Guinée ! L’histoire vous l’impose ! Devez la charpente ouvrière du changement qui doit balayer tout le système prédateur et affameur qui sévit dans notre pays. Soyez ambitieux, Jeunes de Guinée, pour faire de la nation que nous ont léguée nos ancêtres, une grande nation, un Etat prospère irriguant ses générations de la fierté d’être Guinéennes. Je récuse cette idée avec véhémence, car le changement, dont nous parlons tous, pour notre pays, est un état d’esprit. Il s’acquiert, lorsqu’à la croisée des chemins de l’histoire, au moment décisif des choix, l’on rejette la voie de l’immobilisme pour embrasser la vérité de l’action constructive, productive et responsable. Aucun Guinéen n’a la haine de ses compatriotes. Seulement, nous voulons la vérité et la justice. Tous les discours qui inoculent, de ce message, notre compréhension du drame et du désastre, dont nous sommes les victimes, sont des fantasmes de nos bourreaux et de leurs adeptes. N’ayez pas d’oreilles pour ces cavaliers de la dislocation du tissu social. Acceptez que les actes de vos personnalités préférées soient critiquées, même si c’est le contraire de vos idées. La contradiction est toujours gage à l’éclosion de la vérité. La Guinée est si affectée parce que sa jeunesse est déboussolée par le manque de repères qui lui auraient inspirée confiance. Devant elle, il n’y a aucune référence morale crédible. Le mensonge, la brimade, le vol, la tricherie, la fraude, le détournement sont les valeurs encensées dans notre pays depuis l’aube son indépendance. Elles y ont poussé qu’il faut désormais déterrer. Malgré tous ces maux et fléaux, jeunes de Guinée, j’ai foi en l’avenir heureux et radieux de notre patrie. J’ai la profonde conviction que la Guinée ne mourra pas comme le souhaitent ceux qui, à sa tête, ont fait dos au progrès et au développement. Je crois au dépassement dès lors que chacun saurait participer à faire grandir la nation identitaire de notre existence. Mais cela, jeunes de Guinée, ne peut se concrétiser que par votre saine combativité. Donnez-vous en l’impulsion nécessaire et le changement sera possible. N’écoutez plus les sirènes du défaitisme qui refuse que nous projetions la lumière de la vérité sur les faits et actes des gouvernants passés, présents et à venir. C’est à ce prix que la Guinée se mettra sur les rails de la démocratie donc du développement. Les nations meurent comme les êtres humains ! Où sont l’Egypte pharaonique, la Grèce antique, la Rome et d’autres cités autrefois chantres des Civilisations ? Et pourtant, elles ont brillé et atteint des lointains rivages ! Je ne suis ni nostalgique, ni conservateur en citant ces exemples. Mais c’est l’histoire qui doit nous instruire.
Paris 13 juillet 2008 Jacques Kourouma
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