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MEMORANDUM
2008-07-16 21:01:47 Forum National de la Société Civile Conscients que la Guinée vit de façon récurrente une crise sociale, économique et politique, le Conseil National des Organisations de la Société Civile Guinéenne et l’Intercentrale Syndicale CNTG/USTG élargie à l’ONSLG et l’UDTG, réunis en Forum National à l’ENAM, à Conakry, du 12 au 14 juillet 2008, se sont retrouvés autour des priorités suivantes : - L’amélioration de la Gouvernance démocratique et la restauration de l’autorité de l’Etat ; Ainsi, les organisations de la société civile ont constaté : Sur le plan de la gouvernance et de l’autorité de l’Etat, - une corruption généralisée, alliée à une impunité grandissante entraînant des comportements délictueux et criminels ainsi que le développement inquiétant de systèmes mafieux. - Une inertie chronique dans la mise en œuvre des politiques publiques. Les institutions publiques en charge de ces politiques connaissent un vieillissement de leurs cadres et la difficulté pour les jeunes d’accéder à des postes de responsabilité. - Le traumatisme des populations dû au comportement des forces de défense et de sécurité au cours de ces deux dernières années. Ces comportements sont notamment révélateurs de l’existence d’une crise structurelle et fonctionnelle au sein des forces de défense et de sécurité. - L’aggravation du trafic de drogue et stupéfiants qui menace dangereusement la jeunesse guinéenne et les fondements culturels de la Nation. - Le blocage total du fonctionnement de la Commission Nationale d’Enquête Indépendante. Sur le plan de l’organisation d’élections libres et transparentes : - La crise de confiance entre la population et la classe dirigeante, due au manque de crédibilité des processus électoraux passés, et à la prolongation abusive des mandats électifs. - La vulnérabilité du processus électoral. - La nécessité pour les Guinéens de mesurer les vrais rapports de forces politiques dans un débat démocratique et de se prononcer sur des programmes politiques clairement énoncés et démocratiquement débattus. Sur le plan de la crise alimentaire : - La paupérisation grandissante de la population Guinéenne. - L’impact considérable de la crise alimentaire mondiale sur le pouvoir d’achat de la population Guinéenne, et notamment la plus démunie. - Le déficit chronique d’infrastructures de transports et d’investissements de l’Etat. - Que les politiques agricoles n’intègrent pas suffisamment les dynamiques paysannes dans leur mise en oeuvre, et n’arrivent pas à satisfaire la demande nationale. Ainsi, sur le plan de la Gouvernance et de la restauration de l’autorité de l’Etat, les organisations de la société civile considèrent que la restauration de l’autorité de l’Etat est un préalable nécessaire et indispensable à la construction de l’Etat de droit et que la corruption et l’impunité sont des facteurs qui bloquent l’évolution sociale, politique et économique du pays. Elles s’engagent à œuvrer pour la refondation de l’Etat, à travers le plaidoyer pour une révision constitutionnelle, afin de garantir la mise en place d’une vraie démocratie. Elles s’engagent de même dans la vulgarisation et la diffusion des textes de lois. Elles s’engagent à agir auprès des autorités et des forces de sécurité afin de modifier les comportements nocifs pour que des évènements tels que ceux vécus ces derniers mois ne puissent se reproduire. L’ensemble des acteurs de la Société Civile se mobilisent pour que les pouvoirs publics permettent à la Commission Nationale d’Enquête Indépendante d’exercer tous ses pouvoirs et lui attribuent les moyens nécessaires. Sur l’organisation des élections libres et transparentes, les organisations de la Société Civile considèrent que les élections législatives à venir constituent une étape majeure dans le processus de changement engagé et ouvrent un cycle démocratique crucial pour le pays. Elles réaffirment leur attachement à la réalisation d’élections libres et transparentes dans un climat apaisé, et à la période convenue. Elles s’engagent à œuvrer pour le dialogue social et l’instauration d’un climat propice à l’organisation des élections attendues, à permettre la plus large mobilisation des citoyens Guinéens, à assurer le contrôle de l’ensemble du processus dans le but de restaurer la confiance entre le citoyen et les institutions, à s’impliquer à tous les niveaux du territoire, dans toutes les structures d’organisation, de suivi et de contrôle. Les organisations de la société civile seront particulièrement attentives à l’attitude des forces de l’ordre avant, pendant et après les élections. Les organisations de la société civile vont veiller à la mise en place d’un code de bonne conduite sur la tenue des élections et à son respect par toutes les partie . Concernant la crise alimentaire dont souffre le pays, les organisations de la société civile considèrent que celle-ci ne peut trouver, sinon des solutions définitives, mais du moins des réponses efficaces, au niveau national, que dans la mise en place d’une politique agricole concertée et adaptée aux réalités de la Guinée. Elles considèrent aussi que toutes les composantes de la société civile sont concernées par cette question, notamment les organisations de femmes, directement impliquées dans les zones rurales comme urbaines. Ainsi, les organisations de la société civile s’engagent à peser, par des actions de plaidoyer et lobbying auprès des pouvoirs publics et des partenaires au développement, sur les programmes et politiques à mettre en œuvre dans ce sens : - pour une meilleure prise en compte des besoins, contraintes, capacités et compétences des producteurs Guinéens, valorisant le rôle des Organisations Paysannes à la base. - pour une application des textes de lois en vigueur sur la gestion des ressources halieutiques et forestières. - pour la disponibilité des intrants, la sécurisation des prix d’achat aux producteurs et des prix de vente aux consommateurs Guinéens. - Pour la diversification des cultures de manière à diversifier les habitudes alimentaires et réduire la dépendance au riz. Les organisations de la société civile appellent le gouvernement Guinéen à honorer ses responsabilités et son devoir de garantir à la population l’accès aux denrées de première nécessité. Il n’y a pas de paix sociale envisageable si la faim habite les populations. Le Conseil National des Organisations de la Société Civile Guinéenne et l’Intercentrale Syndicale CNTG/USTG élargie à l’ONSLG et l’UDTG, s’engagent, à travers leurs organisations membres, à agir partout dans le pays pour l’application du présent mémorandum. Ils appellent toutes les forces vives de la Nation à les rejoindre au sein d’un Cadre de Concertation Permanent destiné à instituer durablement le dialogue social dans notre pays. MOBILISONS NOUS POUR UN CHANGEMENT DANS LA PAIX
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