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La Guinée n’est plus un Etat mais reste un pays !


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Ibrahima Kylé Diallo

2008-07-21 20:50:10

Il y a quelques jours, notre compatriote I. S. Makanera nous délivrait, non sans émotion, le certificat de « décès » de l’Etat guinéen, survenu le 17 juin 2008, à une heure non précisée. Je partage l’analyse du légiste tout en demandant à nos concitoyens un sursaut national pour éviter l’inhumation.

Je rappelle que le territoire, la population et le gouvernement sont les éléments constitutifs concrets de l’Etat. Il s’agit d’éléments nécessaires mais pas suffisants. En effet, pour exister, l’Etat doit posséder consubstantiellement un quatrième élément, la souveraineté, c’est-à-dire la puissance suprême. Quant à la reconnaissance, elle n’est pas absolument nécessaire (ce n’est pas parce qu’on vous ignore que vous n’existez pas !) mais elle est utile car il s’agit d’une sorte de « certificat de conformité » (on reconnaît que l’autre est comme nous !).

Comme il s’agit de conditions cumulatives mais non alternatives, il suffit qu’une ne soit plus remplie pour que l’existence juridique de l’Etat disparaisse !

Nous avons un territoire constant (245 857 km²) hérité de la Guinée Française devenue depuis le 2 octobre 1958 la « République de Guinée ». Aucune parcelle du territoire n’a été aliénée et ce dernier ne s’est pas agrandi.

Nous avons une population qui augmente (9 millions d’habitants ?) malgré l’émigration massive ayant pour cause essentielle la misère. D’ailleurs, c’est une des caractéristiques de l’espèce humaine : ce sont ceux qui ont le moins à manger qui se reproduisent le plus !

Nous avons un gouvernement ou plutôt « 36 micro gouvernements » puisque chaque ministre fait apparemment ce qu’il veut !

Notre problème réside au niveau de la souveraineté, notamment en ce qui concerne la compétence territoriale de l’Etat ! Quand on voit l’état de l’administration et de la chaîne de commandement de l’armée dont le caractère national est plus que douteux, on sent que l’Etat n’est pas faible mais « absent » ! Le quotidien du Guinéen est de recevoir officiellement pendant la journée des coups sanglants de « son » armée et officieusement  des coups tordus de bandits pendant la nuit !

J’ai dit que nous avions un gouvernement ! Est-ce si sûr ?

Jamais gouvernement aussi nombreux n’a été autant « invisible » ! Quel paradoxe ! Avec l’ex PM Kouyaté, nous avions des actes (de très mauvaises actions) et de la « mamaya ». Chaque jour, il y avait quelque chose (un petit voyage à Tripoli, un gros cadeau injustifié à un clan, etc.…). Kouyaté avait au moins une colonne vertébrale ! Avec Souaré, nous avons affaire à un mollusque (cet état de mollesse ne serait pas étranger à son choix comme PM qui ne pourra jamais empêcher de « voler en rond »). C’est le calme plat ! Avant la tempête ?

Après le gouvernement par le vacarme, voici celui du silence étrange ! Nous sommes gouvernés en catimini, sans savoir qui fait quoi et vers quelle direction !

Politiquement, on mange mal en Guinée. Avec Kouyaté, on a eu du « sadigbè » au petit-déjeuner (il a gardé le sucre pour lui et le sel pour sa famille) mais rien au déjeuner. Avec Souaré, nous avons au dîner une petite bouillie de fonio (il n’a même pas proposé du lait !). Ce n’est pas consistant comme repas et voilà pourquoi on n’a pas de repos !

En plus de son silence, Souaré a commis une erreur (sa tentative de mettre sous tutelle le mouvement syndical. Voudrait-il son « Fofana » ? ) et une imprudence (le « départ réussi » de son prédécesseur). Sur ce dernier point, un audit était prévu sur la gestion du PM Kouyaté au gouvernement duquel il a participé. Souaré n’a rien dit ! S’il se sent incapable de gouverner, qu’il rende le tablier !

Il fallait mettre Kouyaté « hors d’état de fuir » mais en l’absence de l’Etat, un avion très spécial est venu le chercher à Conakry ! Pour quel service rendu ? On avait sorti de prison un certain Mamadou Sylla, on exfiltre du pays un certain L. Kouyaté ! C’est étrange !

Comme, juridiquement, on n’a plus d’Etat, on n’a pas non plus de chef de l’Etat ! Le général Conté est, de fait, chef de territoire et Souaré, le dernier de ses « premiers ministres territoriaux ». Comme l’acide, il détruit le pays en silence ! Ce n’est pas, me semble-t-il, l’homme de la situation ! On n’a pas besoin de « 100 jours » pour s’en faire une idée.

Pendant ce temps, le « territoire » de la Guinée, pays de l’héroïne Mbalia Camara, serait devenu une des plaques tournantes de la drogue !

L’espoir est toutefois permis dans la mesure où la « mort » de la Guinée n’est pas irréversible. Il suffit de la rétablir dans sa souveraineté pour qu’elle redevienne un Etat…comme les autres !

Ibrahima Kylé Diallo
Directeur de la rédaction de guineepresse.info
Le 21/07/2008


 

3 commentaire(s) || Écrire un commentaire

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VOS COMMENTAIRES

AHMADOU22/07/2008 19:14:36
DRAHMANE l'a écrit la guinée n'a jamais eu d'Etat depuis 1958!Souaré est un faire valoir,comme tout PM sous Conté.La Guinée est foutu.Il faudra que les Guineens prennent la rue sinon c'est tant pis pour nous
cheik oumar camara22/07/2008 20:04:56
Mr Kylé,vous venez de nous faire un bel resumé de la situation du pays.Mais je crois que le PM a été d'autant plus clair depuis le lendemain de sa nomination.Son premier discours a ete de sire qu'il ne fera que ce que CONTE voudra,or on sait que cest les PIVI et autres qui regnent en patron.C'est pourquoi SOUARE ne pourra prendre aucune initiative sans l'aval de la MAFFIA.
daouda mendia22/07/2008 21:00:02
Si la Guinee semble n,est plus être un Etat, cela s,explique par la confusion qui anime ses fils. Comme le desais l,autre, je cite ""l,ennemi de toutes évolutions(sociales,politiques ou strategiques)est la confusion"", fin de citation.
On ne fait plus la difference entre: information et desinformation, president de la republique et celui d,un parti politique, un groupe d,ethnie et un parti politique, un journaliste au service du peuple et un autre d,une ethnie, intellectualisme et son contraire.
En evitant la consusion, je suis sûre que le futur sera excellent pour la guinée.