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Sur « le libéralisme : une utopie dangereuse» , commentaires annexes sur la GuinéePar Ansoumane DoréAux lecteurs des observations faites sur le texte d'Alpha Sidoux Barry, je vous dois un grand merci. C'est à ce genre d'occasion qu'on se rend compte, qu'avec joie en même temps qu'avec tristesse que notre pays, la Guinée, a une potentialité importante de ressources humaines. C'est la part de la joie. La tristesse tient au fait qu'il ne s'est pas trouvé encore des hommes d'Etat, capables, au delà des contingences politiciennes d'utiliser, pour le plein développement du pays, ces ressources humaines, généralement jeunes et formées au standard international des diverses technologies si utiles aujourd'hui à un pays comme le nôtre. Comme il se doit, je vais procéder dans ce qui suit à des regroupements de commentaires: • • • a) Redéfinir le rôle de l'Etat en Guinée qui ne soit pas l'accaparement de tout et dans tous les domaines, b) Identifier les causes d'une croissance économique faible ou inexistante face à une importante croissance démographique . Les cadres et conditions de vie des Guinéens à l'horizon 2050, se préparent dans les années en cours , c) Tenir en compte le rôle de la société civile guinéenne et l'encourager à amplifier ses actions , d) Reconnaître la place et aider à la promotion du secteur privé, de manière à constituer un solide tissu de petites et moyennes entreprises de toutes activités, substrat de l'économie guinéenne, e) Accorder une importance à l'intégration spatiale sous-régionale, f) Bénéficier à bon escient du rôle d'organisations internationales, etc. Enfin je précise à Alpha Sidoux Barry que je n'ai recommandé nulle part dans mes observations de suivre la voie du libéralisme. Je n'ai fait que des constats sur l'état du monde sur cette question. Sur l'ensemble des autres commentaires, je ne vais pas reprendre tous les auteurs nominalement quand ils soulèvent les mêmes thématiques. Bien des commentaires se centrent sur les grandes problématiques du développement économique et social de la Guinée. Je vais donc tenter d'esquisser quelques éléments de réponse à M. S. Diallo/Londres, Gandhi, Doya Malal, Fela Barry, A.O.T. Certains ont discuté de la couverture sociale pour regretter que les Africains ne semblent pas encore comprendre que cette question est un volet essentiel du développement des nation. Elle conduit au plein épanouissement de la condition humaine. Mais la couverture sociale résulte, à n'en pas douter , du travail des habitants des pays où existe cette couverture. A cet égard et en étendant la discussion , des Guinéens éprouvent une grande déception face la tendance de la main tendue à d'autres nations pour qu'elles viennent à notre aide. Plus de 50 ans après notre indépendance, nous sommes tellement habitués à tendre la sébile que cela ne pose même plus de problème à personne que l'Etat compte avant tout sur ceux qu'on appelle les bailleurs de fonds étrangers. Il en est ainsi même pour de simples puits de villages , des ONG étrangères sont sollicitées. Il s'agit de comportements qui datent de l'indépendance et qui ont été poursuivis et amplifiés d'année en année. Dès l'année 1960, l'Etat guinéen a eu recours à la technique de planification pour un dévelppement économique et social rapide du pays mais en comptant plus sur des sources étrangères de financement des plans. Ainsi se sont succédés quatre plans de 1960 à 1984: plan triennal 1960-1963; plan septennal 1964-1971; plan quinquennal 1973-1978; plan quinquennal 1981-1985. Quelles sources de financement avait-on prévues? Pour le plan triennal, le seul qui ait eu des résultats tangibles, les sources de financement prévues étaient les suivantes: sources nationales 20%, sources étrangères 80%; pour le plan de 1964-1971, respectivement 18% et 82%; pour le plan de 1973-1978, respectivement 32% et 68%, etc. Les cinq plans ont eu plus de résultas d'embrigadement politique que de volume de productions économiques. Faut-il reparler de l'expérience de la Deuxième République (1984-2008)?... Pillages économiques et ruées sur les finances publiques, tout le monde connaît la chanson. Le rappel fait ici a pour objet d'insister sur le fait que le recours à l'étranger qui a toujours cours en Guinée est aussi vieux que la République et que ce ne sont pas des slogans vagues de «gagnant-gagnant», pour camoufler l'impuissance de gouvernants sans stratégie qui changeront la mentalité du recours à l'étranger pour acclimater le cours du libéralisme à la société guinéenne comme d'autres l'ont fait, notamment en Asie. Nous en sommes loin encore quand on note le tapage fait par le gouvernement guinéen, il y a peu de temps, autour de l'achèvement de l'initiative Pays pauvres très endettés (PPTE) du FMI ou bien autour du déblocage en faveur de la Guinée du Fonds européen de développement (FED). Madina fait bien fait d'ailleurs de citer l'exemple ghanéen de ne plus vouloir compter que sur soi. Tout cela a été écrit et rabâché par des Guinéens et il faudra en tenir compte pour une rédemption de certaines valeurs dans notre pays. Rédemption de la valeur du travail et condamnation de la facilité et de la tricherie, exaltation de la fraternité guinéenne et condamnation de l'ethnocentrisme , ce mal que des pouvoirs en place ont entretenu, en sous main . Toutes ces considérations qui peuvent mener à un libéralisme politique et économique «maîtrisé» en ce XXI e siècle, auraient pu valablement constituer des chantiers dignes de l'action de gouvernants patriotes et bâtisseurs d'une jeune nation jetée trop tôt dans des égouts immondes. Les avis flatteurs et intéressés de soit disants amis étrangers pour donner bonne conscience sur la gestion publique de petits autocrates médiocres, ne résisteront pas le moment venu, au premier souffle de l'harmattan. J 'en viens rapidement à des commentaires particuliers comme celui de Mamadou qui relève des points intéressants mais qui a voulu en faire trop: fonction Cobb-Douglas, économistes de la zone CFA, etc. Quant à sa remarque sur Keynes, je veux lui dire qu'en economie qui est une science de l'homme, on n'est pas, (est-il besoin de le préciser ), en sciences exactes comme en biologie , physiçque, ou mathmatiques. Dire, comme il le fait, que certaines certitudes de Keynes, n'ont pas résisté au test de la pratique, c'est oublier qu'on n'est pas dans une science exacte. Voyez le cas de la courbe de W. Phillip (1914-1975) qui établit une relation négative chômage-inflation (1958). Cette courbe a été vérifiée à une époque donnée pour une économie nationale et pas à d'autres après. . Bref, l'exemple d'étalage, fourre-tout auquel se livre Mamadou, ici sur un site grand public, ne me paraît pas judicieux pour apporter du savoir à plus de monde. Kouyaté s'attaque à l'importante question des cycles liés à l'étude de la croissance économique. Il parle de cycles de 100 ans … Je n'en connais pas, les économistes spécialistes des cycles situent leurs variations de plus d'une année à dix ou douze années. Partis du libéralisme, voilà où des commentaires ont mené la discussion. Mais par delà tout positionnement doctrinal, des dirigeants politiques socialistes ou libéraux ont partout pris conscience que le libéralisme économique ne peut plus, ne doit plus fonctionner comme par le passé.
Ansoumane Doré, Dijon, France.
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