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L'Afrique entre Paradoxe et Présidence à vie


2014-05-28 07:22:06

Le continent africain vient de  souffler la 51ème Bougie de l'Union africaine (O.U.A pour les Anciens)  dans un cycle de violences, de  misère, de pauvreté,  d'instabilité, de mauvaise gouvernance, de présidence à vie... et j'en passe!

Universellement, la démocratie est reconnue comme un idéal et un but ; elle est basée sur des valeurs communes partagées par les peuples du monde malgré leurs différences culturelles, politiques, sociales et économiques. Cette définition claire entraîne pourtant des confusions, dans la pratique et dans les analyses, puisque ce concept désigne trois faits différents que mêlent les uns pour des raisons politiques et les autres par soucis de performance scientifique :

1. la démocratie comme processus implique les mécanismes, les procédures et les formalités de l'organisation politique aux élections;

2. la démocratie comme un état implique  une société civile et sa gouvernance; et

3. la démocratie comme un résultat découle d'un état ou est un produit du processus démocratique en soi.

   

Développer la démocratie  dans le monde, est une injonction de la Communauté internationale et une exigence de  la bonne gouvernance. Or en Afrique, les relations complexes entretenues entre opposition et pouvoir d'une part et d'autre part, entre les différentes communautés ethniques, nécessitent un compromis gagnant-gagnant sur le pouvoir. Or, depuis l'instauration des démocraties en Afrique, de nombreuses guerres civiles à connotations politico-ethniques naissent dans le continent, mettant ainsi en panne le fonctionnement démocratique.

En Afrique, il nous faut distinguer deux Afriques, celle où la démocratie s'enracine progressivement, et l'autre, celle tenue par les dictateurs et les présidences à vie. C'est cette deuxième catégorie qui nous intéresse dans ce qui suit.

    Du Maghreb à l’Afrique australe en passant par l’Afrique de l’ouest, de l’est et centrale, les Constitutions subissent une chirurgie dramatique perpétuelle, comme pour mieux les adapter aux souhaits de ceux qu’elles servent. Si elles ont officiellement tué le monopartisme, elles ont en revanche institué une technique, celle de la conservation du pouvoir.

 Le fait est là, et indiscutable pour l'ensemble des Etats africains: des présidents puissants, dotés d'importants pouvoirs, bien souvent au-dessus de tout contrôle et de tout contrepoids, même si quelques exemples aujourd'hui viennent nuancer cet état. La constitution, considérée dans un environnement démocratique comme moyen d'organisation et de limitation du pouvoir, ne l'est ici, en général, que de façade puisque facilement manipulable.

L’Etat de droit, corollaire de la constitution, et désormais leitmotiv dans tous les discours, mais aussi dans la plupart des textes constitutionnels, reste encore, à bien des égards, incantatoire. Analysant cet etat de fait, on peut constater que malgré la proclamation solennelle d’adhésion directe ou indirecte à l’Etat de droit dans les constitutions des Etats d’Afrique, les écarts ou dérives, les perversions restent nombreuses. On assiste au regain de la violence et de la voie des armes comme procédure de changement politique (Burundi, Rouanda, Congo-Kinshasa, Côte-d’Ivoire, Congo-Brazzaville, la libye, la Centrafrique,…) et au recul du bien-être social. Souvent en Afrique, la vitrine extérieure ne correspond pas toujours à la réalité interne.

Les récents évènements en Centrafrique ne doivent pas nous laisser indifférents. Les Africains ne cessent de se découvrir, et pourtant, le principe de la démocratie est simple, le pouvoir d'un dirigeant ne serait qu'un pouvoir délégué par le peuple souverain, dans ce sens, le pouvoir devrait prendre l'apparence d'un pouvoir sans domination et sans écrasement du peuple souverain. Le respect de la reconnaissance du peuple souverain est un des fondements des libertés du peuple. Le pouvoir perd ainsi son autonomie et dépend du peuple. En finalité, l'avantage de la démocratie permet une compétition démocratique et honnête, dont il sortira de l'émulation (vote) due au peuple souverain, le moins mauvais qui assurera la destinée nationale. En Afrique, ce principe élémentaire a laissé la place à la confiscation du pouvoir par le biais des armes, par la corruption des consciences et par les modifications des constitutions. Ainsi l'honneur laisse la place au déshonneur. Résultat, la crise de confiance en politique prend effet en même temps que le déficit démocratique. Comme exemples, en Guinée-Conakry, la constitution a été modifiée en 2002 dans l'intention d'autoriser le feu  président Lansana Conté à se représenter, à la fin de son second et dernier mandat aux élections présidentielles. Nous l’avons vu avec le Tchad avec sa constitution modifiée en 2005 et qui a permis à Monsieur Idriss Déby à se maintenir  au  pouvoir depuis son coup d’État de 1990. En Tunisie,  la constitution qui a été modifiée  en 2002 pour permettre à l'ex président Zine Abidine Ben Ali de se représenter à l'élection présidentielle de 2004 qu’il a remporté par un suffrage avec 94,48 % de voix  exprimées en sa faveur pour un quatrième mandat. Pourtant, lorsqu'il avait destitué en 1987 le premier président Tunisien malade, Habib Bourguiba, 84 ans, Ben Ali avait promis de mettre fin à la présidence à vie.

Dans la même foulée, le Togo a modifié sa constitution  en 2003, Eyadema 36 années au pouvoir jusqu’à sa mort en 2005. Au Gabon, la constitution a été  modifiée en 2003,en Ouganda, modifiée en 2005.Au Cameroun, Paul Barthélémy Biya  en a fait autant, la Mauritanie en 1991, ainsi qu'au Sénégal de Abdoulaye Wade. Même scénario au Burkina Faso avec un subtil jeu de levée de la limitation du nombre de mandats en 1997, puis de restauration de cette limitation en 2000.Blaise Compaoré est au pouvoir depuis son coup d’État de 1987. En 2015, par exemple  le Président Compaoré aura passé 28 ans au pouvoir dont 23 en tant que président élu et se trouve actuellement en Campagne pour une autre modification de la constitution, etc.

Le constitutionnalisme a perdu  ses caractéristiques anciennes pour acquérir des traits nouveaux. Au lieu de remplir un rôle de limitation du pouvoir, il sert plutôt, au contraire, à justifier un système de gouvernement autocratique, pratiqué dans tout le continent. Dans un tel système , la démocratie est confisquée, toutes les atteintes sont possibles.

On a tous compris, que l'alternance démocratique a cédé sa place à la présidence à vie, dont la conséquence est l'usure du pouvoir. L’usure du pouvoir se caractérise par la perte du contact avec la réalité, et se traduit le plus souvent par une perte de légitimité vis-à-vis des citoyens. Un pouvoir usé ne se rend plus compte de son bilan catastrophique, généralement, il se fonde sur des jugements insensés et la fuite en avant devient l'ultime bataille. Or, gouverner un pays nécessite la crédibilité et la légitimité populaire.

  La longévité du pouvoir, l'articulation des différents comportements autour du pouvoir, les ambiguïtés qui existent parfois dans les discours, témoignent résolument, de la complexité des pouvoirs politiques usés et l'analyse autour de leur personnage décrit, généralement, des hommes d'état qui deviennent progressivement monarques. En Afrique ce rêve de pouvoir illimité a maintenu les anciens rapports sociaux du monopartisme, entrainant, ainsi, à l'illusion d'un pouvoir politique héréditaire et l'illusion de nation démocratique. Il se passe, donc, en Afrique, un conflit entre « l'ordre ancien », qui puisait ses excuses dans les sociétés traditionnelles africaines, où le pouvoir est absolu, non partagé et non critiqué, et « le nouvel ordre » qui est l'aventure dans le temps et l'espace et les libertés fondamentales en utilisant les moyens modernes que nous offrent les nouvelles technologies.De ce conflit, naissent des rébellions qui ont pour principal objectif, de briser le monopole du pouvoir détenu, injustement, par un Clan, et de mettre fin à l'usure du pouvoir. Aujourd'hui la démocratie a été acceptée dans tous les pays africains, et dans ces nouvelles luttes contre les pouvoirs usés, des Chefs d'états ont préféré lâcher du lest, sous la pression de la rue, pour préserver leur vie et celle de leur progéniture ; c'est le cas de la Tunisie, l'Egypte, la Libye,.... Néanmoins, il existe, encore, dans le continent, plusieurs foyers de pouvoirs usés, où les nouvelles luttes n'ont pas encore créé de forces centripètes et coercitives, pour permettre l'éclosion de l'alternance. Ces foyers de pouvoirs usés sont des foyers de tensions futures, allant du compromis sur l'organisation des élections aux compromis des résultats des élections. On a compris qu’un régime s'use dans le temps, pour permettre au mieux l'alternance des régimes usés, qui ont l'illusion du pouvoir à vie. Il convient de limiter les mandats présidentiels et instaurer des principes et valeurs  de gouvernance démocratiques orientés vers un développement durable comme moyen de répondre aux alternances, aux usures de pouvoir et permet de faire vivre la démocratie. Tous les pays engagés dans cette voie, sont engagés sur le chemin de la paix à court terme et pendant très longtemps. Il ne reste, donc, aux états dirigés par les dictateurs qui se réclament pour la paix, qu’à suivre cet exemple, qui est un gage de paix et de bonne gouvernance. Ainsi, ils montreront leurs volontés pour la paix et la bonne gouvernance.

   Amadou Saikou Diallo

   Washington DC.

   diallongr@yahoo.com 


 

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VOS COMMENTAIRES

Edouard29/05/2014 19:30:38
Une vraie plume, c'est exactement ce qui se passe en Afrique bravo guineepresse et je vous note 20/20. Même notre Koro national y pense car il disait un jour je cite << 2015 ne m’intéresse pas, mais plutôt ce qu'on laisser après 2025 ou 2030>> alors que s'il dure constitutionnellement trop c'est jusqu'en 2020.
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