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Nadine Gordimer ou la seconde mort de Mandela

« La politique n'est pas le but dernier absorbant tous les autres. Mais si la politique n'est pas tout, elle est en tout » clamait Nadine Gordimer.


2014-07-16 16:01:37

« La politique n'est pas le but dernier absorbant tous les autres. Mais si la politique n'est pas tout, elle est en tout » clamait Nadine Gordimer.

Cet axiome, qui m'avait en son temps beaucoup marqué, influencé dans mon action publique et qui est toujours d'actualité, a incité cette afrikaner (une blanche sud-africaine), cette romancière à s'engager pour combattre et terrasser l'hydre de l’Apartheid.

Dans son dernier roman, « No time like the present » (« Vivre à présent », éd. Grasset, 2013), N. Gordimer, avait mis l'accent sur la déception, le désenchantement de ceux qui avaient contribué à abattre l’Apartheid et rêvaient d’une Afrique du Sud plus vertueuse que celle dans laquelle ils vivaient désormais, libres mais déçus.
Une grande dame d'Etat s’est éteinte le 14 juillet à l’âge de 90 ans.

Issue d'une famille bourgeoise, de père juif et de mère anglaise, cette privilégiée de la communauté anglophone blanche ne fut jamais insensible aux inégalités raciales et aux problèmes sociopolitiques de son pays.

En 1991, elle fut récompensée du Prix Nobel de littérature, à la fois pour une œuvre importante couvrant plus d’un demi-siècle d’écriture, mais aussi pour un engagement réel et courageux contre le système abominable de l’Apartheid.

N. Gordimer avait fait la connaissance de Nelson Mandela (1918-2013) au début des années 60, alors que le leader de l'ANC passait en procès pour subversion. A sa sortie de prison, en 1990, elle devint sa confidente, une grande amie.

Elle s’engagera du côté des résistants à l’Apartheid et ne cessera de témoigner de la réalité et des affres de la ségrégation raciale, notamment dans ses livres qui ont connu un écho considérable dans le monde entier (cf. Feu le monde bourgeois, Un monde d’étrangers, Feu Le monde bourgeois, Le Conservateur, Fille de Burger, Ceux de July, L’arme domestique, entre autres...).

Elle publiera également des essais dont certains ont été regroupés dans un recueil publié en plein Apartheid (cf. Le geste essentiel, ed. Plon, 1988).

Repose en paix Nadine Gordimer, une femme pour qui j'avais une admiration sans borne, sans égal au même titre que d'autres figures de la lutte anti-apartheid tels :

- Stephen Bantu Biko dit Steve Biko (1946-1977) dont le combat est relaté dans le film « Cry freedom» en 1988 de Richard Attenborough et brillamment interprété par l'acteur américain Denzel Washington ;
- L'archevêque anglican Desmond Mpilo Tutu qui a reçu le prix Nobel de la paix en 1984 ;
- Dulcie September (1935-1988) assassinée le 29 mars 1988 à Paris ;
- et Winnie madikizela-Mandela, l'ancienne épouse de Nelson Mandela.
Avec la disparition de N. Gordimer, j'ai le sentiment d'une seconde mort de son ami et confident Nelson Madiba Mandela. Que L'OMNISCIENT veille sur vous ! Amen !

 

Nabbie Ibrahim «Baby » SOUMAH
Juriste et anthropologue guinéen
nabbie_soumah@yahoo.fr
Paris, le 15 juillet 2014

Nadine Gordimer avec Nelson Mandela en 2006 à Johannesburg

Nadine Gordimer, l'écrivain Prix Nobel de littérature en 1991, militante anti-Apartheid, amie et confidente de Nelson Mandela nous a quittés le 14 juillet dernier


 

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