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| Le PM A. T. Souaré |
2008-07-29 00:20:09
Les 23 et 24 juillet dernier, l’Union des Forces Démocratique (UFD) a tenu sa conférence régionale de la Base Guinée dans un réceptif hôtelier de la place à Conakry. Aux dires des organisateurs de cette rencontre, il s’agit de permettre au parti de faire le point sur la situation de l’UFD, mais aussi sur la situation politique nationale du pays.
A cette occasion, le Président de l’UFD, Mamadou Bah Baadikho, n’a pas manqué de critique à l’endroit du gouvernement du premier ministre Ahmed Tidjane Souaré :
« C’est la confirmation de ce qu’on soupçonnait. Il s’agit d’une entente entre tous les clans, groupes et tendances de la mouvance présidentielle ou avec des partis gravitant autour d’elle. Les partis dits d’opposition ont pris des miettes qui leur ont été jetées. La part du lion revenait aux ‘’durs’’ de la mouvance. Au lieu de la large ouverture promise, nous avons plutôt eu droit à un gouvernement de large fermeture. Tout montre que le souci essentiel de l’augmentation des postes ministériels n’avait pour seule motivation que de satisfaire d’innombrables appétits. Sinon comment comprendre que dans un pays très pauvre, où la population lutte désespérément pour sa survie, on alourdit le fardeau déjà insupportable de la population ? Il est ironique, sinon révoltant, de constater que c’est le même gouvernement qui se vente d’avoir réussi à obtenir du Programme Alimentaire Mondial (PAM) un don de 20.000 tonnes de produits alimentaires pour soulager la famine qui tenaille de larges couches de la population guinéenne. Ainsi, le pouvoir reconnaît qu’à cause de sa gestion catastrophique depuis des décennies, une partie du peuple de Guinée est en situation d’urgence alimentaire ! Nos compatriotes sont donc officiellement reconnus comme des réfugiés chez eux, alors que le pays ne connaît ni guerre, ni calamité naturelle, sinon que celles provoquées par ses gouvernants ».
Baadikho estime que « rien n’indique que de bonnes surprises attendent les Guinéens. Malgré les promesses fermes du Premier ministre de tenir les élections législatives avant la fin de l’année, ses amis se répandent en ‘’explications’’, montrant que les élections ne sont nullement nécessaires. Elles peuvent être renvoyées aux calendes grecques. Aussi, que le nouveau locataire de la Primature ne juge même pas utile de rencontrer les parties politiques, comme le faisait son prédécesseur Lansana Kouyaté ».
Plus loin, Baadikho s’attaque et dénoncent les récentes mutineries qui, selon lui, régulent l’agenda politique guinéen, en même temps qu’elles permettent de régler les comptes entre factions des services de sécurités. Mais, en dehors de l’anomalie républicaine qu’elles constituent, la descente des militaires dans les rues, sont une atteinte intolérable à la vie et aux biens de la population.
« Dans les conditions actuelles, nous estimons que la sortie de crise peut être amorcée par le bon déroulement du processus électoral. Nous devons sortir du blocage institutionnel actuel, avec l’absence d’une assemblée nationale légitime. La chambre des représentants du peuple qui sortira d’une élection libre et équitable, pourra, dans un esprit de consensus, se transformer en assemblée constituante, afin de bâtir des institutions viables, ouvrant la voie à des élections communales et présidentielles, base indispensable au retour à la stabilité politique du pays et à la réussite du changement amorcé en 2007. Toutes les forces de démocratie et de paix du pays doivent se donner la main, afin d’empêcher que le pouvoir actuel ne continue de confisquer la souveraineté du peuple, en refusant d’organiser, comme il se doit, les élections législatives avant la fin de l’année 2008 » indique Mamadou Bah Baadikho.
Le leader de l’UFD exprime ici ce que la majorité des Guinéens pense.
Pour le moment, les élections législatives s’annoncent et les différents partis politiques affûtent leurs armes. Au ministère de l’Administration du Territoire et des Affaires Politiques, on parle de la bagatelle de 158 milliards de GNF pour une meilleure organisation de ces élections législatives. 70% du montant seulement sont pris en charge par les bailleurs de fonds.
Ahmadou 1 Diallo