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Baydi Aribot : "Il faut qu' Alpha Condé quitte le pouvoir. Et il partira. C'est clair"


2014-08-21 10:47:34

Le député Baydi Aribot séjourne en France depuis quelques jours. Il dit qu'il s'agit d'une visite privée. L'ancien ministre de la jeunesse et des sports a accordé une interview à votre quotidien en ligne www.nouvelledeguinee.com. Une occasion mise à profit par le natif de Kaloum pour tirer à boulets rouges sur le président Alpha Condé.

Baydi Aribot n'a pas changé de cap : pour lui, il faut absolument qu'Alpha Condé quitte le pouvoir. Nous vous proposons l'intégralité de cet entretien réalisé en région parisienne.

NG : des députés guinéens ont été récemment humiliés au Cameroun, avant d'être refoulé pour cause d' Ebola. Vos commentaires ?

Baydi Aribot : c'est triste de voir une situation pareille arrivée à des députés guinéens. c'est tout le pays qui est visé. La fièvre Ebola a complètement terni l'image de la Guinée, et mis très en mal le reste de crédibilité qu'on avait. Franchement, c'est déplorable. C'est très dommage que cela arrive à notre pays.

Je pense que ceux qui ont la chance de gérer le pays en ce moment, mesureront l'importance de cette situation et ses répercussions sur l'économie de notre pays. Franchement, je ne peux que déplorer ça. Par solidarité avec mes collègues qui viennent d'être refoulés au Cameroun, je leur dit du courage. Bonne chance pour la suite.

NG : certains accusent le président Alpha Condé d'être le principal responsable de la propagation du virus Ebola en Guinée. Qu'en pensez-vous ?

Baydi Aribot : Ebola est une maladie. C'est une situation malheureuse qui est arrivée à la Guinée. Là où on peut condamner le gouvernement, c'est sa légèreté et la manière désintéressée  dont il a géré la maladie. Je peux dire que c'est son incapacité à contrôler cette maladie.

Au départ, quand on dénonçait, le régime pensait qu'on dénonçait parce qu'on est des opposants. Le régime pensait qu'on essayait de décrédibiliser son action. Or, on le disait honnêtement parce qu'on savait ce que cette maladie peut faire en termes de dégâts humains.

Malheureusement, le régime a plutôt cherché à sauver son image. Il a politisé le débat au lieu de s'occuper réellement du problème d' Ebola.

Donc, l'incompétence par laquelle Alpha Condé a géré cette situation est irresponsable. Le chef de l’Etat, lui-même, est monté au créneau pour essayer de dédramatiser la situation. Il a amené les populations et les médecins  à se désintéresser de cette maladie au moment on pouvait la contenir.

Alpha a confirmé qu'il n'a pas de compassion pour les populations de notre pays. Alpha Condé a montré que c'est seulement son image et ses intérêts politiques qui l'intéressent.

Quand j'ai dénoncé encore le jour de la clôture de de la session des lois à l'assemblée nationale, On ne m'a pas écouté. J'avais interpellé le gouvernement sur la gravité de cette maladie, parce que le constat était, vraiment, très sérieux. A Guéckédou, sur 280 cas, il y'avait plus de 230 décès. Donc, c'était gravissime. Alors, j'ai interpellé les uns et les autres. Mais, comme toujours, on pense que c'est un opposant qui parle, qui parle pour attaquer le régime d' Alpha Condé.

NG : comment se porte aujourd'hui le mouvement " Tout Sauf Alpha Condé en 2015" ?

Baydi Aribot : le mouvement se porte très bien. Vous savez, j'ai dit que le " TSA" est un état d'esprit. C'est une idée. Aujourd'hui, les gens se sont emparés de cette idée, de cet état d'esprit. Ce qui fait que vous avez " TSA" partout : aux Etats-Unis, en France, chacun se réclame de ce mouvement.

Aujourd'hui, sur 10 guinéens, 7 sont " TSA". Ce que je peux vous dire, c'est que  c'est un mouvement qui s'inscrit en droite ligne de l'alternance en république de Guinée. Mieux, c'est un mouvement, aujourd'hui, qui se développe, qui prend de l'ampleur. On compte même changer de stratégie, puisqu'il faut encore davantage de travail en profondeur. Et le bilan de la gouvernance d' Alpha Condé nous aide beaucoup dans ce sens.

NG : vous dite " Tout sauf Alpha Condé en 2015". Pensez-vous que la présidentielle se tiendra l'année prochaine ?

Baydi Aribot : mais, il faut qu'il y'ait des élections en 2015. Moi, je ne me fie pas aux tactiques politiciennes d' Alpha Condé. Aujourd'hui, Alpha Condé est même soupçonné d'avoir fait propager Ebola pour empêcher la tenue de la présidentielle l'année prochaine, pour ne pas que les observateurs internationaux viennent en Guinée ou même pour tenter d'utiliser Ebola pour que le vote soit reporté. Mais, il n'en est pas question.

Moi, je dis et je répète : qu’Alpha veuille tricher, qu’Alpha veuille faire de la transparence, il faut qu'il parte. Et, il partira...

NG : par quels moyens comptez-vous faire partir le président Condé ?

Baydi Aribot : par la volonté des électeurs, la volonté des guinéens dans leur majorité.Aujourd'hui, je vous le dis très franchement, tous les guinéens veulent son départ. Il suffit que l'opposition puisse mettre en place une alternative crédible, se montre souder et responsable par rapport au devenir du Pays.

Franchement, je ne vois aucune chance pour Alpha de rester. S'il essaie de forcer, c'est à ses risques et périls. Franchement, moi, je n'ai pas peur de tout ce qu'on peut imaginer par rapport à ce qu’Alpha possède comme administration. Moi, ça ne me dit absolument rien.

Alpha n'est pas plus implanté que Ben Ali (ancien président de Tunisie Ndlr ), Alpha n'est pas plus implanté, il n'a pas plus de moyens que Moubarak ( ancien président de l' Egypte ndlr )... Mais, les peuples ont décidé de leur départ. Et ils ont fini par quitter le pouvoir.  La même chose est arrivée dans certains pays de la région. Il faut que les gens aient en esprit qu'on est en démocratie et que c'est la volonté des guinéens qui restent le dernier recours. Et pour cela, les guinéens doivent se dire que s'ils ne veulent pas d' Alpha Condé, il partira. On se battra pour ça.

J'avoue que le terrain est fertile pour ça. Alpha est rejeté par l'ensemble des populations de la Guinée. Et, il le sait. Si Alpha passe par des moyens détournés pour augmenter le nombre de la population en Haute-Guinée pour se proclamer vainqueur au premier tour, ça ne marchera pas.
NG : voulez-vous dire qu'il est hors de question de reporter la présidentielle ?

Baydi Aribot : il est, non seulement, hors de question de reporter la présidentielle, mais aussi, il est hors de question qu’Alpha reste au pouvoir.

NG : on raconte que vous êtes en conflit avec le général Konaté, l'ancien président de la transition en Guinée...

Baydi Aribot : vous savez, les guinéens aiment parler de ce qu'ils ne savent pas.  Encore une fois, il n' y a pas une loi codifiée de l'amitié. Le général Konaté et moi, nous sommes des amis de plus de 30 ans. C'est Dieu qui a voulu ça. Chacun de nous a fait sa route, le destin a donné à chacun sa chance.

Cela n'a jamais touché à une parcelle de notre amitié. Nous sommes restés amis, nous sommes amis, nous le serons. Entre lui et moi, c'est une question de cœur, c'est une question de foi et c'est ainsi que les choses vont dans la vie.  On ne choisit pas ses parents, mais, on choisit ses amis.

Aujourd'hui, Konaté est haut fonctionnaire de l' Union Africaine, moi, je suis dans la politique, ça n'empêche. On se parle au téléphone, je lui rends visite quand il est géographiquement très proche de moi. D'ailleurs, tout récemment, j'étais avec lui au Maroc. Et, je retournerai encore le voir au Maroc très bientôt.

Notre amitié a même dépassé le cadre amical. Nous sommes maintenant une famille. Donc, que les gens arrêtent de spéculer. Le général Sékouba ne fait pas de politique, moi, je fais de la politique.  Que les gens se calment. On ne peut pas se permettre de piétiner des relations qui ont connu des hauts et des bas depuis 30 ans.

La seule chose que je ne sais pas, est qu'il ( général Konaté ndlr ) est " tout sauf Alpha". Rires... S'il est " tout sauf Alpha", je vais l'inscrire dans mes mouvements. Mais, pour cela, il faut qu'il fasse une déclaration pour dire qu'il est "Tout sauf Alpha". Voilà ce que je vous dire par rapport à mon amitié avec le général Sékouba Konaté. 

In www.nouvelledeguinee.com


 

7 commentaire(s) || Écrire un commentaire

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VOS COMMENTAIRES

barry21/08/2014 17:34:48
tant que vous ne mettrez pas le feu dans le derriere de ce PD "elu" comme Ouattara l'a fait en CI, il ne partira pas ca aussi c'est clair.
Sekou21/08/2014 19:12:20
TSA(tout sauf Alpha) est politique alors que Konaté est un patriote apolitique comme tu le dis.

Fais ta politique et laisse le général tranquile. Tu sais bien que ton TSA ne l'interesse pas.
Sow21/08/2014 23:27:35
que toute la jeunesse se lève pour dire merde à ce faux président. TSA est une bonne initiative Baidy courage comme tu t'es battus à Kaloum pour gagner les legislatives on fera la meme chose pour 2015
Bangaly Traore22/08/2014 04:02:28
Le TSA. est plus grand que le general Sekouba Konate...il est apolitique mais est contre la gouvernance ethnique et. negatif d'Alpha Conde..Nous voulons le depart de pr Alpha Conde en 2015....Ainsi donc, la phase actuelle de l'evolution guineenne exige le respect des principes democratiques dans tout ce qui s'entreprend et se fait. Vive TSA et Vive l'unite nationale...nb. Candidat Unique en 2015..Victoire des le premier tour.
SADIO BARRY22/08/2014 09:00:54
Bonjour M. Traoré !

Je cherche à vous joindre depuis des jours sans succès. Veuillez m'envoyer votre numéro actuel et consulter vos E-Mails. Nous avons un important entretien le dimanche prochain.

´Salutations à toute la famille et aux amis !
bob23/08/2014 11:30:16
Baydi Aribot est Tetue Sans Argument = TSA
Thierno,H Barry USA23/08/2014 12:14:08
Source :Seneweb
Les autorités sénégalaises ont intercepté à l’aéroport de Dakar, une cargaison de devises étrangères, équivalent à 4 milliards de francs Cfa. Les douaniers qui ont voulu confisquer l’argent ont été obligés de faire marche arrière quand de Conakry, on a expliqué que les montants étaient envoyés à Dubaï par ordre de Alpha Condé lui-même.

En plus du virus Ebola, le Sénégal a failli trouver d’autres causes de friction avec son plus grand voisin du sud, la Guinée Conakry. A la base, un transfert de fonds assez litigieux. En effet, les douanes sénégalaises ont intercepté il y a une dizaine de jours environ, l’équivalent de 4 milliards de francs Cfa, en dollars et en euros. Ce montant était transporté depuis Conakry, par un avion petit porteur qui s’était posé à l’aéroport Léopold Sédar Senghor.

Lesdites devises étaient prévues pour prendre place à bord de l’avion de ligne régulière de la compagnie dubaïote Emirates, qui relie la capitale sénégalaise à la ville-mirage du Moyen orient. L’ennui est que ces devises n’étaient pas déclarées à l’entrée, et forcément, pas non plus à la sortie du territoire. Et leur transport ne répondait pas aux normes internationales en matière de transfert des devises. C’est ainsi que les gabelous sénégalais ont décidé de confisquer et les montants et l’aéronef qui a servi à leur transport. Et ils ont avisé leur hiérarchie.

Et par acquis de conscience, les autorités sénégalaises ont demandé à leurs homologues guinéens si elles étaient informées du voyage de l’avion et du contenu de sa soute. Grande a donc été leur surprise d’apprendre que non seulement les autorités guinéennes étaient bien informées du déplacement de l’avion, mais que mieux, c’est elles-mêmes qui l’avaient affrété. Et l’ordre aurait même été donné au plus haut niveau, depuis la présidence de la République.

C’est ainsi que les douaniers sénégalais n’ont pu que, la mort dans l’âme, assister à l’embarquement des 4 milliards de francs Cfa en devises, pour Dubaï. Et ce, sans préjudice aucun pour les transporteurs. En ces temps assez troublés, où Ebola rend déjà difficiles les canaux de communication, les dirigeants sénégalais n’ont surtout pas voulu donner aux Guinéens aucun motif de ressentiment à leur égard.

Pourquoi avoir fait transiter autant d’argent par Dakar au lieu de faire un simple transfert interbancaire, comme cela se fait couramment en matière de transferts de fonds importants d’Etat à Etat ? Les Guinéens ont expliqué que, du fait de la suspension par Emirates de son escale de Conakry, à cause d’Ebola (toujours !), ils sont obligés, pour envoyer de l’argent dans ce pays, de se rendre à Dakar, d’où ils peuvent prendre la correspondance pour les Emirats arabes unis. Et pas besoin d’explications, officielles ou pas, pour comprendre que l’argent ainsi transféré ne passait pas par les circuits officiels, mais était destiné aux besoins personnels des dirigeants de Conakry. Ce qui peut très logiquement s’interpréter comme un trafic des devises. Mais cela est une histoire dans laquelle Dakar n’a pas osé entrer.