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La Guinée est folle


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Ibrahima Diallo

2008-08-10 02:02:42

La Guinée est folle ; pas notre Général !  En effet, Lansana Conté est constant dans sa désinvolture et mépris des Guinéens.  Comme tout individu, les défauts empirent avec l’âge au point de friser la sénilité ; si ce n’est déjà le cas pour notre Président.  En Guinée, en 1985 et 1996, une partie de l’Armée lui a repris le Pouvoir, une autre le lui a restitué - quoique en ce qui concerne 1985 il y a de nombreuses questions-.  En 2003, toute l’opposition décide de jeter l’éponge sous prétexte que les élections seraient fixées (tricher) d’avance, au lieu d’utiliser cette campagne électorale pour  dénoncer Conté ; et surtout tenter d’ouvrir les yeux aux populations sur sa gouvernance.  Ils auraient pu alors jauger leur popularité et décider s’il faut contester les résultats  et l’affronter comme l’a fait Raila Odinga au Kenya contre Kibaki.  Nous savons que la réponse aisée à cela est l’éternel : « la guinée n’est pas le Kenya ! »  Tout comme il n’y a pas deux pays semblables ; chaque pays est spécifique mais de nombreuses oppositions ailleurs trouvent les voies et moyens de déstabiliser les régimes totalitaires. 

C’est vrai aussi que dans ces nations, les sentiments partisans ont su céder la place au patriotisme.  En  janvier 2007, le Pouvoir était dans la rue mais aucun "sauveur" n’a eu le courage de le "ramasser".  La parenthèse des 15 mois de la feuille de route échappatoire a permis à notre Général de reprendre du poil de la bête par manque évident de contre pouvoir, les syndicalistes discrédités et l’opposition égale à même.  Nous avons eu plusieurs opportunités de changer notre  destin mais nous avons décidé de laisser faire « Dieu ».  Ceci dit, le dernier caprice du Général qui n’est pas une provocation - car cela suppose s’attendre à une réaction- mais plutôt une saute d’humeur comme il en a de plus en plus avec" la fatigue" de l’age devrait interpeller les partis politiques de la "coalition ad hoc " pour le gouvernement "d’ouverture" (la réalité est plus du marketing politique).  En effet, le Rubicon a encore, une fois de plus, été franchi par ces nominations fantaisistes à but familial tout en levant "le majeur" en direction des syndicalistes - qui lui ont offert sur un plateau la corde (Kouyaté) pour les pendre-.  De là, à nommer prochainement Mr Mamadou Sylla "Futurelec" à la tête de la Cour Suprême ou du Trésor ou mieux à la BCRG (banque centrale) ne nous étonnera pas !  Par contre, même si les femmes ne sont pas bien représentées numériquement au Gouvernement, elles dirigent le Pays malgré tout par "proxy" (par les hommes interposés) depuis 1984, tout au moins.  Et par conséquent, elles sont les seules à pouvoir nous sortir de ce tourbillon infernal vers le "après moi, le déluge" que semble envisager notre Général. 

Notre salut ne viendra que des femmes même si c’est un homme qui sert de figure de proue.  C’est la destiné de la Guinée !  Si nous nous fions à certains témoignages lus à propos des prémices du coup d’Etat de 1984, ce serait les femmes des officiers qui les auraient incité (et même ordonné) à prendre le Pouvoir : c’était apparemment des militaires hésitants et indécis (sic).  Néanmoins, cela ne doit pas retenir nos leaders politiques pour dire au Président que le moment n’est plus à l’amusement et qu’ils sont venus pour faire sérieusement un travail bien précis pour le Pays.  Et si Lansana Conté n’est pas de leur avis, ils feraient mieux de lui rendre le tablier et le laisser avec notre ami Coplan diriger et gérer la Guinée.  Il n’y a pas de honte à échouer surtout lorsque son action était guidée par un souci d’apaisement : un compromis est toujours (pour plagier Machiavel) un choix entre le pire et le moindre mal.  Comme l’aurait dit notre tantôt notre Tonton Ba Mamadou : « en politique, on ne regrette jamais ».  Encore une fois, l’heure ne doit plus être à la peur ; il est impératif d’envoyer au Général et aux "Premières" Dames un signal fort : soit vous nous laissez travailler ou vous venez faire le travail tous seuls !  Le moment n’est plus à la tergiversation ou à la fatalité !  Notre Général doit comprendre qu’il ne peut continuer ainsi : notre destin ne doit plus  être lié au sien.
Lorsqu’un pays est en banqueroute totale (politique, financière, sociale et morale) avec les notions de citoyenneté et de nation"galvaudées" au point d’être réduites à de simples moyens politiques au service de la démagogie et de l’ascension sociale, le plus sage serait de repartir sur des bases complètement nouvelles : nom du pays, drapeau, constitution et Armée à re-inventer.
C’est le seul électrochoc efficace pour rompre avec le passé en terme de mentalité et de politique de mal gouvernance institué de facto en système de gouvernement.         
Espérons seulement que pour l’attitude des hommes politiques suggérée plus haut, cela ne soit pas qu’un rêve !  Mais dans de telles situations d’impuissance et de désespoir, le rêve fait du bien car il ouvre la voie à l’espoir qui maintient en vie (pas "fait vivre" dans notre cas en Guinée). 

Ibrahima Diallo - "Ollaid"     


 

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