 Contribution au débat «Ethnocentrisme et unité nationale»
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| Ibrahima Diallo |
2008-08-24 16:20:14
Suite à la lecture de l’introduction de Guinéeactu.com et le bref exposé de Mr Sidoux, c’est avec plaisir que je souhaiterais apporter mon opinion au débat.
Tout d’abord la notion de "nation"- qui est désormais plus un terme générique pour parler de "pays"- ne peut être que relative ; ne serait ce parce qu’elle peut être inclusive (pays occidentaux) ou exclusive (Moyen et Extrême Orient, Afrique, Russie etc…). Sa définition politique ne correspond pas forcement au sens qui lui est donné socio- culturellement. L’évolution de l’histoire des hommes et l’organisation politique des Etats modernes ont rapproché au point de les assimiler la "citoyenneté " à la "nation". Autrement dit, en plus simple : la définition de la nation ne peut se faire qu’à travers celle de la citoyenneté. Les USA (plus de 50 états) qui regroupent des personnes de différentes cultures et races- Européens, Hispaniques, Afro-Américains, Asiatiques et les autres- soudent le Pays autour du symbole "artificiel" qui est la bannière étoilée (le drapeau) qui symbolise les valeurs américaines ((?): combien d’Américains peuvent les énumérer !) : c’est la nation américaine dans sa plus simple expression (that’s America !).
En France qui de par son passé colonialiste se retrouve de facto être un ensemble de civilisations diverses, se cherche et tente de définir la nation à travers la "citoyenneté" qui serait un ensemble de valeurs auxquelles tout citoyen français souscrirait. Mais contrairement aux Américains, la France n’est pas encore arrivée à choisir et définir clairement le "ciment" incontesté pour unir ses habitants de la métropole, de la Corse jusqu’aux Caraïbes et la Polynésien en passant par Mayotte. Mais la Nation française existe bien, malgré tout. Un "certain" sentiment d’appartenance acquis ou "hérité" unit finalement tout le monde au Pays.
Peut on parler de nation à propos des empires du passé qui étaient pourtant organisés et fonctionnaient en Etat? Probablement non car les populations ont été conquises et maintenues sous la coercition.
Mieux, de nos jours avec la "globalisation" et l’émigration, particulièrement transcontinentale , qui fait que de plus en plus de personnes sont bi ou multinationales ; que devient la notion de nation ? D’où le caractère caduc du droit du sol ou du sang dans la conception moderne de "nation".
A travers ces exemples, ma conviction est que la Nation guinéenne peut être bâtie selon nos propres termes de références qui restent à définir et surtout à faire accepter au Peuple par un leader charismatique. Néanmoins il faut éviter les exclusions et les erreurs de "l’Ivoirité " en Côte d’Ivoire et plutôt s’inspirer d’Atatürk en Turquie qui a réussi a unir des peuples et des religions différents dans la même destiné. Mais dans le cas de la Guinée, les voies et moyens d’imposer la démocratie sont les plus urgents et constituent l’étape sine qua non de tout progrès et paix sociale pour bâtir quoi que ce soit de viable.
Quant au problème « d’ethnocentrisme » bien qu’il ne faille pas le négliger ou sous-estimer, il est plus un problème des générations plus âgées que réellement un danger pour l’unité nationale dans le futur. En effet, la politique en Guinée est encore dominée par des personnes qui ont vécu successivement les périodes féodales et coloniales où la société classait et admettait que certains personnes – en tout cas le tolérait - soient supérieures à d’autres par la naissance ou l’origine ethnique. On ne peut changer une mentalité du jour au lendemain. Cet héritage, hélas, est perpétué et utilisé pour des raisons politiques, ce qui fait que le phénomène a pris des proportions inattendues surtout au niveau de certains intellectuels mauvais qui s’essaient à la politique ou se mettent à sa disposition. Hormis la politique, les communautés guinéennes (pour ne pas utiliser le terme « ethnie ») vivent harmonieusement dans un brassage culturel à travers les mariages et amitiés sincères entre leurs membres. Sans les patronymes, qui peut aujourd’hui, en Guinée, distinguer l’origine d’un citoyen par rapport à un autre, même par l’accent parfois? Encore une fois sans que ce qui précède ne soit une démonstration, ma lecture de l’émergence de ce problème latent hérité de la Première République (autrement comment expliquer l’attitude condamnable après la tentative de coup d’Etat de juillet 1985 ?) est le fait d’une partie minoritaire de l’intelligentsia au service d’une politique machiavélique à cours d’arguments pour accéder ou garder le Pouvoir. Les jeunes générations ont plus de recul et seront moins concernés par « l’ethnocentrisme » malgré la mauvaise influence de leurs parents. L’unité nationale serait moins en danger avec la jeune génération si elle s’accaparait plus de la politique. Il est vrai qu’à lire le Net et surtout à voir la Guinée en banqueroute totale, nous pouvons craindre le pire : la politique a casser le Pays en petit morceaux. Pourquoi ce problème ne se pose pas au Mali, au Sénégal et même en Cote d’Ivoire ? Autant que je sache, je n’ai jamais entendu parler d’une polémique sur un"comptage ethnique" (quels vilains mots !) des membres du Gouvernement.
Une "certaine" Guinée aurait elle stagné mentalement depuis l’indépendance ?
Quant à au bipartisme comme panacée contre la division des communautés, je ne suis pas convaincu du tout. Limiter artificiellement le choix des électeurs est anti- démocratique et peut être contre productif. En ce qui me concerne, le bipartisme de facto dans plusieurs pays occidentaux a biaisé la démocratie car le système réduit au silence la majorité de l’électorat : Tony Blair, par exemple, était resté au Pouvoir avec bien moins de 50% des votes. Et puis, sur quelles bases, le leader de chacun de deux partis serait élu ou nommé quand on sait qu’en Guinée aucune coalition n’a jamais pu se former et être efficace ? L’autre implication serait d’assumer qu’en politique il n’y a que deux tendances majeures : droite et gauche ? Sans vouloir réinventer la roue, il y a certainement d’autres voies et alternatives : beaucoup de tons du gris à coté du blanc et noir. Rappelons nous de la Guinée en 2003 : quelle alliances bipartisane suggériez vous entre Ba Mamadou, Conté, Sidya Touré, J.M.Doré, Siradiou Diallo, Bah Oury, Pr Sow et Alpha Condé (pour ne citer que les plus célèbres) ? Qui s’allieraient avec qui ? Pour ma part, je ne verrais que des rivalités personnelles au lieu d’alliances objectives. La preuve : notre Général reste seul maître du Pays malgré une opposition plusieurs fois humiliée.
A mon humble avis, en démocratie la loi du tout ou rien est de rigueur : parti unique ou multipartisme. L’idée de deux partis peut paraître séduisante en théorie mais la pratique pourrait s’avérer un cauchemar car l’élément majeur pour sa réussite est impondérable et imprévisible : la nature humaine. Le remède doit se trouver dans les critères de création d’un parti politique et dans les textes de loi s’y referant.
En Conclusion pour la Guinée, mon intime conviction est que le vrai problème qui permettra de surmonter tous les autres est l’instauration de libertés individuelles et d’une vraie démocratie adaptée à nos aspirations et non plagiée celle des Occidentaux qui a beaucoup de lacunes. Dans notre cas par exemple, le Président de la République ne devrait pas nommer souverainement tout seul aux postes de la Cour Suprême/Constitutionnelle, de l’Armée et autres institutions de l’Etat et espérer leur neutralité en Afrique, particulièrement en Guinée. Tout le reste est vicié à partir de là parce que nos spécialistes du Droit ont copié et adapté sur mesure des textes Européens en omettant (sciemment ?) le contexte africain : notre mentalité et la notion du Chef (le Lâandôh) que l’on ne contredit pas, on ne honnit pas, la reconnaissance pour la promotion, etc, font que le Président influence et contrôle toute la vie politique du pays et le système fait de lui un dictateur volontairement ou non. De plus, le mandat présidentiel ne doit pas être limité en nombre de termes mais en années (pas plus de 10 ans) quelle que soit la crise empêchant le déroulement du scrutin (pour une re-élection). Que la partie de la Constitution concernant l’Exécutif ne devrait être amendable que tous les 25 ans, au moins. Voila un minimum de mesures pour assurer à la Guinée un renouveau démocratique. La priorité avant tout doit revenir à l’instauration des libertés et d’une démocratie apaisée ; le tissu social se reconstituera alors tout seul.
Ibrahima Diallo- "Ollaid" 
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VOS COMMENTAIRES | | Très bonne analyse Mr Diallo,en Guinee on a besoin de changer certains articles de la loi fondamentale car ils ne correspondent plus aux realités actuelles du pays. | « …En conclusion, pour la Guinée, mon intime conviction est que le vrai problème qui permettra de surmonter tous les autres est l’instauration de libertés individuelles et d’une vraie démocratie adaptée à nos aspirations et non plagiée de celle des Occidentaux qui a beaucoup de lacunes.
…De plus, le mandat présidentiel ne doit pas être limité en nombre de termes mais en années (pas plus de 10 ans) quelle que soit la crise empêchant le déroulement du scrutin (pour une réélection). Que la partie de la Constitution concernant l’Exécutif ne devrait être amendable que tous les 25 ans, au moins… ».
Mr Diallo, cette vision pourrait constituer un véritable garde-fou contre d’éventuels manquements pouvant venir d’hommes avides de pouvoir. Vous savez, à voir notre constitution, c’est à se demander si ceux qui l’ont élaborée n’avaient la conscience altérée par des pots de vins.
En tout cas le constat qui se dégage, est qu’elle semble avoir été mesurée à la taille de l’homme qui l’a initiée. |
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Gaetan Mootoo d'Amnesty international, sur les massacre et viols du 28 septembre en Guinée
Par Christophe Boisbouvier
« Les tortionnaires ont franchi une étape inimaginable. Des militaires déchiraient les vêtements des femmes avec une telle violence, parfois avec des couteaux ou la baïonnette, les violant en public. C'était la barbarie dans toute son horreur ».
SOURCE : RFI
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Radio Mussidal Halipular
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Radio MH |
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L’intervention du Président de la Coordination Nationale Haalipular de Guinée, Elhadj Saikou Yaya Barry, relative aux crimes ethniques dont Waymark est complice en Guinée:
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Elhadj Saikou Yaya Barry |
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ITEEV Aachen import/export:Agence d’import/export des produits et équipements informatiques et industriels, des véhicules et engins de tout genre, de l’Allemagne pour toutes les directions, en particulier l’Afrique:
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