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Guinée : Cellou Dalein à nouveau au secours d’Alpha Condé ou une erreur de calcul ?2015-04-15 07:16:31 En politique, l’improvisation n’est bonne que dans la réaction qui doit parfois être prompt, pas dans l’initiative. L’opposition avait décliné un calendrier hebdomadaire précis de manifestations : le lundi 13 et le jeudi 16 avril 2015. Les deux allaient forcément être couronnés de succès, les populations ayant été informées quelques jours avant et l’y adhérant massivement. Surpris par le succès de la journée de lundi, les leaders politiques Cellou Dalein Diallo et Sidiya Touré ont déclaré que les manifestations continuent le mardi lendemain. Vu que l’information est venue de différents leaders politiques, beaucoup, comme nous, ont pensé que cela s’inscrivait dans une stratégie préalablement mûrie. Ce n’était pas le cas. Les leaders politiques, surpris eux-mêmes de la grande réussite de la journée de lundi 13 avril, ont simplement décidé : « Nous demandons à nos militants de continuer les manifs demain mardi 14 avril ». Le résultat fut naturellement un fiasco. Entre temps, le premier ministre appelle au dialogue. Le chef de file de l’opposition bondit sur l'occasion et décrète l’arrêt des manifestations, pour, dit-il les reprendre lundi prochain, sans plus penser au jeudi 16 avril qui était déjà programmé comme jour de manifestation (Lire l’article de l’AFP ci-dessous) ! C’est de l’improvisation, de l’amateurisme suicidaire en politique. Autant le pouvoir ne respecte pas ses engagements et sa parole envers l’opposition, l’opposition aussi ne se soucie pas de respecter ses programmes envers ses militants et le peuple. Ainsi, on ne peut jamais être sûr qu’un programme publiquement annoncé par les leaders de l’opposition sera maintenu comme tel. C’est des comportements pareils qui ont fait échoué l’opposition dans le passé, pour le contrôle ou la neutralité de la Ceni, sur la question de Waymark comme pour la date et les conditions d’organisation des législatives, avec 4 jours de report dont le weekend ramenant le report à deux jours de travail seulement, comme le pouvoir l'avait exactement voulu. Là aussi, le maillon faible avait été Cellou Dalein Diallo. Cellou a toujours été battu par Alpha Condé grâce à des stratégies de report et du non respect des règles du jeu. Il ne semble jamais apprendre cette leçon. Ce n'est pas pour rien que l'anti-peul et extrémiste angbansanné Amadou Damaro Camara ne manque jamais d'éloges pour le leader de l'UFDG au moment où il est prêt à faire assassiner les autres. Les leaders de l’opposition doivent comprendre que dire aux militants de manifester quelques heures seulement après la décision ou donner l’ordre seulement sans une préparation (activer les cellules de base à se mobiliser dans ce sens et diffusion suffisante d’informations), ça ne marchera pas. Dans la nuit du lundi, j’ai parlé avec un de mes grands frères intellectuels qui est responsable d’entreprise à Conakry. Il a été surpris quand je lui ai dit que la manifestation continue le mardi 14. Il ne le savait pas. Il ne connaissait que le programme du jeudi 16 avril. Le mal est qu’au moment où le pouvoir s’apprêtait à céder, c’est en ce moment que le chef de file de l’opposition, Cellou Dalein Diallo, met fin à la pression. Y-a-t-il eu concertation préalable là-dessus ? Dans ce cas, c’est logiquement le porte-parole de l’opposition qui fait l’annonce. Ce jeudi 16 avril 2015 était le jour propice de faire une descente sur toutes les mairies pour chasser les délégations illégales au service du RPG. En effet, le président et ministre de la défense Alpha Condé qui se trouve à Washington pour des réunions financières internationales ne peut pas se permettre d’observer à distance le pays brûler ou ordonner d’abattre des Guinéens par armes de guerre. Il va devoir s’expliquer devant la presse et les institutions internationales qui s’intéresseront aux raisons de la crise actuelle. L’opposition ne pouvait en sortir que victorieuse, mais elle vient de se priver cette victoire rapide en sauvant une nouvelle fois Alpha Condé, exactement quand ce dernier s’est senti obligé de leur donner gain de cause. Si l’opposition maintenait le programme de jeudi 16 avril, le pouvoir aurait accepté l’organisation des communales entre fin mai et le mi juin. SADIO BARRY
Article de l’AFP Guinée: l'exécutif appelle au dialogue, l'opposition suspend ses manifestations Mardi, 14 Avril, 2015 - 18:09 Le Premier ministre guinéen Mohamed Saïd Fofana a appelé mardi au dialogue pour parvenir à un "consensus autour des échéances électorales", après deux jours d'affrontements entre forces de l'ordre et partisans de l'opposition, qui a annoncé suspendre ses manifestations jusqu'à lundi. "Nous avons décidé de suspendre les manifestations pour les reprendre lundi, afin de permettre à nos militants et à la population de souffler", a déclaré à l'AFP par téléphone le chef de file de l'opposition, l'ex-Premier ministre Cellou Dalein Diallo. "Concernant le dialogue avec le gouvernement, il faut que la Céni (Commission électorale nationale indépendante) annule son chronogramme électoral et mette fin à ses activités sur le terrain", a précisé M. Diallo, peu après la publication d'un communiqué gouvernemental. Selon ce communiqué, lors d'une réunion dans l'après-midi avec dix ministres, en l'absence, du président Alpha Condé, à Washington pour des réunions financières internationales, le chef du gouvernement a "mis en place un comité restreint chargé de lui faire des propositions concrètes permettant la reprise rapide du dialogue avec les partis de l’opposition". "En attendant ces propositions, le Premier ministre demande solennellement aux responsables des partis politiques d’accepter de venir à la table des discussions afin que le débat puisse se tenir dans la sérénité", selon le texte. "Le gouvernement reste ouvert à toute suggestion respectueuse des lois et prenant en compte toutes les contraintes qui permettra d’aboutir à un consensus autour des échéances électorales", souligne-t-il. M. Fofana a en outre "donné des consignes fermes de maintien de l’ordre dans le strict respect de la loi et a souhaité que toute la lumière soit faite sur les tirs enregistrés lors des affrontements et les circonstances qui ont occasionné des blessés", selon le communiqué. L'opposition avait appelé à manifester lundi dans toutes les communes de Conakry contre l'insécurité, après l'agression de son porte-parole le 4 avril, et jeudi contre l'inversion du calendrier électoral par la Céni, qui a encore repoussé, à mars 2016, soit après la présidentielle fixée à octobre 2015, les élections locales. Faute de scrutin local depuis 2005, les exécutifs communaux sont désignés par le pouvoir, ce qui risque, selon l'opposition, de favoriser des fraudes massives en faveur de M. Condé à la présidentielle. Le pouvoir rejette ces accusations et a affirmé inviter officiellement des observateurs internationaux à garantir l'intégrité du scrutin. M. Condé, un ancien opposant qui a connu la prison, est le premier président démocratiquement élu de cette ex-colonie française, indépendante depuis 1958, dirigée jusqu'alors par des pouvoirs autoritaires, une période jalonnée de coups d'Etat et de répressions sanglantes. Lien : Un enfant victime de la violence des policiers guinéens (Voir) !
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