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| 2015-06-10 20:15:57 |
Petit à petit et grâce aux actions conjuguées de la presse en ligne et des guinéens de la diaspora, le monde prend conscience du danger qui guète la Guinée à la fin de cette année. Le monde entier se rend compte des méfaits d’Alpha Condé qui compromettent le processus démocratique et mettent en péril la stabilité et la paix en Guinée.
- Dès après l’investiture de Condé, Christophe Châtelot, dans le journal "Le Monde" a prévenu que « L'ethno-stratégie opportuniste » de Condé Alpha n'a pas été mise en œuvre que pour gagner la présidentielle. Qu’elle est, à l'instar de ce qu'a été « l'ivoirité », le fondement de son action (Lire aux liens 1 ou 2).
- Après les mises en garde de la journaliste écrivain Stéphanie BANON sur la préparation par Alpha Condé, depuis de nombreuses années, d’un génocide anti-peul en Guinée (Lien),
- Après les mises en garde des chercheurs de l'université de Sydney en Australie, avertissant sur des préparations, par le régime Condé, de violences massives et ciblées qui pourraient conduire à une guerre civile en Guinée avant fin 2015 (Lire 1 et 2),
- Après le premier « Colloque contre le projet de création du Manden Djallon en Moyenne Guinée par Condé Alpha et pour l’unification de la Guinée » (Lire 1 et 2),
- Après l’Américain J. Peter Pham - Directeur du Centre de l'Afrique du Conseil de l'Atlantique (Lire),
- Après Franklin Cudjoe, rédacteur en chef d’AfricanLiberty.org et directeur fondateur d’IMANI (Lire),
Le journal "Le monde" vient de tirer à nouveau la sonnette d’alarme en faisant appel à l’Union Africaine et à la Communauté Internationale au sens large du terme à s’impliquer dans le processus électoral guinéen afin d’éviter que ce pays ne bascule dans une situation de guerre civile (Lire ci-dessous). Extrait :
« La communauté internationale doit agir dès maintenant pour préserver la démocratie en Guinée, à l’aune des élections présidentielles d’octobre. … Le manque de dialogue et les circonstances inquiétantes des élections à venir sont à la source d’une certaine instabilité. En avril, des manifestants protestant contre le report des élections par le gouvernement Condé ont été tués par balle par les forces de l’ordre. … Les dernières élections législatives ont confirmé la dangereuse répartition du vote au regard de critères ethniques, les Peuls s’étant rassemblés derrière le principal parti d’opposition, et les Malinkés derrière le gouvernement. Les actes de Condé exacerbent cette division. … Malgré les protestations de l’opposition, Alpha Condé a nommé des administrateurs locaux à la place des fonctionnaires localement élus. Ces fonctionnaires nommés joueront désormais un rôle clé dans la supervision des élections de cet automne. De plus, le président Condé a nommé un officier militaire pour diriger la commission de surveillance de l’élection, et a refusé une implication internationale dans le processus électoral…. A cause d’une mauvaise gouvernance, le peuple guinéen vit dans une grave pauvreté. Au regard de presque tous les indicateurs internationaux, la Guinée échoue lamentablement. L’indice de développement humain des Nations unies classe la Guinée au 179e rang sur 187 pays, derrière le Zimbabwe de Robert Mugabe, et même le Mali déchiré par la guerre : 40 % des habitants vivent avec l’équivalent de 1,25 dollar par jour.
Au milieu de cette pauvreté, le rôle que joue la Guinée dans le trafic de drogue en provenance d’Amérique latine vers l’Europe ne cesse d’augmenter, laissant craindre que d’autres criminels, notamment des terroristes s’implantent sur son territoire. Il faut agir !
Si la population ne reconnaît pas le résultat des élections, le pays pourrait facilement tomber dans un chaos qui serait catastrophique pour ses habitants et dangereux pour la région. La démocratie n’est pas seulement le fait de voter : l’importance de la question de l’Etat de droit en Guinée ne doit pas être sous-estimée…. La clé sera de développer et de promulguer des règles électorales, et de faire du Tribunal constitutionnel une institution nationale indépendante œuvrant à la défense des droits fondamentaux. … Réformer la Commission nationale électorale indépendante (CENI) est nécessaire, pour que les forces en présence puissent se faire confiance…. La Guinée est un pays stratégique dans une région aussi historiquement instable que peut être l’Afrique. La combinaison de la pauvreté, la corruption, la violence d’Etat et l’interférence dans les élections est dangereuse d’autant plus que ces éléments s’inscrivent dans une région concernée par l’influence grandissante de l’extrémisme islamique. L’Union africaine et la communauté internationale au sens large seraient sages d’agir dès maintenant pour soutenir cette démocratie naissante. ». Fin de l'extrait.
L’opposition ne doit pas commettre l’erreur de se lancer dans un nouveau faux dialogue avec le régime condé sans un arbitrage international qui permet de reprendre le processus électoral dans le respect de la Constitution et des accords passés et la garantie de certification des résultats après la tenue des élections transparentes et équitables sous l’égide des Nations Unies. Sinon même si l’opposition cède comme à son habitude, les populations ne reconnaitraient pas les résultats de la future présidentielle et peuvent agir indépendamment de leurs partis (insurrections populaires spontanées).
Nous rappelons que la crise actuelle liée au calendrier électoral n’est pas un fait nouveau en Guinée. Avec Alpha Condé, c’est toujours le cas depuis 2010. Et ce serait le cas si on lui permet de rester au pouvoir après 2015. En effet, Alpha Condé et son parti ne peuvent jamais gagner une élection organisée dans des conditions normales en Guinée. C’est pourquoi ils ont besoin de troubles et de violences qui conduisent à des négociations et compromis permettant de contourner les dispositions constitutionnelles qui leur permettent de gagner la partie ou se maintenir au pouvoir. Le journal "Le monde" avait écrit un article sur la question en 2011 déjà (Lire). C’est dire que l’opposition ne doit pas accepter de céder cette fois-ci sur les principes et le respect de la Constitution avec Alpha Condé et son parti RPG. Quel qu’en soit le prix à payer, car aussi longtemps qu’on cédera à ces gens malhonnêtes et sans scrupule, ils ne changeront pas et tôt ou tard, il nous faudra leur faire face pour mettre fin à la dictature, aux crimes organisés et faire triompher l’Etat de droit et la démocratie dans notre pays.
Dans ce combat, il est souhaitable que les démocrates malinkés jouent un rôle de premier plan pour empêcher le régime à opposer militairement les populations entre elles et nous conduire à la guerre civile.
En Guinée, nous avons aujourd’hui le choix entre se battre maintenant et le faire plus tard, quand, les moyens de l’Etat aidant, l’ennemi serait devenu encore plus fort, plus puissant.
Le 25 janvier 2013 guineepresse.info a publié l’observation suivante :
« Celui qui cède le pouvoir à un adversaire sans scrupule par peur de risquer sa vie pour garantir sa liberté et sa dignité remet simplement cette liberté, cette dignité et cette vie à son ennemi qui peut en disposer comme bon lui semble et quand il le voudra. Nouhou Thiam, Sidiki Camara, Aidor Bah et les responsables et militants actifs de l’UFDG en savent quelque chose aujourd’hui. » (Lire).
Alpha Condé et le RPG viennent d’en faire une nouvelle démonstration : la loi, pourtant sur le maintien de l’ordre public, votée lors de la dernière session des lois tenue du 7 avril au 2 juin 2015, par le parlement guinéen entre les mains des députés du RPG-arc-en-ciel, autorise désormais les forces de l’ordre à tirer à balles réelles sur les manifestants de l’opposition (Lire 1 et 2).
Certes avant cette loi les armes de guerre ont toujours été utilisées contre les militants de l’opposition et les citoyens d’autres ethnies en Guinée (63 Peuls dont des enfants mineurs et même un bébé de 2 ans morts par balles à Conakry, une dizaine de personnes en Forêt), mais cette dernière loi est d’une grande portée : tout le monde sait que le régime guinéen est tribal et sa politique est ethnique. Alpha Condé, les extrémistes malinkés et leurs complices se donnent officiellement le droit de tuer les autres et toute personne qui tenterait d’opposer de la résistance civique à leur volonté d’instaurer une dictature tribale éternelle en Guinée. C’est l’utilisation de l’Etat contre les autres communautés par des extrémistes malinkés animés par un hégémonisme tribal et la volonté de vivre sur le dos des autres.
Cette loi est une violation manifeste de l’article 7 de la Constitution en vigueur qui consacre la liberté de s’opposer et le droit de manifester contre le pouvoir en Guinée, comme c’est le cas dans tous les pays démocratiques.
Pourquoi l’opposition contre laquelle cette loi anticonstitutionnelle est dirigée est restée silencieuse sur la question ? Même si les députés de l’opposition n’ont pas assisté à la session, ils ont tous reçu le dossier complet contenant le projet de loi en question avant les assises de l’Assemblée. Pourquoi ont-ils laissé voter cette loi sans dénoncer ce projet criminel d’Alpha Condé et son parti RPG ? Dire que nos opposants continuent de réclamer un dialogue direct avec ce régime !
Le côté positif de la nouvelle loi:
Pendant les 4 dernières années du régime RPG, le pouvoir niait les massacres par balles et il va falloir des enquêtes sérieuses pour identifier les tueurs. De par cette loi, nous savons désormais qui seront comptables de chaque cas de victime par balle : Alpha Condé, ses conseillers et son gouvernement, Kory Koundiano et l’ensemble des députés de la mouvance qui ont ordonné aux forces de l’ordre de faire usage des armes de guerre contre des citoyens guinéens qu’ils considèrent adversaires politiques.
Si l’opposition guinéenne avait été responsable, nous n’allions pas enregistrer une soixantaine de morts et un demi-millier de blessés par balles en Guinée après le génocide du 28 septembre 2009. Plus jamais un pouvoir ne devrait oser utiliser des armes à feu contre le peuple de Guinée. Nous avons perdu le peu d’acquis démocratiques obtenus sous Lansana Conté parce que, comme l’a dit Alpha Condé le 9 mai à Kankan, il n’a personne en face de lui en Guinée.
Comme le dit Robespierre, avocat et politicien et dirigeant de la révolution française:
« Quand le gouvernement viole les droits du peuple, l’insurrection est pour le peuple le plus sacré et le plus indispensable des devoirs. »
La communauté internationale et nos compatriotes malinkés doivent se réveiller et reconnaître la nécessité de faire quitter Alpha Condé du pouvoir en Guinée afin d’éviter une guerre civile qui aurait de lourdes conséquences sur le pays et toute la sous-région. Même si une guerre civile ne semble pas être probable pour eux (ce qui serait une grave sous-estimation de la situation, car des Malinkés avaient pris des armes sous Lansana Conté pour des faits de moindres gravité que ce que les Peuls subissent aujourd’hui du régime condé), il est évident qu’un régime incompétent et irresponsable n’est plus mauvais que pour une seule composante de son peuple ou le seul pays qu’il dirige. L’aggravation de la pauvreté en Guinée, la déchirure du tissu social, le non droit aux Guinéens d’aller à la Mecque pour la deuxième année successive, des tensions et incidents frontaliers avec des pays voisins dont le Sénégal, la Côte d’Ivoire et le Mali (Lire 1, 2, 3 et 4), la propagation de l’épidémie d’Ebola dans le monde et le maintien du foyer épidémique en Guinée, constituant une menace pour toute la terre (Lire), en font foi.
Lisez l’article intégral du mardi 09.06.2015 du journal "Le monde" au lien !
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