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Justice et droits de l’homme: déclaration de l’OGDH2015-07-02 21:36:53 N/Réf : 0025/CD/OGDH/2015 Conakry, le 02 juillet 2015 L’organisation guinéenne de défense des droits de l’homme et du citoyen -OGDH- suit attentivement les problèmes politiques, économiques et sociaux du pays et leur répercussion sur les droits de l’homme. Comme à l’accoutumée la Guinée s’achemine, en octobre 2015, vers une élection présidentielle sur fond de tension entre les protagonistes. Les discours de campagne de l’entre deux tours de la présidentielle de 2010 qui avaient provoqué une profonde fissure du tissu social refont surface notamment pendant les visites que le Chef de l’Etat a effectuées en Haute Guinée. Dans un contexte de forte cristallisation du débat autour des conditions d’organisation de ce scrutin, chacun doit faire preuve de responsabilité pour éviter les propos qui pourraient exacerber les tensions interethniques. A ce climat de malaise généralisé, une autre question vient de s’inviter dans le débat politique. Le capitaine Moussa Dadis Camara, après avoir démissionné de l’armée guinéenne a décidé de se lancer dans l’arène politique en annonçant sa candidature au prochain scrutin présidentiel. Si à ce jour, le capitaine Dadis n’est pas encore reconnu coupable des massacres du 28 Septembre 2009 et de ce fait peut, au nom du principe de la présomption d’innocence, briguer tout mandat électif en Guinée parce que non déchu de ses droits civiques, l’OGDH estime qu’il est moralement malséant de solliciter les suffrages des Guinéens avant de s’acquitter du devoir de se présenter aux juges afin que ceux-ci se prononcent sur son degré d’implication dans ces massacres. Même si le capitaine Dadis a accédé au pouvoir par des moyens anticonstitutionnels, en violation de tous les instruments juridiques nationaux et internationaux auxquels la Guinée est partie, notamment la Charte Africaine sur la Démocratie les Elections et la Gouvernance, le protocole additionnel de la CEDEAO sur les élections et la démocratie, il a conduit les destinées de la Guinée au moment des faits. A cet effet, verser au chapitre des pertes et profits les crimes graves commis à cette époque et briguer un quelconque mandat électif est une insulte à la conscience nationale. Surtout qu’il était « chef suprême » des forces qui ont sévi au stade en 2009. L’OGDH, encore une fois, réitère son attachement aux principes universels des droits de l’Homme qu’elle défend et défendra toujours dont principalement la lutte contre l’impunité qui constitue un terreau favorable à la perpétuation des violations des droits de l’Homme. Elle rappelle à cet effet à tous les acteurs politiques voulant solliciter le suffrage des Guinéens que tout acte visant à compromettre les chances de faire aboutir les procédures judiciaires portant sur les massacres du 28 Septembre 2009 sera perçu comme une tentative d’entrave à la lutte pour l’instauration d’un Etat de droit et une volonté manifeste de perpétuer l’impunité. En conséquence, elle lance un appel pressant: • Aux acteurs de la société civile, notamment aux ONG de défense des droits de l’Homme membres de la plateforme de lutte contre l’impunité, afin qu’ils ne se laissent pas gagner par le découragement et qu’ils travaillent au coude à coude en vue d’obtenir justice pour les violences perpétrées contre d’innocentes personnes aussi bien en Janvier 2007, qu’en septembre 2009 et Octobre 2010.
Pour le Bureau Exécutif de l’OGDH Le Président Dr Thierno Maadjou SOW
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