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| 2015-07-02 21:42:25 |
Un conflit politique est difficilement résolu lorsque sa cause principale n’est pas clairement définie dans l’ordre du jour des négociations. Ce fait a des conséquences lamentables, car les acteurs politiques pourront négocier une centaine de fois et pendant des années, en vain.
Aujourd’hui en Guinée, il y a deux crises. La crise la plus connue et commentée, s’articule autour de la problématique du processus politique. L’autre moins connue, plus effective et ayant des impacts très négatifs sur la résolution de la première, s’articule autour de l’état d’âme des personnes impliquées dans le dialogue politique.
La problématique du processus politique est bien largement discutable sur la table des négociations. La question est d’ordre administratif, ou constitutionnel, qui doit être débattue constitutionnellement. Simples questions d’interprétations de nos textes de lois par des juges, et les jeux sont faits pour que les protagonistes réduisent leurs points de divergences. Pourtant, le débat constitutionnel a lieu, les acteurs politiques se retrouvent de temps en temps autour de la table, mais comment se fait-il alors que les négociations frappent le mur et elles sont dans un cul-de-sac ?
C’est parce que la crise politique guinéenne, c’est autre chose que ce que l’on croit. Cette crise qui s’articule autour de l’état d’âme des acteurs politiques impliqués dans le processus du dialogue, est un drame qu’il faut résoudre. Cela devrait être un préalable à toute autre négociation politique.
Le sentiment de rancœur du président Alpha Condé est un drame qui empoissonne actuellement toute la vie politique guinéenne. Il dit toujours qu’il faut pardonner le passé politique guinéen. Qu’en tant que premier responsable guinéen, il assume tous les crimes et barbaries du passé. Il dit toujours qu’il a été condamné à mort par Sékou Touré. Qu’il l’a pardonné. Qu’il a été condamné par Lansana Conté. Qu’il l’a pardonné. Parlant même du massacre du 28 septembre, de l’affaire Diarra Traoré en 1985, et les tortures du camp Boiro pendant la première république, Alpha Condé affirme qu’il assume tout.
Cependant, le chef de l’Etat guinéen, depuis son accession au pouvoir en 2010, dans tous ses discours, et partout où il est allé, à l’intérieur comme à l’extérieur du pays, il n’a cessé de dire que « tout le mal de la Guinée vient des anciens premiers ministres ». Cette accusation, en elle-même, n’est rien dans un pays démocratique. Le problème, Alpha Condé la diabolise et l’entretient. Il l’a utilisée comme de la drogue dans son parti, endoctrinant ainsi tous les partisans du RPG Arc-en-ciel. Cette accusation sur les anciens premiers ministres passerait inaperçue, si elle n’était pas nourrie du ressentiment d’un passé politique ressent.
Un président hypocrite qui a cultivé l’hypocrisie dans son propre parti : il veut assumer tout, mais en même temps, il ne veut pas assumer tout. La rancune du président Alpha Condé, résultante de ses mois d’emprisonnement pendant le régime de Lansana Conté, conjuguée avec son hypocrisie chronique, sont à la base du blocus actuel du dialogue politique guinéen. C’est une autre crise, non moins importante.
La crise politique autour du processus électoral serait résolue, si les acteurs politiques de la mouvance accepteraient de vivre la politique du présent, en se débarrassant de leurs problèmes psychologiques : la rancune et l’hypocrisie.
Naby Laye Camara
Bruxelles
VOS COMMENTAIRES | |
| Alfadio | 03/07/2015 17:04:55 |
| Mr Camara vous avez tout dit, Imaginer actuellement avec tout ce que l'on voit et ce qu'on ne voit pas, que l'on dise un jour entre 2010 et 2015 en Guinee le premier ministre chef du gouverment a ete le veritable responsble de tout ... Et wotan , Moolah Said est comme tant de Guineens , marginalisé autour de l'essentiel ,il est comis à emprunter nos routes , pour aller tout dire ( on sent que c'est suite à une instruction ferme qu'il parle) dans les confins les plus reculés du pays , alors que Alpha et son veritable clan coordonne agissent paisiblement pour leurs poches. | |
| gueye | 04/07/2015 09:36:09 |
| Et oui te le drame continue. Je suppose que les gens ne prendrons jamais le temps de lire ce mémo que tout le monde a déjà lu avant votre écrit monsieur camara naby. La guinée est un pays, par définition de souffrance et de gâchis. Nous détenons le records des occasions ratées. Le seul pays dans le monde qui est abandonné par ses propres enfants. Qui veut peut devenir président chez nous. Peu importe son origine, son éducation, son programme et son moral. Même si les guinéens ne realise pas jusqu'a maintenant ce qui les arrive, je demande par ce mois sacré de ramadan, que Dieu ai pitié de nous et nous aident maintenant sinon c'est serais trop tard. Ameen!!!!!!!!! | |
| Saran | 04/07/2015 10:41:20 |
| gueye, le malheur de la Guinée ce n'est rien d'autre que les Malinkés mes propres parents. Ils ne veulent voir aucun guinéen d'une autre ethnie au pouvoir et ils sont hostiles à la démocratie et à la justice. Ils sont la malédiction du pays. Je suis très heureuse que certains de nos frères intellectuels commencent à en prendre conscience. Mes félicitations et encouragements à Laye Camara qui me rappelle le digne fils de Kouroussa Camara Laye. Alpha Condé est un bandit à chasser de la Guinée. Il n'est ni malinké ni soussou ni peul ni forestier en vérité. C'est un franco-burkinabé soutenu par des mafias. | |