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Secrétariat général du BEN de l’UFD : nos propositions politiques et techniques de sortie de crise
2015-07-02 21:53:40 Chers compatriotes, avec la suspension du dialogue le 26 juin 2015, l’opposition a envoyé un signal fort au pouvoir, qu’elle n’est pas prête de continuer à discuter dans le vide. Le pouvoir et la communauté internationale, soucieux d’obtenir rapidement un accord pour aller aux élections, utilisent des manœuvres de division pour briser la fermeté de l’opposition et lui faire renoncer à ses exigences de départ, à savoir: le respect de la loi et l’application des accords signés le 3 juillet 2013. Comme appui à l'opposition lors des négociations, nous avons constitué un dossier argumentaire et de propositions de sortie de crise pouvant garantir des élections équitables en Guinée. Nous avions voulu lui soumettre ce dossier comme document de travail à l’interne. Mais étant donné que les leaders Cellou Dalein Diallo (UFDG) et Sidya Touré (UFR) ont entrepris, de façon solitaire, des négociations avec le pouvoir et la communauté internationale, oubliant d’associer les autres partis politiques qui étaient partie prenante aux négociations de la première heure, nous sommes dans l’obligation de rendre public ce document de travail, qui était destiné à un usage interne. Afin que ceux qui sont en train de négocier en ce moment au nom de l’opposition en soient instruits et avertis pour ne pas tomber dans certains pièges. Car, un échec de l’opposition cette fois-ci aura des conséquences dramatiques pour notre pays et toute la sous-région ouest-africaine. Nous devons donc faire beaucoup attention ! La volonté de Monsieur Alpha Condé pour ces présidentielles de 2015 est identique à celle de 2010 : être réélu par tous les moyens. Aujourd’hui, il a de gros moyens et tous les pouvoirs entre ses mains en Guinée. Mais on peut le vaincre si nous restons fermes, cohérents, honnêtes entre nous et fidèles à nos engagements.
Analyse des chiffres de la Ceni ! - Après le gonflement du fichier en faveur de la Haute Guinée (fief du parti au pouvoir) avant les législatives de novembre 2013, on s’est retrouvé avec 5,8 millions d’électeurs officiels en Guinée. - Suite au recensement discriminatoire et à dessein politique de 2014, la population guinéenne a été chiffrée à 10,6 millions d’habitants. - Après la révision des listes électorales d’avril/mai 2015, il s’est officiellement ajouté 1,3 millions d’électeurs sur les 5,8 de 2013 avec, encore, la part du lion à la Haute Guinée (Lire). Ce qui nous amène à un nombre de 7,1 millions d’électeurs inscrits sur une population totale de 10,6 millions. C'est-à-dire, pour l’administration et la Ceni RPG d’Alpha Condé, les 67% de la population guinéenne sont électeurs ! Du jamais vu en Afrique et dans les pays en voie de développement ! Comment cela peut-il d’ailleurs être possible si la population guinéenne de moins de 15 ans est 42% ? Pour mieux comprendre la grossièreté du régime RPG, prenons le Nigéria de la sous-région qui a une population comparable à celle de la Guinée. Au début de cette année 2015, le Nigéria qui s’est grandement mobilisé pour la présidentielle a eu 56 millions d’électeurs sur 178,8 millions d’habitants, soit 31% de la population. Cette tendance est celle de presque tous les pays en voie de développement où les enfants sont les plus nombreux.
Tirer une leçon des failles des législatives 2013 En novembre 2013, les élections ont été bâclées avec la complicité inconsciente de l’opposition. Non seulement les accords n’ont pas été respectés, mais aussi, vu le retard accumulé par rapport au calendrier adopté, les commandes des bulletins de Procès Verbaux (PV) ont été faite 4 semaines avant la date des élections. La Ceni n’a pas pu dispatcher les PV dans tous les Bureaux de Votes (BV) dans le pays. Avec l’accord des opposants, le pouvoir a fait des photocopies de PV qui ont été mises à la disposition des préfets qui en ont multiplié et rempli à leur guise pour bourrer des urnes. A la centralisation, les PV originaux et copiés étaient donc admis au même titre, à la gloire de la fraude massive. C’est pourquoi, nous ne devons pas accepter une course à la montre cette fois-ci avec des compromis arrachés à la hâte et dont les résolutions ne seront pas applicables dans le temps insuffisant, même si la bonne volonté de le faire était là. Par ailleurs, les bulletins de vote ne sont pas encore produits. Pour cela, il faudrait au moins 2 mois pour la présidentielle et 3 mois pour les communales à partir de la convocation du corps électoral. On a donc besoin de plus de temps pour l’audit du fichier et un temps d’enrôlement correctif avant d’aller à la présidentielle, même sans communales.
Propositions pour une issue équitable qui garantit la paix durable et l’Etat de droit. Vu tous les faits relatés ci-haut, l’opposition guinéenne doit désormais avoir le courage politique de constater l’échec du dialogue politique inter-guinéen et demander solennellement un arbitrage des Nations Unies et de la communauté internationale afin d’éviter, à notre pays, le scénario redouté par nombreux experts internationaux tel qu’en témoignent des experts australiens, le journal Le Monde, les fondations IMANI, IPPA, Foreign Policy, la journaliste écrivain Stéphanie BANON, l’Américain J. Peter Pham - Directeur du Centre de l'Afrique du Conseil de l'Atlantique, Franklin Cudjoe, rédacteur en chef d’AfricanLiberty.org (Lire 1, 2, 3, 4, 5). Une telle demande aux Nations Unies est d’autant plus fondée et nécessaire que, 1- depuis 2010, les partis guinéens, y compris celui au pouvoir, ont toujours contesté les résultats des élections. Ce qui fut également le cas aux législatives de novembre 2013. 2- sans arbitrage international, les accords passés avec le RPG et le régime d’Alpha Condé n’ont aucune garantie d’application. Face à un régime violent et un Président sans parole qui ne respecte pas la Constitution ni les accords signés, il ne reste plus à l’opposition, si elle est responsable et réaliste, que de constater l’évidence : l’échec ou l’impossibilité de dialogue fructueux avec le régime condé pour obtenir l’organisation des élections dont les résultats seront reconnus de tous. En conséquence, l’opposition doit renoncer à toute démarche avec le pouvoir et exiger maintenant un arbitrage des Nations Unies et de la communauté internationale (partenaires étrangers, Cedeao, Union Africaine, Union Européenne, le japon et le Canada). Seulement ainsi nous allons obtenir l’organisation des élections crédibles et transparentes en Guinée et éviter à notre pays de sombrer dans des violences postélectorales aux conséquences imprévisibles pour toute la sous-région. Toute résolution de la crise doit inclure la dissolution ou la refondation de la Ceni actuelle. En effet, cette Ceni dont la partialité et la subordination au pouvoir ne font plus aucun doute, s’est complètement disqualifiée pour organiser des élections crédibles et incontestables en Guinée. Par ailleurs, elle avait prouvé en 2013, son incapacité d’organiser une élection.
Des solutions techniques qui peuvent nous permettre de trouver un compromis, sous l’arbitrage international, permettant d’arrêter définitivement le mandat du président sortant par des voies démocratiques. Ces trois points suivants doivent être non négociables : 1- L’audit du fichier actuel et une nouvelle révision électorale pour au moins 45 jours. 2- Organiser les élections communales avant la présidentielle de 2015, conformément à la loi et aux accords du 3 juillet 2013. Les dates possibles : le 11 novembre et le 11 décembre 2015. Toute autre option de compromis serait contraire à la loi et une violation manifeste des droits de certains partis politiques et des citoyens guinéens désireux de prendre activement part aux élections locales, indépendamment des partis politiques. En effet, les élections communales et communautaires sont les seules auxquelles des citoyens guinéens n’appartenant à aucun parti politique peuvent se présenter. 3- Si les deux premières conditions ne sont pas remplies, prévoir une transition à la fin du mandat du président sortant le 21 décembre 2015. Quoiqu’il arrive nous ne pourrons aller à aucune des deux élections sans avoir ces différentes garanties par la communauté internationale (PNUD, Nations Unies, les grandes chancelleries…etc.). A moins qu’on veuille légitimer la fraude qu’Alpha Condé a préparée. Solutions de sécurité à préconiser: - Kit de sécurité des Procès-verbaux avec Code à Bulles: Il est à noter que cette encre invisible résiste à de multiples lavages y compris à l’aide de solvants. De plus, comme elle est invisible, le fraudeur potentiel ne pourra pas savoir s’il a réussi ou non à se défaire partiellement de l’encre. Un accent particulier devra être mis sur la formation et l’accompagnement pour que les solutions soient correctement mises en œuvre. Pour cela, nous rappelons que le temps sera un élément déterminant et il est donc impératif que des engagements puissent être pris rapidement. A rappeler qu’avec l’enrôlement biométrique, certains paysans, hommes ou femmes de métiers qui ont des doigts usés ou secs, pourraient ne pas pouvoir voter. Ils seront certainement nombreux en Guinée et la règle ne sera strictement respectée que dans les fiefs de l’opposition.
Allemagne, le 02 juillet 2015 Pour le BEN de l’UFD, Sadio Barry,
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