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Déclaration de l’UFD sur les conclusions du dialogue inter-guinéen


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  2015-07-14 08:57:41


UNION DES FORCES DEMOCRATIQUES (UFD
Agrément Arrêté N°1549 MI/CAD du 3/4/1992
Siège Hamdallaye II BP 3050 Conakry
ufdconakry@yahoo.fr

 

 

DECLARATION DE L’UFD SUR LES CONCLUSIONS DU DIALOGUE INTER-GUINEEN

 

Le dialogue inter-guinéen se termine en queue de poisson

 

Le Dialogue politique inter-guinéen entamé le 17 juin 2015 pour dénouer la grave crise politique que connaît notre pays a été suspendu par l’opposition républicaine le 27 juin 2015, faute d’accord sur aucun des quatre premiers points inscrits à l’ordre du jour. Par la suite, des consultations informelles ont été menées par les deux parties, avec l’aide des observateurs de la communauté internationale assistant au dialogue.

Le 3 juillet 2015, l’opposition  a été appelée en délégation restreinte à assister à une séance du dialogue. A  cette occasion, il lui a été présenté pour signature, un document intitulé :  « Dialogue Politique Inter-Guinéen – Accord du 3 juillet 2015 ».

A  l’examen, la délégation de l’opposition dont nous faisions partie   a constaté  que les dispositions contenues dans ce document ne pouvaient en aucun cas être  acceptées par elle et qu’en conséquence elle ne pouvait ni parapher, ni  signer le dit-document. La discussion n’étant  pas ouverte sur le contenu de l’ « Accord », la  délégation s’est retirée de la salle. Par la  suite, nous avons appris que le document précité a été converti en  « Accord d’étape du 3 juillet 2015 ».

 

Notre analyse des propositions faites à l’opposition

 

I. Du fichier électoral
La mise en place d’un comité paritaire d’experts (partis politiques, société civile et assistance internationale) n’est pas un dispositif nouveau pour la correction des anomalies récurrentes du fichier électoral.

La même  solution avait été mise en place entre les deux tours en 2010. Mais au lieu de  corriger les anomalies, bien au contraire, elle a permis au RPG de bourrer les  listes d’électeurs au moyen des « cartes alphanumériques » dans les  zones censées lui être favorables et de réduire le nombre de votants ailleurs,  en les privant de ces cartes. C’est l’époque où il a été enregistré un curieux  « vol » d’ordinateurs de la CENI, « disparus » puis  « retrouvés ».

En 2013, lorsque des distorsions ont été relevées dans  le fichier servant de base aux élections législatives, une commission d’experts  avait été désignée pour s’atteler à l’audit et à la correction du fichier électoral suspecté de bourrages, à la suite de multiples campagnes de révision. Il n’en a rien été. Les experts n’ont jamais pu travailler sérieusement sur le fichier, l’administrateur du système refusant catégoriquement de coopérer avec eux.

Le scrutin de du 28 septembre 2013 s’est donc déroulé selon le scénario originel voulu par le pouvoir : fichier électoral corrompu, bourrage des urnes, bureaux de votes clandestins ou fictifs, falsification de procès-verbaux, désorganisation des affectations des électeurs aux bureaux de vote, annulation massive de bureaux de vote dans les zones ayant voté pour l’opposition, etc. Le même dispositif adopté en 2015 ne donnera pas plus de résultats que les années précédentes. Pour s’attaquer sérieusement à ces fraudes massives dénoncées par l’opposition, preuves irréfutables à l’appui, il aurait fallu que l’accord contienne des dispositions techniques précises et  contraignantes pour la CENI. A défaut d’obtenir l’annulation des révisions de 2015, le minimum aurait été d’auditer le fichier et d’annuler toutes les inscriptions illégales qui y sont contenues. Le pouvoir, bien organisé pour  jouer la montre, va sans doute répondre : « trop compliqué, on n’a plus le temps… », comme à son habitude.

2. De la CENI 
Le texte proposé de l’accord reconnaît explicitement la présence d’inscriptions illégales dans le fichier. Ceci est une preuve irréfutable de l’assujettissement de la CENI au pouvoir dont elle s’est rendue activement complice. De ce fait elle a perdu toute légitimité car n’étant ni neutre ni indépendante des acteurs politiques. C’est pour cette raison que l’UFD a refusé de participer aux démembrements de la CENI. Aujourd’hui, celle-ci s’appuie sur la présence de l’opposition dans ses différents organes, démembrements et CARLE pour tenter de dégager sa responsabilité sur les enrôlements illégaux massifs dénoncés. De plus, aucune solution concrète n’a été prévue pour sanctionner ces manquements et trouver des solutions correctives viables. On parle de l’extraction des inscrits illégaux, mais rien n’a été dit sur les citoyens exclus du droit de vote par les manœuvres de la CENI, particulièrement à l’extérieur.

3. Respect du principe constitutionnel de neutralité de l’Administration publique
Le projet de texte confie au pouvoir exécutif qui est l’auteur de toutes les violations dénoncées, le soin de veiller au respect de sa neutralité. Il n’y a aucun dispositif efficace de contrôle et de recours contre le non-respect de ce principe, la justice, elle aussi assujettie au pouvoir exécutif étant au mieux, hors course, au pire complice. L’appareil d’Etat est le principal acteur des fraudes électorales en Guinée. Même la présence sur le terrain d’observateurs internationaux n’y a rien changé. En 2013, certains d’entre eux ont assisté en direct à de ces violations de la loi et en ont parlé, mais leur présence et leurs rapports n’ont eu aucune influence sur le cours des événements.  L’opposition a de son côté largement dénoncé, faits à l’appui, les fraudes massives perpétrées par l’Administration et les forces de sécurité au cours du scrutin. Rien n’y fait ; le pouvoir continue d’utiliser les méthodes dictatoriales de toujours pour frauder à ciel ouvert. 

4. Des délégations spéciales et des conseils communaux
Le pouvoir ayant tout fait depuis 2014 pour empêcher que les élections communales et communautaires ne se tiennent avant les élections présidentielles, veut piéger l’opposition dans un « arrangement » consistant à se partager ces conseils par cooptation, sans élection. Une fois de plus, le pouvoir RPG qui est installé dans les actions illégales violant la Constitution et toutes les lois de la République, veut cette fois y engager l’opposition. Faut t-il le rappeler, la seule fois où des postes électifs ont été attribués par désignation (Présidence de la Transition et Conseil National de la Transition), c’était au cours de la transition et pour une durée exceptionnellement courte. Cette manœuvre grossière servira à diviser l’opposition, tout en la mettant sur le même pied que le pouvoir qui ne respecte pas les lois.

Au final, malgré la bonne volonté de la communauté internationale pour résoudre la crise guinéenne, il est clair que le document présenté ne résoudra aucun des graves problèmes posés, tant la mauvaise foi du pouvoir est avérée. C’est un catalogue de vœux pieux, du déjà vu, sans aucun effet pratique.

La lutte du peuple de Guinée pour recouvrer son droit souverain à choisir librement ses dirigeants, se débarrasser une bonne foi de la dictature de la confiscation du pouvoir par une minorité au moyen d’élections truquées et conduire sa destinée vers un avenir meilleur, doit plus que jamais, continuer. Nous appelons l’opposition républicaine à rester unie, solidaire et vigilante dans l’exigence du respect du droit en général et de la Constitution en particulier, pour mériter la confiance des populations durement éprouvées après 57 ans de misère, d’Etat de non-droit et de décadence.


Fait à Conakry, le 13 juillet 2015
Pour l’UFD, le Président
Mamadou BAH Baadiko


 

4 commentaire(s) || Écrire un commentaire

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VOS COMMENTAIRES

Souadou14/07/2015 09:36:36
Un bon communiqué riche d'informations et position claire et louable. Vous aurez notre soutien cette fois-ci In Cha'Allah!
Djiwoun Daka14/07/2015 13:28:33
Bravo UFD! Seul vrai parti d'opposition de la Guinée aujourd'hui. J'espère que les électeurs guinéens ne seront pas nigauds cette fois-ci.
salahl14/07/2015 18:16:27
La clarté
Alphadio DIALLO18/07/2015 08:37:35
C'est désormais clair, si les responsables Guinéens veulent être crédibles et mériter la confiance des populations Guinéennes, le respect du droit et de la Constitution de notre pays s’impose ; fini la pagaille tout azimut et la corruption à outrance qui clouent au pilori tout espoir d’améliorations des conditions de vie de nos enfants. Nous devons désormais penser à ces populations qui depuis près de 57 ans peinent à joindre les 2 bouts. Le bras de fer en cours entre l’opposition et le pouvoir doit être mis à profit par tous les responsables Guinéens (pouvoir et opposition) pour changer le visage sombre et négatif que donne notre pays aux yeux de l’Afrique et du monde ; c’est une occasion unique et la société civile doit prendre ses responsabilités pour que chacun mette en veilleuse son MOI afin de défendre l’intérêt supérieur de nos populations et de notre pays.