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90eme Anniversaire du décès de Thierno Mamoudou Laria (1850-1925)
Thierno Mamoudou Laria (1850-1925), ancien Imam râtib de la grande mosquée de Labé : Notice biographique sur sa vie A la différence de certains peuples, les premières communautés peules qui se sont converties à l’islam, religion du prophète Mohamed (PSL), l’ont fait librement sans contrainte extérieure. Cette attirance spontanée éprouvée par le peuple peul vis-à-vis de l’Islam a fini par produire, dans le Fouta et au fil des siècles, de nombreux érudits (wali) dont la sainteté est reconnue de tous. Au nombre de ces érudits, on peut citer, pour le XIX siècle et dans la région de Labé, Thierno Sadou Dalein, Thierno Samba Mombéya, Alpha Oumar Rafiou Daara, Thierno Doura Sombili, Thierno Bakar Poty, Thierno Saidou Bolâro, et Thierno Mamoudou Labe Dhepperé,…; pour la période couvrant la fin du XIX siècle et le début du XX siècle, on peut citer, Thierno Mamadou Cellou Sombili, Thierno Abdourahimi Koula, Thierno Mamadou Cherif Zaawiya, Thierno Aliou Bhouba N’Dian, et Thierno Mamoudou Laria. Qui était Thierno Mamoudou Lariya dont nous célébrons le 90éme anniversaire de son rappel à son Seigneur ? Thierno Mamoudou Lariya appartient à une lignée de personnages qui prend son point départ le plus connu à Mama N’Guéring et qui comprend de grands Maitres du Saint Coran. Parmi ceux-ci, figurait : -Son troisième arrière-grand-père Thierno Ibrahima N’guérianké, cousin et compagnon de lutte de Karamoko Alpha Mo Labé pour l’instauration de l’islam au Foutah et à qui il confia sa première mosquée à Missidé Hindé. De quoi va s’occuper alors Thierno Mamoudou Laria ? Il s’occupe de questions religieuses et non religieuses. Au titre d’activités religieuses, il exerce la fonction d’Imam à la mosquée de la Labé, fondée par Karamoko Alpha. Il écrivit des poèmes, des textes théologiques et des récits historiques du Foutah . Il transcrit et traduit un nombre considérable de corans, de hadiths, d’ouvrages littéraires arabes, et de traités islamiques divers. Thierno Mamoudou Lariya s’adonne, en plus, à des activités de formation à Ley-saré Labé, à Lariya et N’goumpé où il finit par résider (en retraite spirituelle). Parmi ses disciples figurent :
Dans ce travail de formation, Thierno Mamoudou Laria fit preuve d’une grande rigueur à l’égard de ses disciples. Au titre des activités temporelles, Thierno Mamoudou Laria fut un grand acteur de l’élevage. Sa réussite, dans ce domaine aussi, est telle qu’il figura parmi les personnalités prospères de la région. Prospérité dont il fit bénéficier ses amis et de nombreux autres solliciteurs. Sa générosité doublée de son érudition, de son humilité et de son intégrité morale firent de Thierno Mamoudou Laria une personnalité appréciée de tous. Avant l’entrée des colons, il fut juge à Labé au temps du règne du roi Alpha Ibrahima, père de Alpha Yaya Diallo. Lorsque s’installera un régime politique nouveau, à savoir le régime colonial, Thierno Mamoudou Laria grâce à son honnêteté reconnu dans le terroir fut choisi par les administrateurs coloniaux pour la résolution des problèmes sociaux de l’heure, notamment ceux relatifs à la justice des hommes, exercée par une nouvelle institution : Le tribunal indigène. Recruté au tribunal de Labé, Thierno Mamoudou Laria, refuse le salaire qu’on lui propose au prétexte qu’on ne doit pas être rémunéré pour avoir dit la vérité. L’intégrité de Thierno Mamoudou Laria est telle que Paul Marty, administrateur des colonies, en fait état dans son volumineux livre « L’Islam en Guinée » : «Thierno Mamoudou N’guérianké, de la tribu des Dialloubhé est né vers 1850 à Labé. Il y réside, maître d’une école florissante. Il a été président du tribunal de Labé. Il passe pour un grammairien et un juriste de valeur. C’est un caractère droit et honnête ». Lorsque les colons modifièrent le fonctionnement de la justice indigène, Thierno Mamoudou, n’étant pas d’accord avec cette nouvelle justice non conforme à la jurisprudence islamique, démissionna du tribunal. Cette démission ne resta pas sans conséquence, il fut l’objet de plusieurs enquêtes des colons pour éventuellement le déporter, c’est pourquoi Thierno Diawo Pellel écrit : « Nde o windanoo ñaawoowo, Porto e tuume mun, neli ankitoowo mo, tawno suhtu o meemataa ». Thierno Mamoudou Laria, imam râtib de la mosquée de Labé, décède en 1925, estimé et respecté de tous, notamment des érudits qui l’ont côtoyé. En témoignent les poèmes écrits par certains d’entre eux à l’occasion de ce décès, citons quelques extraits de ces poèmes.
« Cheik Mahmoud est une satisfaction (pour la société), il est possesseur de plein de moralité»
« Notre pôle (Thierno Mamoudou) surpasse l’époque ,
« Le plus honnête de tout le Fouta Djallon et le plus juste
« C’est un cheikh, Saint (wali), pieux, savant, bienfaiteur « Waliyaaɓe ɓen maakii wa makko e jangugol Pour compléter cette courte notice biographique, nous lui adjoignons l’arbre généalogique que Thierno Mamoudou a dressé et complété par son arrière-petit-fils le professeur Elhadj Abdoul Gouddoussi Diallo.
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