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2015-09-03 13:00:20
Qui d’Autre Pour Construire la Nation “Guinée”
Les victimes d'hier, les bourreaux d'aujourd'hui et malheureusement le cycle risque de ne pas s'arrêter. C'est tout de même dommage que ce dont Alpha Condé accusait hier Lansana Conté est la même chose dont il est accusé aujourd'hui par son opposition. C'est pour vous dire que chez nous, les hommes changent, mais le système demeure.
Hier il fut prisonnier politique de Lansana Conté mais aujourd'hui il a lui aussi ses prisonniers politiques. Pourquoi AOB, Jean Guilavogui, Fatou Badiar et une trentaine d’autres croupissent en prison pour l'attaque à son domicile privé alors que lui qui dit avoir failli perdre sa vie dans cet attentat ne s'empêche de faire la cour à Sadakaaji qui est pourtant l'un des accusés dans cette affaire?
Hier il aurait tout donné afin d'obtenir de Lansana Conté des élections transparentes et crédibles. Aujourd'hui, il est l'un des obstacles à l'organisation d'élections transparentes en Guinée. C'est quoi la démocratie selon M. Alpha Condé? Pourquoi faut-il qu'il y ait des morts pour simplement négocier ou organiser des élections alors qu'il déclare partout s’être battu pour la démocratie pendant plus de 40 ans?
Il avait pourtant toute la chance de devenir un grand homme pour la Guinée. Mais malheureusement, il n'a pas encore pu saisir cette opportunité car la conquête et la préservation du pouvoir semblent le préoccuper plus que la construction d'une Nation.
Une nation ne se définit pas par un pont ou un poteau. Ce n'est pas non plus une simple addition de villages ou de villes. Le drapeau ou l'hymne ne sont que des symboles d'un Etat mais ils ne constituent pas l'essence de la Nation. Une Nation se définit non seulement par un idéal partagé, une identité commune dans laquelle se reconnaissent toutes les composantes sociales du pays, mais aussi par un pouvoir équitable dans la répartition des chances et des opportunités.
Le repli identitaire n'est que l'expression de l'échec de nos gouvernants dans la construction de la Nation guinéenne. Si chaque individu qui arrive au pouvoir ne se préoccupe que de sa personne et de son clan, la logique humaine voudrait que chaque clan se batte pour l'arrivé d'un de ses membres au pouvoir. Par conséquent la république (Res Publica: chose commune) se vidant de son essence, les individus s'identifieront beaucoup plus par leur clan que par la nation car la "Res Publica" ou chose publique n'étant pas réellement commune.
Les colons à leur départ nous avaient légué un pays conçu pour des besoins coloniaux du raccommodage de territoires disparates. Il était de notre responsabilité d'en faire une Nation en fusionnant ces composantes en une seule entité. Malheureusement, au lieu de la fusion dont on avait besoin, nos leaders qui ont hérité de ce pays à l'indépendance ont plutôt amplifié cette disparité sociale et territoriale dans le but de régner en maîtres absolus et profiter du peuple.
Nous avons plus que jamais besoins de patriotes de la trempe de Georges Washington des Etats-Unis qui au terme de son deuxième mandat avait volontairement quitté le pouvoir pour retourner à sa ferme sans que la Constitution ne l'en exige. D'ailleurs, en 1782 face aux graves disfonctionnements au sein du Congrès de l'époque, un colonel du nom de Lewis Nicola lui avait proposé de faire des treize colonies (états) une monarchie et d'en devenir le roi. Proposition qu'il considéra abominable et répréhensible et alla jusqu’à menacer de sévir contre le colonel si jamais cette idée se répandait.
Imaginez un peu ce que seraient devenus les Etats-Unis, si Georges Washington, cet officier supérieur et héro de la guerre de révolution devenu le premier président avait succombé aux idées du colonel Nicola ou s'il s'était cramponné au pouvoir considérant sa popularité? Que serait devenue l'Espagne si Alfonso Suarez n'avait pas osé aller contre la sagesse populaire ou les intérêts de la droite espagnole dont il faisait partir pour négocier avec les socialistes et libérer les prisonniers politiques? Que serait devenue l'Afrique du Sud sans la vision de Mandela qui lui aussi a renoncé au pouvoir après un seul mandat et a surtout encouragé le pardon contre la volonté de beaucoup de membres de l'ANC?
La construction d’une Nation inclusive à partir de la refonte de ses composantes sociopolitiques est donc indispensable pour l’avenir de notre pays. Nos intellectuels et les différentes forces politiques soucieuses de notre avenir devraient conjuguer leurs efforts pour assurer l’avènement de cette Nation inclusive avant qu’il ne soit trop tard.
Abdoulaye Barry,
Portland, USA
ajbarry@live.com
VOS COMMENTAIRES | |
| Tanou Lelouma | 03/09/2015 15:00:32 |
| La construction d'une nation ne saurait etee l'oeuvre d'une seule person mais d'une avant-garde visionaire et comprenant comme disent nos 'politologues' Guineens la 'realite des choses' (sic). Comprendre que les etats de la sous-region ont ete crees de toute pieces donc artificiels par les colons pour pereniser leur domination est comme un 'nevrose' qui ne saurait chercher une therapie que lorsque conscient de ses dysfonctionnement psychiques. Il est temps d'accepter que la nation Guineenne est un leurre et hallucination pour enfin nous engager dans la craie lutte: Detruire la Guinee pour que naisse le Soudan Occidental. A la victoire, nous tendrons nos mains fraternelles a nos parents et allies du Senegal, de la Gambie, dd la Guinee Bissau pour la creation d'une Federation Democratique du Soudan. Si les Maliens veulent s'y associer alors nous leur ouvrirons nos portes. Tout autre solution nous voue a la pauvrete eternelle et les echecs repetitifs mais surtout une patrimonialisation de nos ressources par de faux type de la trempe de Bernard Couchoneur, Bony Blair et autre petits sorciers blanc. Dartagol fii Dimankaku Fouta Djallon | |