|
|||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
Guinée: le rapport accablant des experts sur le fichier électoral et le trucage d'avance de la présidentiellePar Cheikh Yérim Seck
Chers lecteurs, à la lecture de cet article, à part le dégout et la honte d’être Guinéens, nous sommes étonnés de trois choses :
L’opposition avait accepté d’aller aux législatives sans correction du fichier illégal de Waymark. Pour cette présidentielle, elle permet d’aller aux élections avec les anomalies cumulées de 2013 et de 2015. Malgré tout, il y a des partisans de nos faux leaders et kamikazes politiques qui croient à leur victoire à cette élection ?! Le caractère ethnico-apartheid du régime RPG apparaît dans sa forme la plus insolente à travers le travail du ministère de l’Administration et de la Ceni, tous dominés par des Malinkés. Les intellectuels de cette communauté ne devraient pas fermer les yeux devant ces manœuvres ethnico-criminelles qui vont avoir des répercussions sociopolitiques néfastes et durables en Guinée. Alpha Condé a poussé trop loin son cynisme parce qu’il n’a pas d’adversaire valable en face de lui. Il devrait cependant prendre en compte la frustration du peuple qui peut découler de cette supercherie injurieuse à l’égard du peuple de Guinée. Cette élection risque de contribuer à davantage détruire la société guinéenne et à éloigner les Guinéens par appartenances ethniques et régionales. Alpha qui orchestre ces crimes et ses adversaires qui les cautionnent sont tous coupables, bien qu'à des degrés différents, du grand malheur qui risque de s’abattre sur la Guinée après le 11 octobre. Où sont les menteurs autorisés Albert Bourgie, François Soudan, Pierre Benoit, Olivier Roger et Marie-Roger Biloa des médias JA, RFI, TV5, Le Monde et Africa International ? Nous prions Dieu que cette élection puisse servir d’occasion pour débarrasser la Guinée d’Alpha Condé et ses adversaires anciens ministres des régimes dictatoriaux et corrompus, ensemble ! Ci-dessous le rapport des experts du comité technique de suivi et de consolidation du fichier électoral que nous nous sommes procuré et que nous publions dans son intégralité... Nous avons représenté l’opposition au comité technique de suivi et de consolidation du fichier électoral selon l’accord politique du 20 Août 2015. Les objectifs de la mission du Comité de Suivi de la Consolidation du fichier électoral sont principalement les suivants, comme indiqués dans l’Accord Politique du 20 aout 2015 : - de veiller à ce que les opérations de consolidation du fichier et de la finalisation de la liste électorale se déroulent dans la transparence, conformément au chronogramme technique et au cadre légal ; En attendant le rapport définitif des représentants de l’opposition et vu l’accélération des événements, je vous transmets une note synthèse résumant nos travaux et ses résultats. Il reste malheureusement plusieurs points non satisfaits, notamment : - La visualisation d’échantillons d’électeurs nés soit le 01/01 ou le 01/07 ayant entre 18 et 25 ans inclus et inscrits en 2015 que nous soupçonnons contenir des mineurs Plusieurs difficultés ont été rencontrées par le comité technique durant cette mission : - La restriction de l’accès aux informations, pour lesquelles la CENI nous demande, assez souvent, d’adresser un courrier au président de la CENI pour obtenir une autorisation I. Les traitements en cours au site central de la CENI Pour notre premier jour de travail au site central de la CENI (le dimanche 06 Septembre 2015), la CENI nous a présenté la liste des traitements en cours qui se résument en : o La création de nouveaux bureaux de votes suites aux remontées des missions de terrain A cette date, aucune région administrative n’avait été complètement traitée. Tous les opérateurs étaient en train de traiter la région de Nzérékoré sur laquelle ils avaient déjà passé 7 jours. II. Les statistiques globales Constats et résultats : Les résultats ci-après ont été constatés directement sur la base de données du fichier électoral : o Nombre d’électeurs du fichier 2013 : 5 206 118 Dont 1 409 940 issus des nouveaux inscrits de 2015 En revanche, le fichier du 2015 comporte 1 083 électeurs qui n’ont pas de photos « No Facial » et un nombre beaucoup plus importants d’électeurs dont les fichiers de photographies sont corrompus et illisibles estampillés « REVISION ». Ce nombre est inconnu mais très important. En outre, le Comité a remarqué une surreprésentation (entre 48,7% et 64,0%) des nouveaux électeurs se trouvant dans la tranche d’âge de 18-25 inscrits sur le fichier de 2015, dans les circonscriptions électorales suivantes : Faranah, Kissidougou, Kankan, Kérouané, Kouroussa, Mandiana, Siguiri, N’Zérékoré, Ratoma et Beyla. Cela devrait pousser à plus d’investigations pour comprendre les raisons. Aussi, le Comité signale des écarts importants dans le nombre d’inscriptions nouvelles en 2015, présentant un déséquilibre régional entre les trois régions administratives de Kankan, Conakry et N’Zérékoré représentant la majorité des nouvelles inscriptions. Analyse La CENI a indiqué que les électeurs qui ne possédaient pas de photo en 2013 ont été intégralement déversés dans le fichier de 2015. Il existe donc un nombre important d’électeurs de 2015 ne possédant ni photo ni empreintes biométriques. Il existe une disparité importante entre les différentes régions administratives: le corps électoral de la région de Kankan a augmenté de 50% en 2 ans. III. L’identification des mineurs Constats et résultats: L’opposition a de fortes présomptions que des mineurs ont été enrôlés dans le fichier avec des dates de naissance qui masquent leur minorité. Pour avoir constaté que la majorité des mineurs recensés et affichés sur les listes ont souvent pour jour et mois de naissance le 01 janvier ou le 1er juillet, l’opposition a souhaité effectuer des requêtes sur ces critères, sur la liste d’électeurs inscrits en 2015: Soit un total de 599 248 électeurs inscrits valides nés les 01/01 ou les 01/07 sur une population totale de 1 409 940, soit 42% des électeurs nouvellement inscrits en 2015. 243 196 personnes parmi ces 599 248 électeurs ont entre 18 et 25 ans. Près de 40% de cette population se trouve dans les préfectures de Siguiri et Kankan. L’opposition a souhaité regardé un échantillon de 5% de ces 243 196 personnes, la mouvance s’est totalement opposée. Il est impossible que près de 600 000 personnes soient nés à 2 dates sur une proportion de 1 400 000 personnes. Nous avons de fortes présomptions que plus de 50% de cette population soit des mineurs. IV. Les doublons Constats et résultats: Le nombre total de doublons dans le fichier unifié de 2015 est de 544 608 électeurs dont 57 549 électeurs provenant des nouveaux inscrits de 2015 et 487 059 provenant du fichier 2013.
Analyse La procédure de dé-doublonnage utilisée par la CENI présente des limites certaines favorisant la mouvance et défavorisant l’opposition. La procédure fonctionne comme ci-après : Ces 2 ou 3 électeurs sont alors affichés sur l'écran d'un opérateur de la CENI qui arbitre en, regardant les photos et répond par oui ou non (pour confirmer ou pas si c'est un doublon). Malheureusement, 80% des opérateurs de saisies sont des proches de la mouvance recrutés par Mme Camara Djenabou Touré, directrice adjointe de la planification de la CENI, représentante du ministère de l'Administration du territoire qui biaise tout le travail en fonction de la volonté de la mouvance. Ces opérateurs répondent systématiquement par NON (Ce n'est pas un doublon) quand l'électeur vient d'un fief du pouvoir (SIGUIRI, KANKAN etc...) ou porte un patronyme (CONDE, Diawara etc...) originaire de cette région et par OUI (C'est un doublon) quand la personne est originaire d'une région de l'opposition (Fouta, Ratoma, Boffa etc..) ou un patronyme originaire de cette région (Diallo, Balde, Soumah etc...). La commune de Ratoma à elle seule a eu 63 598 doublons sur près de 500 000, soit près de 13%. Les représentants de l'opposition ont demandé de voir la liste des personnes qui ont été détectées par la machine comme doublons probables et qui ont été ensuite considérés par l'opérateur comme "NON DOUBLON". La CENI et la mouvance ont refusé en prétextant que cela n’est pas inscrit dans nos requêtes qui pourtant étaient juste indicatives. Analyse Les représentants de l'opposition soupçonnent que les opérateurs aient considéré toutes les personnes détectées par la machine et originaire des fiefs du pouvoir comme des "Non doublons" même si c'était le cas. Nous avons de fortes présomptions sur l’existence de doublons certains parmi les électeurs originaires des fiefs du pouvoir notamment. V. Les bureaux de vote Constats et résultats: A la date du 08 Septembre, 14 426 bureaux de votes avaient été créées. La répartition de ces bureaux de vote dénote un déséquilibre certain favorisant la mouvance : o La région de Kankan, bien que n’étant pas la région avec le plus d’électeurs est celle qui a le plus de bureaux de votes : 2 724 Alors que le nombre d’électeurs maximum par bureau de vote est fixé à 750, les régions de Kankan et Faranah ont plus de 80% de leurs bureaux de votes avec moins de 500 électeurs (1078 pour Faranah et 2066 pour Kankan). Ce qui donne un avantage certain à cette région par rapport aux autres notamment celles réputées être de l’opposition. Il existait encore, au 10 Septembre, 663 bureaux de votes avec plus de 750 électeurs et 170 bureaux avec plus de 1000 électeurs. Il est à noter que certains électeurs notamment de 2015 ont été affectés aux bureaux de vote par un programme automatique. Ce qui pourrait emmener certains de ces électeurs à être affecté à un bureau de vote éloigné de leurs domiciles. Analyse La répartition des bureaux de votes crée un déséquilibre certain favorable à la mouvance. Constats et résultats: Analyse En superposant simplement ces trois (3) tâches, il est impossible de respecter le délai légal de 30 jours de distribution des cartes électorales et aller aux élections le 11 octobre.
VII. Autres La CENI a commencé à imprimer les cartes d’électeurs: - avant d’avoir un fichier électoral consolidé En privilégiant encore une fois les fiefs du pouvoir : Kankan et Siguiri ont été imprimés en premier alors que la région de Nzérékoré, la plus éloignée de toutes, devait être la première.
VIII. Conclusions N’ayant pas eu accès à l’échantillon de photos demandé, le comité technique ne peut se prononcer sur la qualité du fichier. Par contre, les présomptions des représentants de l’opposition ont été renforcées par le nombre de personnes nées à ces deux dates. Le traitement des doublons ayant été fait de façon sélective par des opérateurs majoritairement favorables à la mouvance, cela porte préjudice à l’opposition. Le refus de la CENI de nous présenter l’historique de traitement des doublons probables conforte notre position sur cette question. Les délais nécessaires pour finaliser les tâches, en cours et à venir, ne permettent pas de respecter les délais légaux du code électoral et aller aux élections le 11 octobre. IX. Recommandations L’opposition doit exiger: o L’épuration et la consolidation du fichier électoral avant d’aller à cette élection. Il y a suffisamment de biais dans la gestion du processus électoral actuel pour que la CENI puisse déclarer injustement le candidat du RPG-Arc-en-ciel vainqueur ; l’opposition ne devrait donc pas participer à ces élections dans le contexte actuel.
Mardi 22 Septembre 2015
10 commentaire(s) || Écrire un commentaire
|
|||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
|
|||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||