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2008-09-21 11:15:01
Suite à mon intervention relative au dernier posting de notre compatriote Ibrahim Diallo de Londres, ma réponse (privée) a été présentée sur certains sites comme une chronique avec ma photo mais sans mon aval.
Toutefois, je revendique le contenu publié même si je me dois d’étayer mes propos en utilisant un langage plus académique par rapport aux 2 principaux points abordés :
- l’aide substantielle que nous apportons à nos parents restés sur place et qui pérennise, de facto, le système que nous dénonçons,
- les divers moyens de pression à utiliser pour faire prévaloir notre poids face à des décideurs qui nous prennent encore et toujours pour des citoyens de seconde zone.
Comment la Guinée pourrait-elle se développer si elle continuait de mépriser toute une frange de sa population qui va des jeunes aux femmes, en passant par ses centaines de milliers de compatriotes qui vivent à l’étranger? Même si nous nous perdons en conjectures sur un chiffre qui oscillerait autour des 2 millions d’individus, il ne serait pas faux de déclarer que près de la moitié de la population guinéenne aurait vécu hors du territoire national pendant plusieurs années, surtout durant la période de la répression sanguinaire du PDG.
Pourquoi n’aurions-nous pas le droit d’intervenir dans les prochains scrutins ? Que resterait-il des projets prévus par l’ancien ministre des Guinéens de l’extérieur ? Notre silence ne serait-il pas un aveu d’impuissance et un quitus ? La Guinée devrait-elle être gérée ad vitam aeternam uniquement par ceux-là mêmes qui auraient échoué depuis 50 ans ? Où est le château d’eau de l’Afrique et que dire du scandale géologique ? Cette « malédiction » pitoyable et acceptée par fatalisme ne serait-elle pas volontaire et coupable? Il est temps de se faire entendre.
Il est temps que nos gouvernants prennent en compte tous ces Guinéens qui ne demandent qu’à servir leur pays selon leurs moyens et leurs domaines de compétences. Plusieurs pays donnent un exemple éloquent dans le cas d’espèce en les faisant représenter jusque sur les bancs de l’assemblée nationale et par des programmes d’appels d’air pour un retour massif dans le domaine de l’investissement et de la transmission de l’expérience acquise à l’étranger. Il est temps que la Guinée compte enfin sur ses propres forces plutôt que de tendre la main ou de prendre les prochaines générations en otage par une dette incontrôlée et incontrôlable.
Ces Guinéens, patriotes pour la plupart et qui ont mal du spectacle affligeant que donne notre pays, devraient sortir des sentiers battus, des querelles partisanes, des schémas de salon, des considérations ethno-stratégiques pour se lever comme un seul homme. Ils l’ont prouvé à suffisance à chaque fois que le besoin se faisait sentir.
Voici entre autres, quelques actions déterminantes dont la liste n’est pas exhaustive :
- Le refus de convoyer un seul médicament ne ferait pas de la Guinée un cimetière.
- Le refus d’envoyer le plus petit des centimes ne ferait pas des Guinéens des éternels assistés.
- Le refus de poursuivre les chantiers en construction ferait baisser les coûts des matériaux au grand dam des requins qui ne permettent plus au guinéen lambda de se doter d’un toit.
- Le refus de se rendre au pays ne pousserait pas Air France à mettre la clé sur la porte.
Par contre, cette attitude citoyenne ferait bouger les choses, au point de dépasser la plus contraignante des embargos économiques ou des résolutions de l’ONU.
De plus, une action concertée avec les jeunes pourrait aller jusqu'à interdire le fonctionnement de tout groupe électrogène tant que nos nuits seraient dérangées par ce tintamarre. C’est à ce prix que nous serions tous logés à la même enseigne face au système D.
Dans la Guinée du « tous coupables » un simple fonctionnaire ou un sans-emploi dealer pourraient cumuler toutes formes de facilités de vie au milieu de la misère ambiante, recevoir des vivats et faire des émules.
De ce fait, il reste clair qu’une action de cette envergure, serait le point de départ de la résolution de tous nos problèmes à travers une justice aveugle (non divine) vis-à-vis de tous, une politique rigoureuse qui enfanterait des plans de développement pour le bien-être généralisé…. le retour aux vertus cardinales de l’éthique, du mérite et du partage équitable des richesses nationales.
Le Président Mandela n’avait-il pas insisté pour la rigueur de l’embargo tout en sachant que c’est la communauté noire qui en payait un lourd tribut, mais pour quel résultat in fine ?
Croyez-vous que Mugabe aurait lâché du lest si son pays avait été aussi abandonné que la Guinée par la communauté internationale ?
Ce n’est pas un appel à la pagaille, à l’anarchie, à l’instabilité ni à la révolution « guinéenne ». Mais le juste retour des choses, comme cela se pratique dans tous les pays qui voudraient vivre en paix et se développer.
Plus que le Régime décrié à faire chuter, c’est le système vicié et verrouillé à la base qui devrait être la cible principale, sinon tout projet politique qui en découlerait serait moribond.
Qui avait dit a kha dan ? Donc, il est temps d’agir si nous voulons compter sur nous-mêmes car plus personne ne semble s’inquiéter du devenir de la Guinée, notre chère patrie.
El Hadj Soumah
Paris
Contact : esoumah@hotmail.com
VOS COMMENTAIRES | |
| GuineePresse.info | 21/09/2008 11:45:14 |
| "Suite à mon intervention relative au dernier posting de notre compatriote Ibrahim Diallo de Londres, ma réponse (privée) a été présentée sur certains sites comme une chronique avec ma photo mais sans mon aval." Bonjour monsieur Soumah et merci pour vos remarques ! Si nous sommes concernés par cette remarque, alors nous vous présentons nos excuses d'avoir également publié ledit texte ! Ça été donc un malentendu. Car, comme d'habitude, nous avons reçu un texte venant de vous avec le titre : "Réaction à l'article du frérot Ibrahim" et l'entête : "Mes chers compatriotes," Son contenu n'avait rien de privé et le message a été adressé à un groupe de personnes y compris des administrateurs de sites. Alors, on ne pouvait imaginer qu'il n'est pas destiné à la publication. Excusez-nous tout de même ! Prochainement, nous vous prions soit de réagir à la seule personne ou mentionner à ne pas publier. Cela éviterait ce genre de malentendu. Car, il y a des internautes dont nous publions les textes sans même nous donner la peine de lire d'abord le contenu. C'est le cas A. Doré, Jacques Kourouma, Makanera, Kylé, Ollaid, Oumar Cissé, Dramane Touré, A. Sidimé etc. et de vous-même. Car, sachant que même si on peut ne pas partager l'opinion, le texte en question resterait conforme aux règlements. Merci et bon week end à vous ! | |