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Le nouveau président de l’Afrique-du-Sud :

Kgalema Motlanthe


2008-09-22 16:47:46

Le parti au pouvoir en Afrique-du-Sud, l’ANC, a désigné lundi son vice-président, Kgalema Motlanthe, président de la République avec pleins pouvoirs jusqu’aux prochaines élections, au lendemain de la démission du chef de l’Etat, Thabo Mbeki.

Kgalema Motlanthe : retenez bien ce nom qui reviendra souvent sur la scène politique africaine... Kgalema Motlanthe est le nouveau président de la République d’Afrique-du-Sud. Il remplace Thabo Mbeki, évincé par son parti, l’ANC.

Le groupe parlementaire de l’ANC, qui détient plus des deux tiers des sièges à la Chambre des députés, s’est réuni dans la matinée au Cap, siège du Parlement, pour nommer son candidat. Formellement, celui-ci sera ensuite élu par les députés et pourra former son gouvernement, qui dirigera le pays jusqu’à de prochaines élections générales.

"Un président... pas un président par intérim", précise l’ANC

M. Motlanthe "sera le nouveau président, pas un président par interim, il sera le président de la République jusqu’aux élections" générales au 2ème trimestre 2009, a déclaré le porte-parole du groupe parlementaire du Congrès national africain (ANC), K. K. Khumalo. Un président par interim n’aurait pu qu’expédier les affaires courantes du pays.

Avec les pleins pouvoirs liés à sa fonction, M. Motlanthe pourra constituer un vrai gouvernement de transition. Son choix semble témoigner d’une volonté de pondérer la crise née de la décision du comité directeur de l’ANC, qui a retiré samedi sa confiance à M. Mbeki, l’appelant à la démission sans attendre l’alternance découlant des élections générales.

Une alternative à Jacob Zuma

Lorsqu’il avait accédé à la vice-présidence de l’ANC, lors d’un congrès en décembre 2007 qui avait renversé le camp Mbeki pour porter celui de Jacob Zuma à la direction, M. Motlanthe avait été présenté comme un candidat potentiel à la présidence de la République, alternative au controversé tribun zoulou.

Ce stratège politique de 59 ans, connu pour sa modération, est l’une des figures les plus populaires de la nouvelle équipe dirigeante du parti. Il a ces derniers mois mené une campagne de réconciliation dans le pays, visant à rassurer la minorité blanche et les investisseurs étrangers inquiets de la réputation populiste de M. Zuma.

M. Motlanthe avait intégré le gouvernement Mbeki il y a quelques semaines afin d’assurer une transition en douceur pour le camp Zuma, en tant que ministre à la présidence.

Assurer une transition en douceur

Le président Mbeki, 66 ans, évincé par son parti après neuf ans à la tête de l’Etat, avait remis dimanche sa démission au Parlement. Une démission qui devait prendre effet à compter de jeudi (25 septembre).

En Afrique-du-Sud, le président n’est pas élu directement par le peuple, mais par le Parlement. Tirant sa légitimité de sa désignation par l’ANC, M. Mbeki ne pouvait pas aller à l’encontre de l’appel à démissionner de son parti. L’ANC avait justifié sa décision par un souhait d’unification du parti, profondément divisé depuis que le camp Zuma a évincé le chef de l’Etat de la direction du parti au congrès de Polokwane.

La formation avait également invoqué les "interférences politiques" dénoncées par un juge de Pietermaritzburg (sud-est) dans les attendus de l’invalidation du dossier d’accusation prononcée le 12 septembre dans un procès pour corruption contre M. Zuma.

Les partisans du chef de l’ANC ont toujours affirmé que les déboires judiciaires du tribun zoulou tenaient d’un complot orchestré au plus haut niveau de l’Etat pour barrer à M. Zuma la route de la présidence. Le choix de M. Motlanthe pourrait également contribuer à persuader les principaux ministres du gouvernement sortant de rester en fonction jusqu’aux élections.

Il répond aussi à ceux qui craignent, à l’instar du quotidien Business Day de lundi, que "les têtes brûlées de l’alliance tripartite" - l’ANC est alliée au gouvernement avec le Parti communiste et la confédération syndicale Cosatu - ne dominent désormais la scène politique.

En soi, relevait toutefois le quotidien, la "crise ne menace pas notre démocratie", soulignant qu’un scénario similaire pouvait advenir dans un pays comme le Royaume-Uni.

Source : Linternationalmagazine.com, publié le 22/09/2008


 

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