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L’UA et la crise burundaise : on ne combat pas un dictateur avec des sommets

Une édition du journal Lepays.bf


  2016-01-31 02:58:11

L’ouverture du 26e  sommet  de l’Union africaine (UA) qui doit se tenir ce week-end à Addis-Abeba en  Ethiopie, sur le thème des droits de l’Homme, sera encore l’occasion pour  l’instance panafricaine de se pencher sur le cas burundais. Depuis le  déclenchement de la crise burundaise il y a huit mois, que de sommets sur la  question, aussi bien à l’échelle régionale, continentale, européenne qu’au sein  même de l’ONU ! Jusque-là, ni les sanctions brandies par l’Oncle Sam et  l’Union européenne, ni la médiation des pays de l’EAC, encore moins la volonté  de l’UA d’envoyer une force d’interposition n’ont pu arrêter Nkurunziza dans sa  fuite en avant. Pire, après avoir éconduit  de la façon la plus inélégante  qui soit le facilitateur de l’instance africaine, le boucher de Bujumbura a  opposé une fin de non recevoir catégorique à la proposition d’envoi d’une force  d’interposition de 5 000 hommes dans son pays pour arrêter les tueries et  engager le dialogue.  Et chaque jour qui passe voit des Burundais se faire  massacrer ou prendre le chemin de l’exil, en voulant simplement user de leur  droit légitime de dénoncer la confiscation du pouvoir par un  usurpateur. Aussi apparaît-il de façon évidente, que l’on ne combat pas un  dictateur de la trempe de Pierre Nkurunziza avec des sommets. C’est pourquoi l’UA  devrait enfin prendre la résolution d’envoyer ses hommes au Burundi, malgré les  menaces de Pierre Nkurunziza de les traiter en envahisseurs et en ennemis. Car,  il apparaît de plus en plus évident que le pasteur-président, qui est dans une  logique de pis-aller, ne renoncera jamais de lui-même au mandat querellé qu’il  vient d’entamer, si fait qu’il est en train de durcir encore plus la répression  barbare et sanglante qui s’abat depuis huit mois sur ses opposants. Et avec la  résistance armée qui s’organise contre lui, le Burundi est aujourd’hui, plus  que jamais au bord de la guerre civile.

La présence d’une force d’interposition pourrait accélérer le dénouement de la crise

Pour en revenir à l’UA, si ce sommet ne veut pas être tout simplement un sommet de plus, il y a lieu d’examiner sérieusement la possibilité d’envoi de la force d’interposition au Burundi, tout en en évaluant les conséquences. En cela, l’on ne peut qu’être admiratif face à la ténacité  de la présidente N’Dlamini Zuma, qui prouve finalement qu’elle a plus de coffre que tous ces chefs d’Etat qui hésitent à lui apporter un soutien franc dans son initiative, parce qu’ils n’occultent pas la possibilité de se retrouver, eux-mêmes, un jour, dans la même situation que Nkurunziza. Les difficultés ne manqueront pas certes, à commencer par la mobilisation des fonds, des hommes et la stratégie à adopter pour déployer ces troupes en territoire « ennemi ». Mais l’UA a le devoir moral de voler au secours du peuple burundais. Si le déploiement de cette force devait rester un vœu pieux, l’UA et le Burundi continueraient alors à s’amuser à se faire peur, sans qu’aucun d’eux n’ose franchir le Rubicon. Une chose est cependant certaine, si l’UA réussit le déploiement de sa force, Bujumbura ne sera pas le tombeau des soldats de la paix comme veut le faire croire Nkurunziza qui pourrait même prendre la poudre d’escampette quand ça sentira le roussi. Et leur présence pourrait accélérer le dénouement de la crise. Nkurunziza est conscient qu’il a beaucoup à perdre dans une telle intervention qui changera sans nul doute la donne sur le terrain. Le peuple burundais en a le plus grand besoin.

Outélé KEITA

Source : LePays.bf


 

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