2008-09-24 22:02:15
L’on se rappelle que le 17 septembre dernier, le gouvernement du Premier ministre Ahmed Tidjane Souaré a procédé à la remise officielle des corps des victimes de la tuerie de Cosa perpétrée en 2000.
A l’époque, les victimes, le Pr. Julien Onivogui et ses compagnons étaient considérés comme des personnes qui servaient de relais aux rebelles qui sévissaient dans la partie Forestière du pays. Avec le temps, l’on a fini par se rendre compte que l’acte n’était qu’une simple bavure. D’où la décision de l’actuel gouvernement, sur initiative, sans précédente, du ministre de la Réconciliation, de la Solidarité et des Relations avec les Institutions Républicaines, M. Bah Oury, de chercher à décrisper la situation politique du pays, en commençant par cette remise des corps.
Ainsi, depuis le 17 septembre, les corps du professeur Julien Onivogui, de Niankoye Francis Loua, étudiant et Pogba Guilavogui, médecin vétérinaire, sont remis à leurs familles respectives. Mais voilà que les familles qui ont reçu ces corps sont actuellement confrontées à d’énormes difficultés. En effet, pour le cas particulier du Pr. Julien Onivogui, son vieux père qui vit à Macenta, précisément à Boussédou, est tombé en syncope et rendu l’âme dès qu’il a appris la restitution du corps de son enfant. Aussi, pour l’ensemble des corps, les parents du village disent déjà fini de faire les funérailles symboliques. Par conséquent, ils ne veulent recevoir aucun corps en Forêt.
«Remettez les corps au président Lansana Conté. C’est lui qui sait pourquoi son armée avait commandité la mort de ces gens», nous confiait ce matin M. Zaou Onivogui, l’oncle du défunt Julien Onivogui, à son domicile de Cosa, commune de Ratoma.
Zaou Onivogui tient aussi à ce que toute la lumière soit faite autour de cette tuerie et que les auteurs soient punis conformément à la hauteur du drame commis. Avant d’ajouter que pour le moment, la principale préoccupation c’est l’enterrement des victimes.
Ce dossier vient ainsi enrichir celui que le Collectif Contre l’Impunité, dont on parle tant en ce moment, a actuellement en main.
Certes les Guinéens ne font pas confiance aux procédures juridiques, encore moins aux déclarations d’intention dans ce sens. Mais, pour beaucoup de citoyens de la capitale, la présence, dans ce collectif, des personnes engagées depuis longtemps contre le régime brutal de Conakry comme I. Sory Makanera, Ani Touré, A. Sadio Barry et Adama Laafa Sow qui est personnellement une victime (son frère a été tué en 2007), laisse espérer que ce mouvement ne se limitera pas qu’aux simples déclarations.
Lamine Soumah

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