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SENEGAL : La belle leçon de morale politique de Macky Sall2016-02-17 18:24:02 Quand Macky Sall est venu au pouvoir, il mit immédiatement ses promesses de faire baisser les prix en application. Il avait promis de réduire la durée de mandat présidentiel de 7 à 5 ans. Au milieu de son second mandat, Macky Sall décide de respecter cette promesse en l’appliquant à lui-même alors que cela n’est pas obligatoire, la loi n’étant pas rétroactive. Le journal burkinabé commente :
A PROPOS DE LA REDUCTION DE LA DUREE DU MANDAT PRESIDENTIEL AU SENEGAL : LA BELLE LEÇON DE MORALE POLITIQUE DE MACKY SALL Après être revenu sur la question en décembre dernier, Macky Sall a remis le couvert hier, après avoir soumis son projet à l’avis d’une prestigieuse institution comme le Conseil constitutionnel. Et c’est fort de cet avis hautement qualifié et important, que le président sénégalais s’est solennellement adressé hier à ses compatriotes, pour leur traduire les contours de ce projet. En mettant autant de forme, Macky Sall se montre légaliste et beau joueur. En même temps, il coupe l’herbe sous les pieds de ses détracteurs en se mettant sous le couvert du Conseil constitutionnel pour donner plus de légitimité à une décision qui aurait marqué dans tous les cas un tournant dans l’histoire politique du Sénégal. Et il est d’autant plus difficile de le soupçonner de tailler un costume à sa mesure que la mesure s’applique à son propre cas où il ne s’agit pas d’augmenter, mais plutôt de diminuer un mandat. Par ces temps qui courent, cela est suffisamment rare et original sous nos cieux pour être souligné. On ne saurait oublier Denis Sassou Nguesso qui, après 32 ans de pouvoir sans partage à Brazzaville, vient de charcuter la loi fondamentale de son pays pour s’ouvrir une nouvelle ère de gouvernance sur les rives du fleuve Congo, malgré l’opposition d’une bonne partie de son peuple ; et de Joseph Kabila qui est aux prises avec son peuple qui le soupçonne de nourrir les mêmes ambitions à Kinshasa, sur l’autre rive du fleuve Congo. A tous ceux-là et à tous ceux qui n’ont pas encore dévoilé leurs intentions, Macky Sall donne une belle leçon de morale politique, non seulement en tenant parole, mais aussi et mieux en acceptant de réduire son propre mandat. Toutefois, au-delà de l’élégance de son geste, l’on peut se poser la question de l’opportunité d’une telle modification et de ce qui fait courir autant le président sénégalais. L’opportunité d’une telle réduction n’est plus à démontrer, dans une Afrique où les longs règnes ont suffisamment fait la preuve de leur nocivité en termes d’abus de toutes sortes et de mal gouvernance. Si fait que beaucoup d’Africains, surtout la jeunesse, voient dans l’alternance, des perspectives d’avenir. Et si l’on pense que l’alternance, si elle est rigoureusement observée comme dans les grandes démocraties, peut insuffler une nouvelle dynamique et pousser à une gouvernance plus vertueuse, l’on peut dire que Macky Sall est en phase avec les aspirations d’une jeunesse sénégalaise voire africaine en quête d’un mieux-être, malgré les récriminations de certains de ses partisans dont l’attitude semble plus guidée par le désir de prolonger leurs épinards que d’un véritable souci d’approfondissement de la démocratie. Pour ce qui fait courir autant le président sénégalais, cela semble couler de source parce qu’il est à mi-mandat, et s’il veut pouvoir appliquer la mesure à sa propre personne pour donner l’exemple, il n’a pas d’autre choix que de s’engager dans une course contre la montre qui risque de chambouler non seulement le calendrier électoral mais aussi son propre programme de gouvernance sur la base duquel il a été élu pour un septennat. Source: Lepays
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