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| Dalaba – 1971 |
2008-09-29 21:45:07
C’est la première fois dans l’histoire de la Guinée indépendante qu’un débat de type contradictoire réunissant famille des victimes du régime Sékou Touré, compagnons de l’indépendance et membres du gouvernement soit organisé pour, dit-on, ‘’laver le linge sale en famille’’.
C’est la salle du 28 septembre du Palais du peuple qui a servi de cadre à cette grande rencontre hier dimanche 28 septembre. Le thème des débats portait sur ‘’les raisons du NON massif des guinéens au vote du 28 septembre 1958’’. Mais, aussitôt commencés, les débats vont vite tourner aux attaques verbales.
Monsieur Nimagan, enfant d’une victime dira dans la foulée ‘’qu’il est impossible de parler de l’indépendance de la Guinée sans pour autant parler des acteurs, mais aussi de ceux qui se sont révélés peu après cette indépendance comme des bourreaux contre leurs camarades de combat de lutte pour la souveraineté nationale ’’.
« Il y a des compagnons d’indépendance qui ont subi ici des exécutions massives avant d’être enterrés dans des fosses communes. Leurs bourreaux sont encore vivants. Alors qu’ils fassent tout pour que ces fosses soient connues du public et que chaque famille entre en possession de son corps. Les bourreaux doivent aussi reconnaître les crimes qu’ils ont commis et présenter publiquement des excuses au peuple et aux familles des victimes. Sans ces conditions, il n’est pas facile d’espérer sur quelque chose de fructueux et potable à l’issu de ces rencontres… » a dit en substance, sur un ton péremptoire, monsieur Nimagan.
Epaulés par d’autres familles de victimes, Nimagan aura failli mettre fin aux débats n’eût été l’intervention de M. Riad Chaloub, Secrétaire Général du ministère de la Culture, des Arts et des Loisirs pour calmer les nerfs et éclairer la lanterne des uns et des autres sur l’objectif de ces débats. Il s’agit, selon lui ‘’de permettre enfin aux guinéens de se parler, de dénoncer ce dont ils ont souffert durant des années. Et, pour enfin se pardonner et enterrer la hache de guerre’’.
Notons que parallèlement à ce débat, de nombreux espaces de dialogue sont aussi organisés à la radiodiffusion télévision nationale, mais sur les antennes des radios privées. Cependant, à voir de près ce qui s’y passe, l’observateur averti se rend immédiatement compte que le combat entre anciens dignitaires et descendants de victimes est loin de finir. En tout cas ce dimanche, les conférenciers ont failli en venir aux mains.
Mettre des victimes qui attendent de connaitre où sont enfouis leurs parents et des bourreaux, qui sont plus forts que jamais dans ce régime - avec Ibrahima Keira, Aboubacar Somparé et Mariame Beavogui par exemple - en confrontation, c’est comme vouloir se moquer des faibles. Tout cela montre que la Guinée a besoin d’une conférence nationale de vérité et de réconciliation avant des élections démocratiques.
Lamine Soumah
VOS COMMENTAIRES | |
| DUBALAYE | 01/10/2008 05:12:09 |
| Decidement si on confond les coupables et les victimes. ce serait pas la pire facon d absoudre, de mettre sur la meme balance la souffrance indicible des victimes et la folie meurtriere des pedegistes ou autres tueurs a gage du CMRN. ils ont ete egares par l aveuglement revolutionnaire qui a atteint leur capacité de dicernement et leur lucidité quant aux crimes qui ont ete commis par sekou ou en son nom. de grace en un moment, il fo prendre ses responsabilités devant les hommes, dieu et l histoire que nous pouvont pas batir une nation dans le deni de notre histoire peu glorieuse soit telle, dans le mensonge et un deficit chronique de confiance en notre unité nationale. la guinee est une famille n est ce pas.mais il y a eu des crimes indeterrés en series ,des viols et vols dans cette familille . le pater famillias de notre independance a failli, commis des forfaits inexcusables, qui meritent d etre tiré au clair pour qu aucun autre president ne perpetue ses crimes politiques. Sous conté des crimes odieux contres des guineens ont ete commis sans que cela ne choc nos bien-pensants religieux gardiens de l ordre morale et social encore moins par notre magistrature aux ordres du regime. il faut arreter la spirale de la violence en politique que soutend une certaine inculture revancharde. la vrai revanche de la guinee et des guineens , c est permettre a notre etat de droit de mettre en echec les derives injustes du pouvoir: tue ne tuera point, doit etre le credo de tout guineen a plus forte raison de tout politique.la vie humaine est sacree. Des erreures politiques monstres ont ete commises ;il faut les reparer sous peine d assurer une longevité politique au prochain dictateur qui risque de diviser et opposer les guineens sur les bases irrationenlles de l ethnophobie et l opportunisme crasse, en politique. la lumiere sur ces carnages politiques dissiperait les confusions et intoxications entretenues par des gens qui ont sans doute a se reprocher en ame et conscience leur impuissance a enrayer la barbarie revolutionnaire ou l omnipresidence conteen avec ses mort au placards.ne ce serait que pour sauver la leur de vie, sous une periode de terreur et diete. en tous les cas cela pourrait etre une belle occassion de refonder les bases de notre republique et remettre l ethique politique a l honneur en vue de sedimenter la democratie. les crimes atroces des deux regimes doivent etre elucidés pour la conscience des sur-vivants et l ame des illustres morts. S accommoder de cette injustice politique cela reviendrait lachement a enraciner davantagela corruption, l impunité generale et son tendem, la culture de la violence politique et ses crimes abominables au coeur de notre systeme politique, rongé par des moeurs politiques surannées, une mentalité messianique et theocratique du pouvoir.y a plus de decret celeste de presidence qui vaille. avec un minimum de bon sens et d equité on devrait se rendre a l evidence dans ce pays, qu un adversaire en politique n est pas un ennemi a pendre ou a fusiller. encore une fois c est pas les origines ethniques des deux presidents" Sekou et Conté" qui sont en cause. c est leurs actions politiques en tant que hommes publics engageant la vie de la nation qui sont passees au vitriol et comdamnees avec la derniere energie. pour neutraliser a jamais toute volonté de se servir du pouvoir pour desservir l interet general guineen.. le voir sous un autre angle; c est mener un combat d arriere garde. | |
| Ibrahima Diallo | 01/10/2008 22:19:34 |
| I)La fin du "DEBAT" n'est point l'objectif poursuivi ici; au contraire, son instauration dans un cadre democratique, sur un socle inamovible est une condition sine qua non de notre evolution comme nation. Il ne faut juste pas confondre Debat et Jugement. Pour un debat sain, nous devrions d'abord chercher a rendre Justice dans une cour de justice appropriee(fut elle Internationale)! Ensuite nous debattrons la decision de justice (pour ceux qui veulent en debattre). Toute action contraire produira des effets pervers. Nous avons une histoire relativement courte; les temoins, les sites et les archives sont encore existants; les memoires vivaces et les plaies encore beantes; les plaignants, les accuses et les acteurs sont en grande partie encore vivants. Un travail facile pour un procureur! Battons nous donc pour que le droit soit dit et que justice soit rendue devant une cour approriee (Juristes, a vos idees svp)! II) Si je devais quand meme participer a ces rencontres/debats/conferences, voici ce qu'aurait ete ma contribution: "La politique de fuite en avant du regime de Lansana Conte, genetiquement lie au PDG, consiste a organiser ces conferences/debats de la provocation, confronter les bourreaux et leurs victimes dans l'objectif de noyer le poisson. ...1 million++ d'exiles; 50 000++ morts par torture, fusillade, pendaison ou diete noire; 26 ans de parti unique dans une republique (ironie: P. D.emocratique G.), recul dans tous les domaines socio-economiques du developpement de l'individu et j'en passe... On ose quand meme parler de complots ou d'agression parce que certains martyrs ont voulu nous liberer de ce vicieux systeme. Comment nos martyrs de Juin 2006, de Janvier-Fevrier 2007 seront-ils juges par les descendants et sbires de Lansana Conte? Des terroristes, des rebelles ou des "comploteurs" ? Pedegistes, l'histoire est tetue, ne vous foutez donc pas du monde je vous prie>>. NB: Je tiens a preciser que je suis ne en 1974, que mon pere est decede des suites de maladie, ma mere est encore vivante, que j'ai des parents qui etaient membres du BPN du PDG et d'autres sont morts au Camp Boiro et d'autres encore exiles, que je ne suis affilie a aucune association de victimes ou de partisans du PDG et que je m'exprime en simple citoyen guineen, temoin occulaire de la plus grande moitie de l'histoire de ma guinee independante (sic). | |
| Ali Sylla | 30/09/2008 10:51:00 |
| Ce débat ne va jamais finir d'un coté il ya un groupe qui va toujours defendre l'ancien regime et de l'autre un autre qui va toujours se considerer comme victime du premier,les victimes de l'ancien regime ne sont pas toutes coupables mais pas innocentes aussi. | |
| Sadio Barry | 30/09/2008 12:25:15 |
| Si, ce débat peut bien finir. Il suffit qu'il y ait un procès équitable et la levée du sécret sur des fosses comunes, la restitution des restes aux familles. C'est vrai que tous n'étaient pas innocents. Mais la culpabilité se définissait à l'époque surtout par l'opposition ou le fait de ne pas militer dans le PDG, comme Sékou lui-même l'a dit dans ses accusations contre les Peuhls. Doit-on condamner un Guinéen à mort parce qu'il ne veut pas militer dans le RPG ou l'UPR ? C'est des questions que nous devons nous poser. Est-ce qu'il est bien de se brouiller le présent et l'avenir à cause de quelqu'un qui reconnaissait et déclarait lui-même ses crimes à la radio, à la TV et dans le journal officiel ? Notre nation doit éviter cela. Mais ça c'est le travail des intellectuels et dirigeants censés faire de notre pays une véritable nation. Nous devons cela pour notre propre sécurité face aux dirigeants de l'avenir. S'il y avait eu un procès et la levée de couverture sur les massacres et fosses communes en 1984, on allait pas connaitre les scènes racistes de 1985. Mais les familles des victimes n'ont pas été actifs, les intellectuels ont failli à leur devoir. Car, les militaires au pouvoir ne vont jamais favoriser ce processus: c'est eux qui arrêtaient, torturaient et exécutaient tous les ordres crapuleux qui ne les honorent guère. | |