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Les Internautes ont rendez-vous avec la haine

De Libre Forum AGORA


2008-10-04 00:26:20

INTERNET: De plus en plus de sites et de blogs manipulent des images et des
informations dans le but d'entretenir ou de créer des tensions entre les
peuples.
 
"Les nations doivent parler de paix aux nations". Il y a quatre-vingts ans, la
BBC adoptait ce slogan dans l'espoir que les moyens de communication modernes
établissent de nouveaux liens d'amitié entre des peuples divisés par les
différences culturelles, les frontières politiques et les distances.
 
Pour ceux qui continuent de croire à cet idéal, les dernières tendances du Net
sont plutôt déprimantes. Bien entendu, comme on s'y attendait, les
gouvernements utilisent leurs sites Internet officiels pour se féliciter de
leurs réalisations et défendre leurs prés carrés.
 
Mais ce qui est beaucoup plus inquiétant, c'est de voir comment de jeunes
internautes doués - ceux-là mêmes qui auraient pu, grâce à internet, se libérer
du carcan des idéologies d'Etat - utilisent les miracles de l'électronique pour
alimenter la haine entre les peuples, les races ou les religions. Ces
cyber fanatiques semblent parfois agir pour le compte de leurs dirigeants
gouvernementaux, mais ils travaillent souvent seuls, cherchant à dépasser leur
maîtres politiques en propageant une aversion indicible pour l'ennemi.
 
LES CYBER ATTAQUES NE CESSENT D'AUGMENTER
 
Prenons pour exemple la réaction de la Russie face au documentaire letton The
Soviet Story [L’Histoire soviétique], qui compare le communisme au fascisme. Il
y a cinq ans le Kremlin aurait publié un communiqué de presse au vitriol et
encouragé quelques jeunes voyous à s'attaquer à nouveau à l'ambassade de
Lettonie. Certains hommes politiques slavophiles auraient formulé de violentes
menaces. Aujourd'hui, la réaction des nationalistes russes les plus
intransigeants est un peu plus habile. En utilisant des blogs pour lever des
fonds, ils cherchent à réaliser un nouveau documentaire destiné à présenter le
communisme soviétique sous un jour meilleur. Les sympathisants qui n'ont pas
d'argent à offrir peuvent contribuer de diverses façons, notamment en aidant à
la traduction depuis et vers les langues baltes.
 
Dès les premiers balbutiements d'Internet, ce nouveau moyen de communication
s'est converti en forum pour querelles nationalistes. Mais ces discussions en
ligne mènent parfois aussi à des guerres entre pirates informatiques.
 
Les attaques chinoises contre des sites américains pro-Tibet n'ont surpris
personne [voir CI n° 909, du 3 avril 2008]. Pis encore, le développement
excessif des blogs, réseaux sociaux, cartes et sites de partage de vidéos
facilite la publication de contenus provocateurs et la création de groupe de
haine. Selon une étude publiée en mai par le Centre Simon Wiesenthal, une
association de défense des droits de l'homme, le nombre de sites prônant la
haine et la violence aurait augmenté de 30 % l'an dernier. Il s’élèverait à
près de 8 000.
 
Les réseaux sociaux sont particulièrement utiles pour les communautés de
nationalistes auto-organisées, qui sont décentralisées et peu structurées. Sur
Face book, par exemple, on peut se joindre à des groupes comme "La Belgique
n'existe pas, "L'Abkhazie ne fait pas partie de la Géorgie", "Le Kosovo fait
partie de la Serbie" ou "Je déteste le Pakistan".
 
Tout n'est pas noir, il existe aussi des groupes prônant l'amitié entre Grecs et
Turcs ou entre Palestiniens et Israéliens. Néanmoins, à l'autre extrême, des
réseaux moins connus que Face book réunissent des extrémistes dont les
activités sont limitées par de nombreux gouvernements mais qui deviennent
difficiles à contrôler lorsqu'ils agissent à l'international. Podblanc, une
sorte de You Tube destiné à promouvoir "les intérêts des Blancs, la culture des
Blancs et les politiques des Blancs", offre un éventail de contenus destinés à
divertir les individus racistes. Ce n'est pas parce que ces communautés en
ligne ne réunissent qu'un nombre limité de membres qu'elles ne sont pas
importantes. La puissance d'un message nationaliste peut-être amplifiée par des
blogs, des cartes en ligne et des SMS. Et, d'un moyen de communication à
l'autre, il y a de plus en plus de place pour les mensonges.
 
Au cours de la crise qui a ébranlé le Kenya au début de l'année 2008, ce sont
souvent les discussions sur des blogs et les SMS qui ont donné le signal des
violences. Récemment les participants des marches anti-américaines qui ont eu
lieu en Corée du Sud ont été mobilisés grâce à des pétitions en ligne, des
forums et des blogs, certains proclamant que les Coréens seraient génétiquement
plus vulnérables à la maladie de la vache folle - une théorie absurde.
 
En Russie, un bloggeur nationaliste a mis en ligne les noms et renseignements
personnels d'étudiants originaires du Caucase fréquentant les plus
prestigieuses universités de Russie, accompagnés d'une vidéo dans laquelle des
adolescents à la peau foncée battent des Russes ethniques. D'autres blogs
nationalistes se sont empressés de publier l'histoire à leur tour - un
cauchemar pour les étudiants caucasiens visés par ces manœuvres.
 
IL EST FACILE DE REPANDRE DES CONTREVERITES
 
Depuis que les coûts de production, de stockage et de distribution de contenus
numériques ont chuté, il est devenu encore plus facile d'utiliser Internet pour
inciter à la haine. Auparavant, pour obtenir une propagande de qualité, il
fallait avoir recours au service d'un habile dessinateur, mais aujourd'hui,
tout le monde peut fabriquer et diffuser des images réussies. Grâce à Internet,
répandre la peur et la haine est désormais à la portée de tous : un groupe de
hongrois qui organise un concours d'affiches anti-Rom, un lobby russe
anti-immigrants qui indique les quartiers où vivent les minorités ou des
nationalistes slovaques qui publient une carte de l' Europe où n'apparaît pas
la Hongrie. C'est une aubaine de pouvoir amalgamer aussi facilement des
informations, en associant des liens à des sources, des vidéos et des articles
déjà existants.
 
Quant à l'aspect historique.... Il y a dix ans, un fanatique qui soutenait des
hypothèses absurdes - négation de l'holocauste ou de la famine qui a décimé
l'Ukraine - pouvait passer des jours à fouiller les bibliothèques à la
recherche d'ouvrage de propagande appuyant son propos. Aujourd'hui, des
versions numériques de ces livres - même ceux qui ne sont plus imprimés depuis
des années - sont accessibles par le biais de bibliothèques spécialisées en
ligne. Bref, il n'a jamais été aussi facile de répandre la haine et le
mensonge. Ceux qui ont de meilleures intentions devraient sérieusement
réfléchir à des moyens d'utiliser le Net pour contrer cette propagande.
 
THE ECONOMIST, Londres (Courrier International du 4 au 10 septembre 2008)


 

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VOS COMMENTAIRES

maci06/10/2008 09:37:21
bonjrou,

ce monsieur qui fait ce commentaire n'est qu'un hypocrite. lui-même soutient dans ses articles les thèses négationistes sur les crimes perpétrés par le régime génocidaire de sékou touré. il écrit cet article pour noyer le poisson dans l'eau et masquer sa vraie nature. il est du même acabit que les gens qui écrivent dans le site de la haine, guinée24.com. des gens comme sékou savané, qui se fait appeler alphonse thea, janvier diallo, karim bah, jules diomandé pour déverser leur haine sur les peuls. de jour ce petit qui travaillait au lynx et qui a été chassé de là par souleymane diallo pour sa foulaphobie publie un torchon, la nouvelle élite et des articles dans le diplomate et la vérité quand sanou kerfalla cissé et bébel tombent dans la dérive ethnique.

salutations!