URL: http://www.guineepresse.info/index.php?aid=17388



Guinée : au dialogue politique, Bouréma Condé rejette une demande minimale et légitime de l’opposition !


Boureima_conde.jpg
Gl. Bouréma Condé

2016-09-28 11:19:47

Depuis 2010, nous n’avons cessé de dire à nos anciens Premiers ministres politiciens que la personne à choisir pour faciliter une négociation et mener à un accord entre des parties adverses, s’appelle Médiateur et doit être une personnalité neutre jouissant de la totale confiance des deux parties. C’est cette personne qui doit présider la séance, diriger les débats, donner ou retirer la parole, qui veuille à ce que les délibérations se fassent dans le respect des règles.

Malheureusement, ces anciens PM qu’Alpha Condé qualifie de nains politiques et petits comptables ne semblent plus être en mesure d’apprendre. Entre 2012 et 2013, le Président de l’UFDG et ses collègues avaient accepté de choisir le Premier ministre Saïd Fofana comme médiateur entre eux et le pouvoir dont il est le chef de gouvernement. Puis, après plusieurs morts d’innocents guinéens et l’implication de la communauté internationale, ils laissent toujours des ministres d’Alpha Condé présider les négociations (Lire).

Toutes ces négociations (2012, 2013, 2014 et 2015) se sont révélées être des manœuvres de diversion et la possibilité donnée au pouvoir de légitimer le non-respect des lois pour réussir à garder la main sur la totalité du pouvoir.

Encore cette fois-ci, nos leaders ont abondé dans la même démagogie et hypocrisie qui rendent vains les sacrifices des populations. D’abord par leur manque de cohérence, puis par leur médiocrité politique.

Alors qu’elle a fait appel à des manifestations pour dénoncer le manque de dialogue et la non-application des accords du passés, l’opposition dirigée par le leader de l’UFDG a montré aux yeux du monde entier, comme par le passé, qu’elle n’y était pas préparée quand elle a été invitée au dialogue :

1)- A une semaine de la réunion, le leader de l’UFDG, en qualité de chef de file de l’opposition, affirme publiquement qu’il n’est pas question que l’UFR de Sidya Touré qui a rejoint la mouvance au pouvoir participe au dialogue en que parti d’opposition. Le mercredi 21 septembre, c'est-à-dire à la veille, le député UFDG de Gaoual, affirme par voie de presse et présenté comme conseiller du leader Cellou Dalein Diallo, que l’UFDR n’a pas sa place dans ce dialogue. Le lendemain 22 septembre, le porte-parole de Cellou et de l’opposition, Aboubacar Sylla justifie la présence de l’UFR au dialogue par : « Aucun dialogue politique inclusif ne peut être organisé sans l’UFR ».

Ainsi, l’UFDG nous a conduits à un dialogue où la mouvance se retrouve en nombre de représentants supérieur à celui de l’opposition, comme il l’a fait pour la Ceni en 2012. Les résolutions qui en sortiront ne peuvent donc être qu’au gout de la mouvance, tel qu’on le voit déjà dans les points de l’ordre du jour.

2)- Les critères qui ont prévalu à la désignation des représentants de l’opposition pour ce dialogue ont été la participation des partis à au moins une des élections présidentielles avec Alpha Condé (2010 ou 2015). Des critères non seulement injustes mais que le porte-parole même de l’opposition, Aboubacar Sylla de l'UFC et député UFDG ne satisfait pas (Lire).

3)- L’opposition qui a décrié le ministre de la justice Cheik Sakho qui fut président des dialogues de 2014 et 2015, choisit cette fois-ci le ministre de l’Administration, le général Bouréma Condé (le pire des opportunistes et ennemis de la démocratie en Guinée) pour présider le dialogue actuel.

Pourtant, elle sait qu’en 2014 et 2015, c’est le Président de la République en personne qui a refusé l’application des accords et le report de la date des élections pour la correction du fichier électoral, pas le ministre Sakho. Ce que l’on peut reprocher à Cheick Sakho, c’est le fait de ne se rendre finalement complice au lieu de démissionner. Alors choisir un membre du gouvernement pour jouer le rôle de médiateur, récuser un ministre d’Alpha Condé pour en prendre un autre, relève simplement de la bêtise et de l’enfantillage politique que l’on ne peut vivre qu’en Guinée.

Les anciens ministres savent que Bouréma Condé est le militaire qui a le plus massacré les militants de l’opposition en Haute Guinée sous le régime PUP du général Lansana Conté. Il disait haut et fort que dans sa ville à lui, il ne doit pas exister un parti d’opposition. C’est justement pour cela qu’Alpha Condé lui a fait appel au ministère de l’Administration pour lui confier la gestion des partis politiques. Depuis qu’il est là, aucun parti politique n’a été autorisé sauf sur instruction de la Présidence et non dans l’application de la loi comme cela se doit. C’est cet homme que l’opposition elle-même a choisi pour présider ce dialogue obtenu avec des sacrifices de vies humaines.

Sur quel critère Bouréma Condé a été choisi pour présider le dialogue ?

D’après un membre de la société civile témoin des faits qui s’est confié à la presse, c’est uniquement parce que cet opportuniste général griot a bien parlé que l’opposition a elle-même plaidé qu’il soit président du cadre de dialogue :

« Selon cet activiste de la société civile, “la manière dont il a conduit avec dextérité, en tout cas moi j’étais surpris par la qualité de son intervention, les débats a plaidé en sa faveur”. C’est pourquoi, se souvient M. Diallo, “dès qu’on est venu dans la salle [vendredi], il a dit [aux participants] ‘il faut que vous définissez le président du cadre du dialogue et moi je m’efface’”. A l’en croire, l’opposition a pris la parole, à travers son porte-parole, pour dire “qu’elle pense que le général Bouréma Condé peut continuer de présider le cadre du dialogue. Ça créé un déclic, la mouvance a salué, toutes les autres parties aussi. C’est ce qui nous a permis d’avancer” » (Lire).

C’est dire que notre opposition, sous la conduite du leader de l’UFDG, a constitué sa délégation pour aller au dialogue politique sans stratégie ni préparation préalable sur l’essentiel. Sinon, l'opposition y serait venue avec le nom de son candidat à cet effet.

Ainsi, au troisième jour, le Président du cadre de dialogue Bouréma Condé rejette la principale demande de l’opposition qui exigeait que la Ceni arrête ses activités unilatérales pour attendre les conclusions du dialogue :

« Il n’est pas question que la CENI gèle ses activités ! ».  

L’opposition se plie (Lire) !

Pire, au quatrième jour du dialogue, Aboubacar Sylla nous annonce sans gène : « Nous irons aux élections locales avec ce fichier sans corrections » (Lire).

Le constat qui s’impose :

Les anciens ministres leaders n’ont pas la maitrise des choses et ne sont pas à la hauteur de leurs titres. Même quand on a jamais participé à une grève ou dirigé un mouvement de revendication avant d’être leader politique, on doit pouvoir tirer des leçons du passé, de par le bon sens. Mais l’opposition guinéenne, sous la direction du président de l’UFDG, répète, de façon périodique et aux mêmes occasions, les mêmes bêtises !

Comment se fait-il que ce soit l’UFDG qui organise des manifestations, sacrifie ses militants et sympathisants, perd en matériels et vies humaines, mais ce sont toujours les autres qui récoltent les fruits de ces combats ?

Comment se fait-il que, le fichier qui devrait être corrigé avant la présidentielle du 11 octobre 2015, ne l’est-il pas encore aujourd’hui, 28 septembre 2016 ?

La Ceni et le pouvoir avaient juré que tout serait prêt avant octobre 2015. Puis ils ont juré, en demandant le report des communales et communautaires, que toutes les corrections seraient faites avant mars 2016.

Au lieu de corriger les anomalies et appliquer les accords du passé, la Ceni fait autre chose en accélérant son travail afin que l’opposition soit amenée à entériner les faits accomplis au bénéfice du dialogue en cours, comme on l’a vécu dans le passé avec la même opposition !

En principe, on ne négocie sur une chose qu’avec ceux qui se battent pour la cause.

Si les dirigeants de l’UFDG étaient à la hauteur, ce parti n’allait pas se battre sur le terrain, sacrifier des biens matériels et des vies humaines pour arracher des négociations politiques avec le pouvoir qui est acculé, et que l’UFR et des parti de la mouvance viennent en décider les résolutions.

Dès lors que l’on est arrivé à des manifestations et pertes en vies humaines, c’est le pouvoir qui, sous la pression populaire et politique, appel les contestateurs (opposition active) au dialogue. Ces derniers fixent les conditions d’acceptation d’une telle rencontre avec les autorités à travers :

  1. un ordre jour relatif à ce pourquoi ils se battent (leurs points de revendication)
  2. les garanties de neutralité du ou des médiateurs
  3. arrêt provisoire de toutes les activités ou mesures liées aux points de revendication
  4. libération de toutes les personnes qui ont été arrêtées en rapport avec les revendications en cours.

L’opposition devrait obtenir la satisfaction de ces points avant de répondre à tout appel du pouvoir. Mais hélas !!!

Le dialogue qui en résulte, c’est uniquement entre les contestateurs et les décideurs politiques (le pouvoir), pas question qu’un groupe d’opportunistes quelconque y soit admis (partis affiliés au pouvoir et société civile), si l’on ne veut pas sacrifier son combat, diluer ses revendications dans des questions globales. C’est le cas dans le dialogue actuel où ceux qui se battaient sur le terrain sont minoritaires et avec un porte-parole dont on est en droit de mettre la loyauté en doute. Ainsi, les résultats de ce dialogue, comme des précédents, seront largement au gout du pouvoir et ce sont les opposants qui viendront les défendre devant leurs militants martyrisés.

Bouréma Condé doit savoir qu'il n'a échappé à la justice et au châtiment pour le rôle indigne et criminel qu'il a joué sous le régime de Conté que parce qu'Alpha Condé a trahi ses engagements et avait besoin de réunir tous les pilliers de la dictature prédécente autour de lui pour construire la sienne d'aujourd'hui. Il serait vivement conseillé de profiter de sa position actuelle pour changer l'image que le peuple de Guinée et le monde civilisé ont de lui.

 

GUINEEPRESSE.INFO


 

3 commentaire(s) || Écrire un commentaire

Revenir en haut de la page


VOS COMMENTAIRES

A. Cherif28/09/2016 13:51:03
Que de vérité!
Depuis la présidentielle 2010, Cellou Dalein Diallo devrait recevoir le prix mondial de la médiocrité politique. Même par mépris pour le méchant et incompétent Alpha Condé, je peux plus soutenir ce petit bureaucrate incompétent voire même ---- en politique. A moins qu'il soit en train d'agir sur contrat au profit d'Alpha Condé comme les traitres Malick Sankhon et Aboubacar Somparé le faisaient sous Lansana Conté.
Balde Ballah29/09/2016 06:51:07
Moi je me demande une seule chose, esque les membres fondateurs de l'UFDG voient et réalisent ce que CDD entrein de faire avec ce grand parti ? Parsque il faut être aveugle ou ignorant pour ne pas voir tout ça.
Abdoul.h30/09/2016 07:48:12
Croire qu'on peut faire la même chose et obtenir des résultats différents est tout simplement stupide. Par ailleurs, guineepresse info, qui a reconnu le BAG? Alpha Condé?