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Crimes contre l’humanité en Guinée: 7 ans d’impunité pour les bourreaux et de souffrances pour les rescapés !


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Victimes des crimes du 28 septembre 2009 au stade de Conakry

2016-09-28 21:14:13

Le 28 septembre 2009, la Guinée a été le théâtre des crimes abominables de tout genre (coups et blessures, viols de masse, assassinats et des centaines de disparitions de corps et de témoins) en pleine journée à Conakry. Une enquête internationale sous l’égide des Nations Unies a confirmé le caractère génocidaire et ethnique des crimes. Tant l’Union Africaine, l’Union Européenne que les USA ont dressé des listes des bourreaux et de leurs complices dans ces crimes. Des listes concordantes qui se confirmaient à plus de 90% avec les mêmes noms militaires et civils, des bourreaux (décideurs et acteurs) et leurs complices qui constituaient les comités de soutien qui ont encouragé Dadis et le CNDD à se cramponner au pouvoir et à « mater les opposants ».

Malgré les faits établis et les preuves indéniables, la justice ne fera rien. Les bourreaux seront même récompensés avec des promotions dans le gouvernement d’Alpha Condé. A cause de la démission de la société civile et de la classe politique guinéenne.

En 2015, la justice fit un peu semblant de travailler en Guinée. Des intérêts politiques étaient en jeu : à 4 mois de la présidentielle de 2015, Cellou Dalein Diallo et Moussa Dadis Camara (devenu leader du parti FDPP) rendent public leur liaison et font alliance. Devant la presse, le dictateur Alpha Condé déclare qu’il espère que la Justice Guinéenne fera honneur à l’Afrique en jouant son rôle face aux bourreaux du 28 septembre 2009. La procédure contre Dadis est engagée à la TGV pour le bloquer. Il voulait rentrer chez lui en Guinée. Non, dit la justice guinéenne qui fait elle-même le déplacement sur Ouaga. L'ancien président du CNDD, le capitaine Moussa Dadis Camara, fut inculpé par la justice guinéenne le mercredi 8 juillet 2015 à Ouagadougou, où Dadis est retenu contre sa volonté depuis son détournement du Maroc sur le Burkina Fasso en janvier 2010.

Réaction de son allié Cellou Dalein Diallo sur RFI: « Quoiqu’il arrive à Dadis, le parti va demeurer. Donc les alliances politiques vont rester. Ce ne sont pas seulement des alliances entre les présidents de l’UFDG et du FDPP, c’est l’alliance entre deux partis politiques qui vont continuer à explorer les possibilités de continuer ce dialogue ».

Après l’erreur morale et politique d’aller lui-même publiquement vers Dadis, le leader de l’UFDG aurait dû faire plus qu’une simple déclaration pour le droit à Dadis de rentrer chez lui en Guinée, criminel ou pas. L'UFDG et le FDPP avaient, ensemble, la force de bloquer tout en Guinée et exiger le retour de Dadis dans son pays. Alpha Condé allait être chassé du pouvoir violemment ou électoralement. Mais Cellou Dalein est le type de leader qui veut avoir le pouvoir sans le moindre risque réel pour sa personne. Il n’est pas fait pour la conquête du pouvoir, pour la politique.

En ce qui concerne la justice, c’est le parti UFDG dont les militants et sympathisants furent les cibles qui devait exiger du pouvoir et des Nations Unies que justice soit faite. Car, beaucoup d’acteurs de la société civile, des hommes d’affaires et des hommes politiques ont été complices du CNDD et mis nommément en cause par les enquêteurs internationaux et des diplomates étrangers en Guinée. Ainsi, sur les listes des bourreaux et leurs complices, on trouve par exemple des noms suivants:

- Kabiné Komara Premier Ministre et Chef du Gouvernement du CNDD 
- Boubacar Barry Ministre d’Etat à l’époque et ministre en ce moment d’Alpha
- Papa Koly Kourouma Ministre à l’époque et encore ministre conseiller d’Alpha
- Djénabou Saïfon Diallo
- Moustapha Koutoubou Sanoh 
- Mohamed Diop Gouverneur de Conakry
- Le Dr. Ousmane Kaba
- Kerfalla Camara KPC, Entrepreneur PDG de GUICOPRESS (Lire)
- Ousmane Bah (leader de l’UPR).
- Tibou Kamara
- Baidy Aribot, à l’époque Directeur Général du CNSS

Inutile de préciser que Dadis Camara et Sékouba Konaté ont toujours été en tête de liste. Les liens étaient étroits entre Lansana Kouyaté et Moussa Dadis dont il était un des conseillers.

La responsabilité de Kerfalla Camara KPC est plus grande et pourrait être plus grave que celle de Pivi ou Tiégboro qui pourraient prétendre n’avoir jamais personnellement tué ou ordonné les crimes. KPC aurait dépêché ses camions pour transporter et faire disparaître plus d’une centaine de victimes ramassées au stade afin de faire disparaître des preuves. Paradoxalement, KPC voyage aujourd'hui partout dans le monde sans être inquiété. Parce que personne de nos leaders politiques ne semble être intéressé à la justice dans cette affaire. Cellou Dalein Diallo, Sidya Touré et Jean Marie Doré ont encaissé eux 200 milles euros chacun à cause des dommages qu’ils ont subi le 28 septembre 2009. Ils en avaient les moyens, ils ont fait justice pour eux-mêmes, pour eux seuls. Pour eux, la page est tournée depuis lors.

Pauvres guinéens et pauvres victimes ! Alpha Condé a misé sur les bourreaux pour construire et établir sa dictature. Cellou Dalein Diallo a mis Dadis dans ses calculs politiciens pour arriver au pouvoir. Un procès à la CPI va coûter beaucoup d’argent pour la communauté internationale. Ainsi, opposition, société civile, pouvoir et communauté internationnale, personne n’a été réellement intéressé à ce que justice soit faite en rapport avec le génocide du 28 septembre 2009. Une erreur collective qui va coûter très cher à la Guinée et à l'Occident qui portera le fardeau des refugiés. Car, ce dernier crime n’a pas été que politique. Sa dimension ethnique et sa portée politique sont trop grandes pour que le génocide du 28 septembre reste sans conséquences en Guinée. Voir au lien ci-dessous la liste des victimes !

A l’attention des Forces vives et de la communauté internationale.

Si ces victimes étaient en majorité des partisans du RPG, les choses se seraient passées autrement en Guinée et dans le monde: justice aurait été rendue, les victimes auraient été soulagées, pendant la transition déjà. Lire une réaction d'Alpha Condé au nom du parti RPG (Lire) !

En politique, le plus important, c'est d'avoir le leader qu'il faut. Si vous choisissez votre leader par sentiment, sans tenir compte de sa personnalité et de son caractère, votre plus grande chance, c'est d'accumuler des pertes, c'est de pleurer et enterrer interminablement et vainement des morts.

Quant à la Cour Pénale Internationale, suivre la vidéo ci-dessous pour se convaincre qu'il ne s'agit que d'un regroupement de corrompus et de marionnettes au service de l'Occident. C'est tellement logique et évident tout cela: Fatou Bensouda n'a jamais été une personnalité modèle pour mériter une telle place. Au contraire, elle a été choisie parce que son profile de procureur général de la République au service du dictateur gambien faisait d'elle le personnage pourri et moralement tordu que l'on peut utiliser à dessein à la CPI. Elle offrait le profile parfait d'une esclave nègre prête à tout pour des petits privilèges. Elle n'a pas déçu ceux qui l'ont choisi. La vidéo:

Faut-il condamner la Cour pénale internationale ?


 

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VOS COMMENTAIRES

GuineePresse29/09/2016 06:51:52
Si ces victimes étaient en majorité des partisans du RPG, les choses se seraient passées autrement en Guinée et dans le monde: justice aurait été rendue, les victimes auraient été soulagées, pendant la transition déjà. Lire une réaction d'Alpha Condé au nom du parti RPG :

http://www.guineepresse.info/index.php?id=20,12235,0,0,1,0

En politique, le plus important, c'est d'avoir le leader qu'il faut. Si vous choisissez votre leader par sentiment, sans tenir compte de sa personnalité et de son caractère, votre plus grande chance, c'est d'accumuler des pertes, c'est de pleurer et enterrer interminablement et vainement des morts.
Bangaly Traore02/10/2016 18:32:32
Nous demandons la justice..le gouvernement est incapable d'etablir la justice mais un jour il aura la justice et la verite en guinee