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Guinée: une énième traitrise de l'UFDG de Cellou Dalein Diallo!
2016-10-07 22:38:03 Au sortir de sa rencontre du 1.er septembre 2016 avec Alpha Condé, Cellou Dalein Diallo a affirmé que lui et le Président se sont mis d’accord sur un certain nombre de décisions. Nous savons aujourd’hui lesquelles ! Dès le début de ce nouveau dialogue politique amorcé le 22 septembre 2016, nous avions émis des réserves sur son issue. Nous avions craint que le dialogue n’ait d’autre but que de légitimer et valider l’option du pouvoir qui viole les lois du pays et lui permet de garder la mainmise sur les pouvoirs locaux et communautaires du pays (Lire 1, 2 et 3). Malheureusement, cette fois-ci encore, l’UFDG de Cellou Dalein Diallo n’a pas fait exception à sa règle de toujours trahir les victimes qui se sont sacrifiées en répondant à son appel, le peuple et ses collègues alliés qui se battent à ses côtés pour le respect des lois et des accords passés. Si dans le passé, le jeu de Cellou Dalein et son obligé Aboubacar Sylla choisi à dessein comme porte-parole de l’opposition n’a pas été clair pour beaucoup de Guinéens, cette fois-ci ils ont été complètement démasqués. Voyons ! Vu les expériences du passé avec les ministres de l’administration Alhassane Condé et celui de la justice Cheick Sakho, les opposants autour de Cellou Dalein se sont entendus, pour ce dialogue, de ne plus accepter un fonctionnaire ou un membre du pouvoir comme Président du cadre de ce dialogue. Que c’est une personnalité neutre qui devait en être le président. Mais une fois dans la salle avec les partisans du pouvoir (RPG), c’est Aboubacar Sylla, au nom de l’opposition, qui propose le militaire et ministre actuel de l’Administration, le général Bourema Condé, comme président du cadre de dialogue. La mouvance est d’accord à l’unanimité et sans donner aucune chance à une opinion contraire, le représentant d’Alpha Condé devient maitre de la situation. Proposé par l'homme de Cellou et député UFDG, Aboubacar Sylla. Les opposants autour de Cellou s'étaient également entendus de rester fermes sur le respect et l’application des accords du passé et non accepter qu’on en modifie les termes dont la correction du fichier électoral, l’organisation des élections communales et communautaires et la reforme de la Ceni. Mais l’accord final rejoint plutôt le pouvoir dans sa volonté de ne pas laisser élire démocratiquement mais plutôt nommer des responsables locaux et communautaires (conseillers, responsables de quartiers et de districts). Ainsi, le RPG d’Alpha Condé et l’UFDG de Cellou Dalein Diallo qui ont tous les deux déçu les populations à la base, qui ont peur de la compétition des listes indépendantes et des nouveaux partis émergeants se sont entendus de n’organiser des élections que partiellement et de procéder à la nomination des conseillers Communaux, des responsables de quartiers et de districts. Cela permet à chacun des deux (UFDG et RPG) et, par dégât collatéral, à l’UFR, de garder sa position sur l’échiquier politique établi par Alpha Condé avec l’aide de Sabari / Waymark. Au mépris de la démocratie, de la Constitution et du code électoral guinéen (notamment les articles 135 et 136 de la Constitution et article L 102 et article L 114 du code électoral) ! Si chaque parti doit garder sa position actuelle en Guinée, cela serait à l’avantage de qui en réalité ? Le RPG gardera toujours la présidence et l’UFDG le poste de chef de file de l’opposition. Soit Cellou ne comprend pas cela soit il travaille en réalité pour le RPG. Réaction d’un intellectuel guinéen résident à Munich en Allemagne, après la conclusion des accords : « Tant que Cellou est chef de file de l’opposition, le RPG sera au pouvoir et fera ce qu’il veut.» Réaction d’un compatriote de la diaspora le 4 octobre 2016: « Les dirigeants des partis politiques impliqués dans ce dialogue doivent obligatoirement respecter l'article 3 alinéa 3 de la Constitution qui dispose : les partis politiques doivent également respecter les principes de la souveraineté nationale et de la démocratie, l'intégrité du territoire et l'ordre public. Cela veut dire par conséquent, ils n'ont pas le droit de nommer des représentants du peuple qui doivent être élus selon les lois en vigueur, ils n'ont pas le droit de violer notre souveraineté nationale représentée par la Loi suprême de notre pays. Il s'agit d'un sujet extrêmement important pour notre présent et notre avenir, car il n'y a pas de démocratie sans démocrates. Chaque acteur politique doit s'engager personnellement à respecter les principes de la démocratie et de l'État de droit. » Dans cette forfaiture et la manifestation du déni d’un droit constitutionnel des populations guinéennes, ce sont les manœuvres de Cellou qui nous ont très étonnés : A la septième journée du dialogue, le mardi 4 octobre 2016, la mouvance et ses complices de l’opposition se sont entendus d’organiser les élections communales et par la suite, procéder à la nomination des chefs locaux et communautaires, en violation de la Constitution et du code électoral en vigueur. Le leader du BL, Faya Millimono émet des objections à cette option qui serait une violation des lois du pays : « Dans le cadre présent, il s’agit de définir les modalités d’application des accords. Mais, je crois qu’on est en train d’outrepasser cela pour aller vers la modification des lois ». Sans tenir compte des positions de ce leader et acteur du dialogue ni de ses arguments juridiques valables, l’opposition autour de Cellou et la mouvance déclarent au sortir du dialogue qu’elles ont trouvé un accord sur la question : organiser uniquement les élections communales (des maires) et procéder à la nomination des chefs de quartiers et districts au prorata des résultats qui vont sortir des élections communales. Faya ne se laisse pas entrainer si malhonnêtement dans ce qu’il ne veut pas : il fait connaître sa position et ses objections devant la presse et au grand public (Lire). Vu que la mouvance et l’opposition qu’incarne Cellou voudrait présenter cet accord comme un consensus guinéen, ils trouvent un plan de faire revenir Faya dans la salle pour que les accords soient signés en sa présence : Cellou organise une réunion en urgence au QG de son parti pour tromper Faya et le mettre en confiance pour qu’il revienne être présent quand ils vont signer l’accord au nom de toute l’opposition. Il indique que la décision d’accepter la proposition des nominations des conseillers communaux, chefs de quartiers et districts n’a pas été prise. Tout rentre donc en ordre. Cellou déclare au sortir de la réunion : « On a pu aplanir certaines divergences et malentendus (…), aujourd’hui toute l’opposition est sur la même longueur d’onde. » (Lire). Faya vient donc avec eux pour la finalisation des accords le jeudi 6 octobre 2016. Quand il s’est rendu compte de la tromperie, il quitte la salle et dénonce la supercherie qui conduit à la pire des violations flagrantes de la constitution et du code électoral (Lire). Toutes nos félicitations à ce leader politique digne et fiable ! Nous attendons de connaître la position de la société civile qui était représentée audit dialogue politique. Commentaire du député de la mouvance Amadou Damaro Camara à l’adresse de Faya : « Pour ce qui concerne les retraits ou autres, vous avez en politique, c’est aussi un rapport de force. On a beau avoir la volonté, quand on n’a pas le vote, on est obligé d’attendre jusqu’à ce qu’on en ait. » (Lire) Faut-il apprendre à ce député que la Constitution est le produit d’un consensus national que tout le monde est tenu de respecter pour qu’on parle d’Etat de droit et de démocratie ? C’est justement le rapport de force électorale que le RPG et son partenaire UFDG ne veulent pas sur le terrain en faisant recours aux nominations des responsables locaux à la base qui sont les acteurs-clés de toute élection en Guinée. Le pouvoir tente d’aller plus loin en profitant de la collaboration actuelle de Cellou et son parti UFDG : comme en 2012 pour la loi portant sur la Ceni, ils veulent se servir des collabos Cellou et ses obligés pour modifier le code électoral et supprimer les élections à la base en faveur des nominations directes par l’administration. D’où la nécessité de repousser les communales à février 2017. Ainsi, le pouvoir guinéen et ses partenaires de l’opposition, au lieu d’appliquer la loi, décident de la modifier pour la rendre conforme à leur volonté. Ce serait la fin future de toute participation de l’opposition à la gestion et aux activités politiques à la base. Doit-on accepter cela comme ça ? Alpha Condé a toujours voulu modifier le code électoral pour supprimer l’obligation d’organiser des élections communales et communautaires pour élire des responsables de base dans les communes, quartiers et districts, mais il lui manque la majorité requise pour cela au Parlement. Avec le partenariat que Cellou lui propose, il a désormais la majorité absolue pour ses opérations de recul de la démocratie en Guinée. Certes Cellou et son parti soit sont des idiots incurables soit trompent le peuple pour servir le RPG (Lire 1, 2, 3 et Lire). Mais ceux qui sont au pouvoir aujourd’hui pensent-ils à une éventualité de se retrouver du côté de l’opposition un jour ?
GUINEEPRESSE.INFO
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