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2008-10-07 23:53:54
Vous avez parfaitement raison, M. Camara. Notre regretté grand leader, l'inestimable et très démocratiquement élu (à 99,99% chaque fois, rien à voir avec les dictateurs faisant du 100 ou plus pour cent) AST mérite tous les égards. Le peuple révolutionnaire de Guinée lui a toujours voué un amour et une reconnaissance sans bornes. Même en se balançant au bout d'une corde, sous le pont du 8 novembre (pour mieux prendre l'air, c'est connu).
Il est établi qu'il a toujours respecté la volonté populaire, étant son serviteur suprême, et qu'il n'y a jamais eu, au grand jamais, de (faux) complots, comme les ennemis du peuple s'évertuent à le faire savoir. Il n'a jamais fait tuer personne, sauf les ennemis que le vaillant peuple, unanimement, faisait pendre aux carrefours. Malgré le Responsable Suprême en fait. Parait qu'il en pleurait pendant des jours. Cinquante mille fois au moins. Les morts aux frontières étaient simplement atteints par les balles perdues des chasseurs (les militaires aussi ont le droit de chasser non ?). La révolution n'a strictement rien eu à voir dans cette affaire de chasse à l'homme, soyons sérieux.
D'ailleurs, il est prouvé que le fameux Camp Boiro n'a jamais existé (voir les documents véridiques établis par notre autre inestimable ancien ministre et réelle nouvelle momie, le professeur ès constructions révolutionnaires, parrain de clubs à la mémoire de Sékou Touré, Gualéma Guilavogui). Il y aurait eu, à sa place, un camp de vacances (photos certifiées non truquées, disponibles à l'adresse du cher professeur)… Chacun cherche son agrégation comme il peut.
Ce sont donc de pures calomnies. Tout le monde sait, qu'après avoir chassé les méchants colons, il (AST) est l'auteur de remarquables réalisations, en tous les domaines : des milliers de kilomètres de routes et autoroutes en état impeccable à ce jour, une électrification jusque dans les dernières chaumières de mon village, l'adduction d'eau à la mesure du "château d'eau de l'Afrique occidentale". Il faut vraiment lui reconnaître ses immenses réalisations, sans chipoter.
C'est pourquoi d'ailleurs notre pays est littéralement envahi par tous nos voisins, émerveillés par nos grandes prouesses et réalisations industrielles, économiques et sociales. Au point que chacun de nous est un professeur de droit ambulant, un ingénieur Bac plus dix... Il et évident que les quelques rares Guinéens qui ont fui notre paradis sont des fous ou des aveugles. Pour les punir, aucun d'eux n'aura le droit de vote dans notre beau pays. Bien fait pour ces égarés : on peut éventuellement bourrer les urnes, par inadvertance certainement, ça peut arriver à tout le monde. Cela ne donnant de toute façon pas le droit de voter par les pieds.
N'écoutez pas les bobards au sujet de l'insécurité actuelle : ce sont des jaloux qui les colportent : je peux sortir et laisser ma porte ouverte (plus exactement entrebâillée, faut pas exagérer) sans aucune crainte. Juré. Les militaires du Camp Alpha Yaya, avec à leur tête qui vous savez, le grand K ( qui casse tout, je ne le nomme pas par pur respect, pas par peur, vous vous en doutez.) s'occupent de ma sécurité et de celle de tous les Guinéens, de Conakry à Yomou, même si quelques malencontreux coups de fusils leur échappent de temps en temps. Pas grave, les candidats morts n'avaient qu'à ne pas se trouver sur leurs trajets, tout de même. Il reste que ceux qui sont ramassés, froids et raides tous les matins dans les banlieues de Kaloum et ailleurs doivent être tous soigneusement interrogés. Il parait que certains font semblant d'être décédés, ou ne le sont pas suffisamment. Comme quoi, on ne peut plus faire confiance en personne, mort ou vivant. Ne pas oublier de leur demander les cartes d'identité, à toutes fins utiles.
Alors, vive la première et la deuxième Républiques, et nos inestimables et valeureux dirigeants. Vive le Responsable suprême et ses illustres continuateurs, fraichement décorés du cinquantenaire par décret du Général, de l'ordre du colatier du mérite, en attendant celui des tomates pourries (bien que Conté ait oublié, l'ingrat, de citer notre AST, son professeur, dans son discours).
Vive M. Camara, grand défenseur de la vérité populaire révolutionnaire, jamais tortionnaire !
En revanche, je ne remercie pas M. Nabbie Touré, cet empêcheur de tourner en rond de journaliste. Quelle idée de se mêler de ce qui le regarde ? Et si chacun faisait comme lui, quelle catastrophe nationale ! Celui-là, il a vraiment besoin d'une cure de redressement "populaire révolutionnaire" au Camp Kwame Nkrumah, juste aux pieds du Kakoulima. Dommage, j'aurai révolutionnairement aidé à cette tâche. Comme au bon vieux temps. Il ne sait vraiment pas ce qu'il rate. Les bonnes habitudes se perdent décidément, mon bon monsieur !
Prêt pour la Révolution !
Dr Thierno A Diallo
thiernoad@hotmail.com
VOS COMMENTAIRES | |
| camara | 08/10/2008 01:03:27 |
| Il semblerai que vous avez ete aussi l'un des pioniers de la revolution? felicitation Mr Diallo. | |
| Diawara | 08/10/2008 09:07:14 |
| Salut camara. Vu l'age de monsieur Diallo on peut bien repndre à cette question par l'affirmative. Au temps de la révolution, tout guinéen était obligatoirement du PDG (déclaré par décret présidentiel "parti-état", "parti du peuple"). Chaque école et chaque quartier du pays était obligée annuellement de fournir un groupe de danseurs et de chanteurs qui doivent chanter le nom de Sékou, sa mère, son père ou son parti pdg. La sélection était faite par les autorités scolaires ou du PRL. Donc si une fille ou un enfant est choisi, alors c'est obligatoire pour l'intéressé et sa famille. Sinon CAMP BOIRO pour acte ant-revolutionnaire. Les enfants intelligents sont sélectionnés pour faire les pioniers ou jeunesse de la revolution. Le refus peut conduire les parents au CAMP BOIRO. Donc, ce Docteur qui parlent beaucoup et bien a certainement été remarqué par les démagogues du PDG à l'époque. On n'a pas besoin de féliciter une personne pour quelque chose qu'il a été contraint de faire. Il l'a fait juste pour avoir sa paix et son droit de vivre dans la grande prison d'alors, la Guinée de Sékou Touré. | |
| M. Diallo | 08/10/2008 09:48:15 |
| Bravo docteur! Votre texte est genial. J'espère seulement que les enfants de la révoltion comprendront cette magique ironie. | |
| Soumah | 10/10/2008 10:25:07 |
| Bonjour Dr Diallo Un conseil : je te demande, comme le recommande aussi les principes de la profession que tu exercice, de bien vouloir t'occuper de nos frères souffrant dans les hôpitaux au lieu de perdre tout ton temps à repondre à des personnes se disant professeurs ou docteurs en france ou USA. Tous ceux qui écrivent à partir de l'extérieur, beaucoup font partis des clubs des sans abris, pas de domicile fixe, ni une occupation. Ils ont perdu à jamais. C'est pas parce que ils ne veulent pas rentrer au pays, ils n'ont aucuns moyens. certains corps sont brûlés ici parce l'intéressé n'a aucune adresse. Alors, si vous êtes docteur occupez-vous à nos pauvres mamans n'écoutez ceux n'ont rien à faire. Un docteur c'est la contcentration, c'est la reflexion en vue de diagnostiquer un mal. je sais compter sur votre bonne compréhension | |