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Les ministres Doré et Damba quittent le gouvernement de large ouverture

Les dessous d'un limogeage


2008-10-16 00:04:04

Le 14 octobre, le Général Conté a signé un énième décret limogeant de leurs fonctions les ministres Mohamed Damba, Sécurité et Protection Civile et Ousmane Doré, Economie et Finances. Dans un autre décret, il a procédé à un changement au niveau des gouvernorats de Conakry et de Boké. Ainsi, M. Malick Sankon, Gouverneur de Conakry, est démis de ses fonctions. C'est M.Soriba Sorel Camara, ancien député et conseiller politique à la Présidence, qui le remplace. A Boké, le gouverneur Siafa Béavogui, interpellé récemment suite à l'atterrissage nocturne d'un avion des narcotrafiquants à l'aérodrome de Boké, est remercié pour “faute lourde”. Il est remplacé par M. Nawa Damey, ancien préfet de Kérouané.

Les départs de M.Doré et Damba suscitent beaucoup de commentaires dans le microcosme politique guinéen. Si certains lient le limogeage du ministre des Finances au fiasco protocolaire dans l'organisation du cinquantenaire, d'autres y voient plutôt un règlement de comptes. En effet, depuis belle lurette, Doré et Tidiane Souaré étaient à couteaux tirés. Le Premier Ministre, chef du Gouvernement, dépensier à ce qui semble, n'appréciait pas les refus de décaissement que ne cessait de manifester M. Doré. Celui-ci avait comme argument que les ministres et autres cadres devraient réduire au maximum leurs missions à l'étranger en vue d'éviter la dilapidation des maigres devises au niveau de la Banque Centrale.

Comment le ministre des finances de Kouyaté peut-il se montrer aussi rigoureux au moment où le clan a mission de remettre le PUP en selle ? 

M. Doré était subitement devenu soucieux de l'atteinte par la Guinée du point d'achèvement à l'initiative PPTE (pays pauvres très endettés). C'était naturellement le cadet des soucis du Premier ministre qui cherche à séduire Mamadou Sylla et autres proches du Président. De toute façon, Doré n'était pas non plus de bonne foi et cherchait visiblement à se foutre du nouveau PM qui, également est tout sauf propre. Souaré aurait décaissé près de 70 000 dollars rien que pour son récent voyage à New York dans le cadre de la 63ème session de l'Assemblée Générale de l'ONU. Voilà que le limogeage de M. Doré intervienne la nuit même du départ du Premier Ministre accompagné d'une forte délégation pour le Canada, à l'occasion des rencontres de la Francophonie.

L'autre point de discorde entre Doré et Souaré et même Alpha Ibrahima Kéïra, ministre secrétaire générale à la Présidence: la gestion des sous du cinquantenaire. M. Kéïra reprocherait à Ousmane Doré de n'avoir pas donné de l'argent  “à la Présidence de la République” pour célébrer le cinquantenaire. Quant à Ahmed Tidiane Souaré, il n'a pas aimé avoir été mis à l'écart par le protocole dans le cadre des festivités du cinquantenaire.

On sait que c'est la Première Dame Henriette Conté qui avait déposé la gerbe de fleurs à la Place des Martyrs. Sous les regards du Premier Ministre Souaré et du Président de l'Assemblée Nationale. Quand il avait été question de hisser le drapeau guinéen à l'occasion de la rentrée dans l'année du cinquantenaire, l'honneur avait été donné à Elhadj Somparé. Le protocole avait complètement ignoré le Premier Ministre Souaré. Et Ousmana Doré étant le président de la commission interministérielle d'organisation du cinquantenaire, on a vite fait de penser qu'il est l'auteur de tous ces manquements au protocole dans le but d'affaiblir Ahmed Tidiane Souaré. Ce dernier n'aurait trouvé qu'un faux prétexte dans “les ratés” au cours du défilé du cinquantenaire pour accuser le ministre des Finances de tous les maux.

Pour ce qui est du ministre Mohamed Damba, sa gestion cavalière du dossier d'expulsion-bis de Chantal Colle n'est pas étrangère à son éviction de son poste. Suite aux remous suscités par la mise en résidence surveillée de Mlle Colle, le Président Conté n'avait pas tardé de s'impliquer dans le traitement du dossier. Le Général Président avait vite convoqué son ministre de la Sécurité. Celui-ci n'avait pas manqué de souligner au Chef de l'Etat qu'il avait reçu du Premier Ministre l'ordre d'expulser la PDG de la société Alo, brandissant du coup l'arrêté d'expulser signé par l'ancien ministre de l'Intérieur et de la Sécurité, Mamoudou Bo Kéïta. Mais tout le monde sait d'où venait cet ordre. Toujours est-il que le Président Conté avait exigé de M. Damba de signer un arrêté annulant l'acte pris par son prédécesseur. Le Premier Ministre n'avait pas gobé l'accusation de M. Damba. On connaît la suite.

Namory Condé


 

2 commentaire(s) || Écrire un commentaire

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VOS COMMENTAIRES

AHMADOU16/10/2008 11:13:22
Arretons d'épiloguer sur la fanfaronnade des voyous de conakry,cherchons à faire arreter conté et les bandits qui l'entourent
kamin souh mahomy16/10/2008 13:45:26
Je vous remrcie infinement Mr Amadou