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Pourquoi le fameux "plan Marshall" pour l'Afrique n'est pas nécessaire et serait contreproductif (Par BC Tamboura)2017-07-09 09:18:32 "IL FAUT UN PLANS MARSHALL POUR L'AFRIQUE". C'est la nouvelle chanson à la bouche de plusieurs chefs d'Etats africains. Au nombre, on est déçu de voir même un Allassane Ouattara qui, contrairement à beaucoup d'entre eux, sait que l'origine de l'état d'arriération du continent n'a rien à voir avec la mise en œuvre d'un hypothétique plan Marshall pour l'Afrique. Que des présidents, ignorants, voleurs, médiocres et corrompus comme Alpha Condé s’égosillent en réclamant un « plan Marshall » pour l’Afrique peut se comprendre. Alpha Condé et certains de ses pairs sont devenus champions de la mendicité internationale. Après avoir épuisé tous les faux arguments justifiant leurs échecs lamentables, ils s’érigent, soudainement, en chantres de l'appel international au "plan Marshall pour l’Afrique". Au lendemain de la seconde guerre mondiale, les pays européens alliés des États-Unis étaient dans un état de destruction et de délabrement économiques avancés. Le Plan Marshall qui s'appelle aussi "the european recovery program" (ERP), était une initiative américaine pour aider des pays d’Europe de l'ouest. Le montant de l'aide s'est élevé à 13 milliards US$ de 1948 soit en valeur nette actualisée aujourd'hui 130 milliards US$ de juin 2016. Ce Plan a duré 4 ans à compter du 18 avril 1948 et a porté sur la reconstruction de la prospérité des pays bénéficiaires par la suppression des barrières commerciales, la modernisation des industries et la reconstruction des infrastructures. Au nombre des principaux pays bénéficiaires, la Grande Bretagne a reçu 26% de l’aide, la France 18% et l’Allemagne de l’ouest 11%. 15 autres pays se sont partagé les 45% restants à l'exception de l'ancienne union soviétique et de ses satellites qui ont refusés l’aide. Ce Plan porte le nom de l'ancien secrétaire d'Etat américain Georges Marshall qui était l'ancien chef d'état-major des armées américaines durant la seconde guerre mondiale. Si le Plan Marshall a été conclu en 1952 par un véritable succès, celui-ci était en grande partie due à l'existence dans les pays européens récipiendaires d'infrastructures administratives solides c'est-à-dire des ETATS capables d'identifier des programmes efficaces et de les mettre en œuvre sans corruption ni détournements. Ces pays, contrairement aux pays africains, disposaient de ressources humaines efficaces, d'ingénieurs et d'administrateurs compétents. Depuis les indépendances, certains économistes affirment que les pays africains ont bénéficié "d'un Plan Marshall permanent" pour les résultats mille fois inférieurs à ceux atteints en Europe après la seconde guerre mondiale. Des études sérieuses indiquent que, durant les années Post indépendance, le montant par tête d'habitant de l'aide déversée sur l’Afrique était de 6US$ / habitant contre 2US$ / habitant en Asie du Sud-est, laquelle s'est pourtant rapidement développée laissant le continent africain végéter dans la misère. L'aide aux pays africains n'est simplement pas allée la où elle aurait dû aller c'est-à-dire à la construction des infrastructures indispensables au développement économique même pas à la mise en place de structures permettant l'édification d'ETATS viables et performants: la vérité est que les chefs d'ETATS africains et leurs clans ont simplement détournés l'aide internationale reçue. En plus, des statistiques montrent que, de 1973 à 1993, l'Etat fédéral du Nigeria a engrangé des revenus pétroliers de près de 450 milliards US$. Ces ressources auraient pu non seulement développer le Nigeria mais aussi toute la sous région ouest africaine. À une échelle plus réduite, de 2011 à 2017, Alpha Condé, le nouveau chantre du fameux Plan Marshall pour l'Afrique, s'est personnellement enrichi de 1,4 milliards US$ (voir détail dans l'article "ALPHA CONDÉ OU LA PRÉDATION À L'ÉCHELLE INDUSTRIELLE “). Cette somme volée à la Guinée aurait à elle seule suffit à déclencher le développement économique de la Guinée en assurant la mobilisation de plus 3,6 milliards US$ supplémentaires. Selon l'ancien président sud africain Thabo Mbeki, chaque année, l'Afrique perd 50 milliards US$ de ressources illicites qui sortent du continent pour alimenter les banques européennes, américaines et asiatiques. Tant que cette situation persistera, tant que la corruption, le vol et le pillage du continent par ses propres fils continueront, l'espoir d'un hypothétique développement de l'Afrique sera du domaine du rêve. Les chefs d'ETATS européens, américains et asiatiques ne devraient pas céder à cette escroquerie sous forme de chantage. Ils doivent d'abord exiger et obtenir des pays africains que des administrations efficaces soient bâties sur le continent et que les mécanismes pertinents de prévention et de lutte contre la corruption soient mises en place.
BC TAMBOURA
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