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2008-10-16 22:12:20
Le développement des nouvelles technologies de l’information et de la communication n’a pas que des effets bénéfiques. En Afrique, cette révolution apporte un coup dur à ce que ce continent recelait toujours de particulier. Car, de nos jours, les filles en Afrique sont en passe de se promener nues. Partout dans les rues, nos sœurs imitent les images vues soit à la télévision, soit dans un magazine de mode. Aujourd’hui, de la dépigmentation à l’accoutrement, les Africaines s’adonnent à tout et les autorités restent aveugles !
La Guinée n’est pas à l’abri de ce comportement. D’ailleurs ici, on en fait de trop.
Si l’ouverture de la Guinée au monde extérieur lui apporte bonheur et prospérité sur le plan de l’épanouissement des citoyens, il n’en demeure pas moins que certaines couches de la société abusent aujourd’hui de cet acquis. En témoignent ces types d’accoutrements, parfois bizarres et inappropriés auxquels s’adonnent la presque totalité des filles. Même si on en parle que peu, le port d’habits extravagants par nos sœurs soulève le courroux de bon nombre de citoyens. Si certains s’attaquent au phénomène en accusant le libéralisme d’en être à la base, d’autres par contre, estiment que l’extravagance vestimentaire est plutôt liée à un problème d’éducation. Les parents se trouvant ainsi rendus responsables de ce mauvais comportement décrié presque de tous.
Le constat est d’autant plus amer que même les filles des hautes campagnes s’habillent aujourd’hui sans gène dans des vêtements qui laissent saillir certaines parties de leur corps.
« Si avant, la jeune fille avait honte que les hommes voient ses cuisses et son nombril, aujourd’hui celles qui ne le font pas sont taxées de dépassées. Donc, des filles qui ne sont pas à la mode… », souligne un père de famille. Mais, est-il seulement question d’exposer ces parties érotiques ? Au demeurant, la réponse est non. Car, de nos jours, la pauvreté aidant, elles sont nombreuses les filles qui tirent profit de leur charme. Au-delà, ce sont de nombreuses familles qui y trouvent leur subsistance. Le commerce corporel, voilà la nouvelle donne en Guinée de Lansana Conté, de Somparé et de Souaré.
A la question de savoir pourquoi certains parents semblent cautionner des comportements qui déshonorent leurs foyers, un spécialiste en éducation répond : « Je pense que cela relève de l’irresponsabilité des parents, mais aussi de tant d’autres facteurs liés notamment à l’évolution actuelle du monde. Notamment au développement de la science et des technologies de la communication qui font qu’aujourd’hui tout ce qui se produit en un point du globe est vécu à la minute près par tout le monde. Et je pense que seul l’effort des parents, étayé par celui des gouvernements peut limiter les dégâts ».
Quant aux conséquences, notre interlocuteur les classe en deux catégories : la dépravation des mœurs et la prolifération des maladies tels que le Sida et autres maux affiliés.
« Dans l’ancien régime tout était contrôlé. C’est pourquoi d’ailleurs à l’époque les filles ne contractaient pas de grossesses comme ça se passe maintenant. De surcroît, les débits de boissons alcoolisées n’étaient pas exposés et il fallait avoir un certain âge pour s’adonner à certaines pratiques comme faire la cour à une fille, fumer la cigarette et boire de l’alcool. Aujourd’hui les choses ont radicalement changé, grâce, dit-on au libéralisme instauré au lendemain de la prise du pouvoir par l’armée… », se souvient ce nostalgique de la période de la révolution.
Encore que la dépigmentation et le port de faux cheveux dits perruques et autres mèches endommagent sérieusement la vie de nos futures mamans. Certaines villes comme Kindia ne veulent plus voir une fille moulée dans un pantalon sexy. Tout contrevenant s’expose à des bastonnades, humiliations et autres amandes. Dans tous les cas, les sages disent en avoir marre de voir les filles se balader dans les quartiers, nues comme des hommes préhistoriques. Si l’Etat ne joue pas vite son rôle dans le domaine socioculturel, ce sont des groupes autoproclamés qui risquent de le faire, avec toutes les dérives que cela peut entraîner.
Linda Bah