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Guinée: que reste-t-il encore de l’UFR?


2017-11-05 11:29:19

En Guinée, on peut se demander aujourd’hui quel peut être l’avenir du parti de Sidya Touré, l’Union des Forces Républicaines (UFR) dans le paysage politique guinéen ? En effet, à cause de la position ambiguë de la direction de ce parti qui combine l’amateurisme et l’opportunisme politique, le RPG au pouvoir et son président Alpha Condé qui tient la Guinée comme un bien personnel a fini par débaucher toutes les personnalités visibles de ce parti en Guinée.

Après la réélection frauduleuse d’Alpha Condé en octobre 2015, Sidya Touré, frustré du refus de Cellou Dalein Diallo d’accepter le choix d’un candidat unique de l’opposition (en sa personne), a fait une déclaration publique selon laquelle son parti est désormais disposé à soutenir le Président Alpha Condé pour son second mandat qui débutait. C’est exactement la déclaration que tous les partis de la mouvance présidentielle ont faite. Il rencontre Alpha Condé le vendredi 23 octobre 2015 pour 1 h 40 minutes d’entretien. Il justifie son revirement, avant même la proclamation des résultats de la présidentielle, par le fait que Alpha Condé lui aurait dit :

« Je souhaiterais que pendant les cinq années que je vais avoir, je puisse faire de belles réalisations dans mon pays. Je veux mener un travail qui va faire que moi aussi je puisse laisser mon nom en Guinée ».

Cependant, Sidya Touré, opportuniste et nain politique, est incapable d’assumer son choix et son revirement politique. Il veut avoir les privilèges du pouvoir sans renoncer aux parts d’opposant. Il veut soutenir le Président mais son parti garde sa place dans l’opposition. Une première dans l’histoire. Ainsi, carte blanche est donnée aux opportunistes pour se faire remarquer du dictateur et son parti au pouvoir, chercher chacun sa part de billets de banque, de poste ….

Alpha Condé saisit l’occasion et fait entrer l’UFR au gouvernement en nommant Mohamed TALL, le Chef de Cabinet/Porte-parole du parti UFR, ministre de l’élevage et de la production animale. L’UFR affirme que cela n’engage que l’intéressé et que le parti n’a pas été consulté ou associé à la démarche. M. Tall a donc été débauché.

Des cadres du parti UFR sont débauchés à divers niveaux par Alpha Condé et son parti au pouvoir. L’UFR dont la direction est entrain de courtiser le dictateur est obligée de se taire là-dessus. Pourtant ce fut une des raisons de colère de ce parti contre l’UFDG de Cellou Dalein Diallo : débaucher ses cadres ou personnalités influentes.

Après les Capi Camara, Rougui Barry (décédée) et Mohamed TALL, Alpha Condé vise et débauche le sommet du parti, son président Sidya Touré en personne en le nommant Haut Représentant du Président de la République (chef de l’exécutif auquel l’UFR est censée s’opposer). Sidya Touré renonce au mandat du peuple qui l’a choisi député national au profit d’un décret farfelu et vide de sens d’Alpha Condé. Il rejoint l’exécutif et en incarne le chef que lui-même a maintes fois qualifié de dictateur et violeurs récidiviste des lois du pays, tout en continuant à se réclamer de l’opposition !

La confusion que crée Sidya Touré et les opportunistes qui l’entourent comme Baïdy Aribot fera que, ce parti n’a pas pu correctement prendre part et influencer les accords politiques du 12 octobre 2016 qui vont avoir une conséquence non-négligeable sur son avenir politique et la stabilité sociale en Guinée. A propos, Bouréma Condé, le Ministre de l’Administration du territoire et de la décentralisation le jeudi 3 novembre 2016 :

« Avant, l’UFR signait par la personne de Mohamed Tall au compte de l’Opposition. Il y avait deux signataires pour l’opposition au sortir de l'accord du 20 aout 2015 : M. Aliou Condé de l’UFDG et M. Tall de l’UFR (désormais membre du gouvernement…). Mais au cours de ce dialogue (de 2016), l’UFR n’était ni opposition ni mouvance, il faut avoir le courage de le dire. »

Ainsi, l’opportunisme de Sidya Touré a mis son parti et ses cadres dans une situation inconfortable et dangereuse pour l’avenir du parti et de la démocratie en Guinée. La trahison de l’UFR est la cause principale de la réussite du couple maléfique RPG/UFDG à faire passer une loi électorale anticonstitutionnelle et mortelle pour cette troisième force politique du pays et des petits partis. Face à cette situation, les grands intellectuels qui meublent ce parti et qui faisaient sa crédibilité ont étonné plus d’un en défendant et en essayant de justifier cette position floue qui est une première dans la politique sur le plan mondial, avec leur capacité de nier l’évidence et de chercher à relativiser l’absolu.

En Guinée, avec l’UFR, on peut représenter le Président à sa demande personnelle, lui gratter le ventre, lui servir de guide auprès des populations et électeurs, porter ses mouchoirs etc. et revendiquer le titre et les parts d’opposants !

Alpha Condé exploite à fond cette situation : le jeudi 2 novembre 2017, il frappe encore plus haut en débauchant un autre gros poisson de l’UFR : Baïdy Aribot, Secrétaire Exécutif du parti que beaucoup prenaient pour le dauphin de Sidya, est nommé comme 2ème vice-gouverneur de la Banque Centrale de la République de Guinée (BCRG). Ainsi, Baïdy aussi, le fondateur du Mouvement « Tout sauf Alpha Condé », renonce au mandat que la population du Kaloum lui a donné après de chaudes luttes aux législatives de 2013 pour être au service d’Alpha Condé. Et Mohamed Tall, et Sidya Touré, et Baïdy Aribot, ayant préféré le décret d'Alpha Condé au mandat du peuple, n'ont plus de choix que de continuer à faire le jeu du dictateur ou se retrouver sans rien et politiquement insignifiant en Guinée. Plus que le RPG, c'est donc eux qui pourraient être les acteurs-clés du projet du maintien à vie au pouvoir d'Alpha Condé dont ils dépendent désormais, avec toutes les conséquences que cela pourrait avoir en Guinée.

Le seul personnage public qui reste encore crédible dans l’UFR est Ibrahima Sory Makanéra de France. A lui, nous souhaitons longue vie dans sa position honorable !

Les populations guinéennes sont responsables de leur sort dû au fait que les hommes politiques ne jouent plus que pour leurs intérêts personnels. Si les dirigeants du RPG et ceux de l’opposition ne pensent qu’aux postes et à des fonds à partager, piétinant les droits élémentaires des citoyens, laissant les routes du pays dans un état impraticable, laissant les villes se noyer dans les ordures (cela est valable pour les communes dirigées par l’UFDG aussi comme Labé), c’est parce que notre choix politique n’est conditionné que par l’appartenance ethnique ou régionale. Si on sanctionnait les trahisons, si on conditionnait notre soutien politique et notre vote électoral par le mérite, le bilan et l’engagement pour la défense des droits et du bien-être des citoyens ou du peuple,  notre vie ne serait pas aussi misérable qu’elle est aujourd’hui en Guinée.

 

GUINEEPRESSE.INFO


 

5 commentaire(s) || Écrire un commentaire

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VOS COMMENTAIRES

Elias Kamara05/11/2017 12:45:11
Apparemment le meeting de l'UFR tenu hier Samedi au Palais du peuple ne vous laisse pas dormir.
Lamine Soumah05/11/2017 13:55:24
Monsieur Kamara vous ne semblez rien comprendre de cet article. La mobilisation dans un meeting avec des personnes transportées dans des cars et motivées par des cadeaux ou que l'on tente de faire venir sur fonds de solidarité ethnique n'impressionne personne et ne mène à aucun succès politique, sinon l'UFDg serait déjà au pouvoir. Il est question ici de position où situer l'UFR. Ce parti est devenu comme une ---- entre la mouvance et l'opposition. L'UFR veut être avec tout le monde mais elle ne satisfait personne. Le ministre Bouréma Condé l'a très éloquemment dit en public.
Mohamed Kourouma05/11/2017 14:24:37
Des vérités incontestables!
ABOU BANGOURA06/11/2017 19:07:14
Un coup du Maitre encore, merci GIPresse. A ma simple comprehension et a travers de ce que je vois a distance en Guinee , le cas de UFR ne me parrait pas dupe dans sa position pendulaire sur tout en Guinee.
Etant la troisieme qui se reclamme de << deuxieme >> force politique,ce Parti avait essaye son rapprochement avec UFDG et de son Opposition Republicaine. Cela lui a valu de pertes enormes de ses militants au profit du RPG-AEC a l'epoque,... . Aujourd'hui,le rapprochement de Sydia Toure avec le President Alpha Conde et non le RPG-AEC ( de ce qu'on voit officiellement ) lui a valu d'acquerir un certains credits aux yeux de ses electeurs desistes auparavant. Les militants de UFR sont aveugles d'une realite de leur President Sydia Toure , c'est sa carrure d'homme d'Etat , sa capacite de diriger la Guinee. Les autres partis ne font pas la promotion de leurs leaders mais plutot le nombre militants.
N'oublions pas qu'en politique aussi, le terrain, les circonstances et le temps determinent beaucoup sur positions radicales. Le bon choix suffit largement !
En tout cas celui qui nous demande a l'heure actuelle qui et pourquoi, parmis les leaders guineens peut etre UN CHEF DU PEUPLE , nous repondrons c'est le President du BAG, M. ABDOULAYE SADIO BARRY parce qu 'il a une vision de rassembleur et de justice.
Le regard07/11/2017 08:58:13
En acceptant le haut poste d alpha le président de l ufr et son parti ne sont plus de l opposition. Ils doivent clairement assumer leur position.

L autre question est de savoir si l ufdg est de l opposition ou joue à faire croire qu elle est de l opposition.