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2008-10-27 18:29:32
L’entretien que la veuve du dictateur guinéen a accordé à Guinénews, comme l’article de Galéma, se vantant d’avoir été ministre de la dictature du PDG et du régime militaire, illustrent la panique des bourreaux qui ont montré leurs talents dans les cabines techniques du camp Boiro et des casernes du pays. La soudaine réaction de Sangaré Nfaly contre la reconnaissance de la responsabilité de l’Etat guinéen dans les crimes politiques de 1958 à nos jours est un indicateur précieux et éloquent que l’heure de la vérité historique a sonné.
DIEU SOIT LOUE !
Plus rien ne peut arrêter le cours impétueux de l’histoire pour révéler, sans entrave, au peuple martyr de Guinée, l’ampleur de l’imposture, de la félonie, de la lâcheté et de la forfaiture du clan familial criminel au pouvoir de 1954 à 1984, comme le montrent les étapes du parcours du pays développé ci-dessous.
Les réalisations économiques, sociales, culturelles et le rayonnement personnel international de Sékou Touré ayant été profondément étouffés et ternis par l’ampleur des assassinats politiques qu’il a ordonnés depuis sa première élection à Beyla en 1953, ses héritiers, qui ont survécu aux massacres de leurs parents en 1985, s’agitent pour faire diversion et détourner le peuple de Guinée du vrai débat pour redresser leur gestion. C’est pour cela qu’ils se livrent à des digressions pour détourner les populations et les occuper à occulter la recherche des charniers où ils ont enfouis l’hécatombe humaine de l’élite intellectuelle de notre pays qu’ils ont provoquée.
Ils veulent ainsi distraire les victimes en chair et en os de la concentration nécessaire à une réflexion sereine pour collecter les témoignages des martyrs tués par la révolution. Ils reprennent la seule stratégie politique qu’ils connaissent : semer la zizanie dans les rangs d’en face pour échapper au jugement des victimes et de l’histoire qu’ils invoquent. Mais n’est pas Sékou qui veut ; son talent oratoire n’est pas héréditaire !
2-. Etapes de la trahison de Sékou Touré.
A*-. L’imposture de Sékou Touré.
« L’imposteur est une personne qui abuse de la confiance d’autrui par des mensonges en usurpant une qualité. » Larousse.
Durant tout son combat politique, Sékou s’est fait passer pour un patriote honnête, protecteur des faibles et défenseur des opprimés. Son talent oratoire, inégalable pour capter et captiver les masses populaires, lui a permis de conquérir, de haute lutte, un pouvoir charismatique incontesté. Malheureusement, il a orienté cet immense et puissant capital de confiance contre tous ceux qui, Guinéens et Etrangers, l’ont soutenu, mais qui lui portaient ombrage par leur seule présence à ses côtés dans une tribune. Aucune famille n’a été épargnée.
B*-. La félonie : « C’est la trahison. » Larousse.
Dans tous ses discours fleuves, de quatre à cinq heures, sans notes, Sékou a proclamé vouloir assurer le bonheur des Guinéens et des Africains. Mais il a toujours accusé les autres de l’en empêcher. Alors, à chaque fois et peu avant la date de l’évaluation des résultats de sa politique, dont l’échec était prévisible, il dénonçait, à point nommé, un « complot » dans lequel il embarquait ceux qui ne lui plaisaient plus à cette date-là. Cette tactique de gouvernement, invariablement répétée comme une litanie, s’est traduite par un cauchemar interminable pour les Guinéens, condamnés à la peur, la faim et réduits à la mendicité.
C*-. La forfaiture : c’est « le manque de loyauté. »
Sékou Touré doit son ascension politique d’abord à son mérite personnel, immense et admirable. Il a été puissamment aidé par des femmes et des hommes, guinéens et étrangers. Il a consacré son pouvoir à les humilier, pourchasser, persécuter, briser leur force physique, avant d’exécuter tous ceux qui étaient à la portée de ses milices. Parmi les premiers, citons les plus emblématiques : El hadj Fofana Mamadou, Mme hadia Camara Loffo, Ray Autra, Jean Faragué Tounkara, Bangoura Kassory, tous ont mis à sa disposition leur argent et leurs réseaux d’influences. Tous, aujourd’hui morts, ont fini leurs parcours au camp Boiro. Tous les Etrangers qui l’ont porté au pouvoir, Houphouët-Boigny, François Mitterrand, Rolland Pré, ancien gouverneur de la Guinée et beaucoup d’autres, ont subi les foudres injurieuses des colères dont il avait le secret.
Les cinq mille hauts fonctionnaires du cadre commun supérieur et les premiers universitaires formés après la deuxième guerre mondiale ont été tués parce qu’ils étaient issus des familles qui ont construit la Guinée et écrit son histoire. Tel est le dernier témoignage laissé par Keita Fodéba sur les murs de sa cellule au camp Boiro et révélé par René Gomez dans son livre : « camp Boiro : parler ou périr. »
D*-. La lâcheté : manque de courage moral qui porte à profiter de l’impunité.
Sékou Touré envoyait ses milices à minuit pour cueillir ses « proies » et les conduire à l’abattoir, au camp Boiro. La tenue blanche obligatoire que tous les Guinéens étaient obligés de porter devenait leur linceul. Il n’a donné aucune chance à aucun détenu d’une explication contradictoire et d’une confrontation pour réfuter les accusations portées contre ces femmes et ces hommes incapables de tricher.
Il les a privés de la moindre comparution devant un tribunal, y compris les mascarades à prétention judiciaire qu’étaient « les tribunaux populaires » qu’évoque de façon cynique Sangaré Nfaly. Il a étouffé, par anticipation, toute expression publique des suppliciés car elle aurait montré au peuple sa fourberie. Il faut dire aussi que l’état physique de la majorité des détenus n’était pas présentable.
Conclusion.
Les rescapés du PDG seraient avisés, comme le leur ont conseillé Thierno Diallo Telli et Mata Thiam, de se taire et de se terrer, comme ils l’ont fait jusqu’à présent, pour mériter l’indulgence des victimes et du peuple. Ils devraient être heureux et soulagés par la maturité intellectuelle et la noblesse d’âme des victimes, rescapées des camps et des familles des disparus. Fidèles à l’éducation et à la culture de leurs familles, ils ont dominé les rancoeurs. Ils n’ont jamais proclamé une quelconque parole déplacée accablant la veuve du dictateur et les enfants de cette famille criminelle. La veuve, son fils et ses parents devraient y réfléchir.
Docteur Thierno Bah
VOS COMMENTAIRES | |
| DIALLO M. Dian | 28/10/2008 12:18:16 |
| Voila une analyse pertinente. elle rappelle à ceux qui semblent l'avoir oublié ou qui l'ignoraient ces quelques vérités historiques: 1) Sékou Touré a sévit contre toutes les ethnies guinéennes et toutes les couches sociales. 2) Le régime de S. Touré n'était pas malinqué. Ses victimes étaient autant malinqués que Soussous, Guerzés, Peuls,Kissis, Tandas ETC...Il était clanique.Sa famille tenait l'essentiel du pouvoir, en particulier les services de sécurité. | |