|
|||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
Idrissa Thiam et le fonds koweitien
2008-10-29 18:53:51 De rares personnes gravent leur nom dans l’histoire de leur pays. Certaines d’entre elles l’y inscrivent sur le plan de la vertu, d’autres par contre l’y écrivent sur le plan du vice, de la délinquance et des forfaitures les plus ignominieuses et diverses. Parmi ces autres, le directeur du protocole d’Etat, qui était de 2002 à 2008 à la tête d’une des plus grosses fortunes ‘’clandestines’’ du pays. A ce personnage qui était jusque là haut placé, on ne connaît pourtant aucun héritage ni de ressources particulières, il n’est ni opérateur économique ni auteur d’ouvrage à succès et n’a jamais joué ni tenté la loterie. Encore une fois, et tel que nous l’avons déjà écrit, s’il est riche, c’est parce que Idrissa Thiam a eu une audace unique et quasi-suicidaire puisqu’il a fait ce que personne encore (de tous les prédateurs connus) n’avait jamais osé : celle de détourner tout le montant d’une dette nationale annulée et dont les intérêts ont été reprofilés dans certains secteurs prioritaires par le donateur. A propos du fonds koweïtien. Idrissa Thiam se retrouve ainsi au cœur d’un scandale portant sur 20 millions de dollars USD ayant produit sur 30 ans des intérêts de 20 autres millions de dollars USD. Soit 256 milliards de francs guinéens, l’équivalent de près d’un quart du budget national. Après la révélation d’un tel scandale, l’opinion publique se demande ce que faisait encore Thiam Idrissa à la tête du protocole d’Etat… Idrissa Thiam n’a pas hésité de voler 40 millions de dollars, constituant capital et intérêts d’un prêt contracté sous la 1ère République auprès du Fonds koweïtien. Le Fonds koweïtien, du fait de l’appartenance de la Guinée à la Ummah islamique et des difficultés que rencontrait le pays qui venait à peine de sortir d’une agression rebelle, annule la dette de 20 millions de dollars et oriente les agios de 20 millions de dollars à la construction de centres de santé, de pistes rurales, d’écoles et de forages. Mais, et malheureusement pour les neuf millions de Guinéens, la lettre du Fonds koweïtien sera interceptée par une dame qui va la monnayer avec Idrissa Thiam, alors en service à la section Réfugiés et Apatrides de la DAJ (direction des Affaires Juridiques) au ministère des Affaires étrangères. Assuré d’un réseau de complicités dans les rouages du département des Finances bien imprégnées en annulation de dettes et procédures bancaires, Thiam Idrissa ouvrira un compte de relais à la BCRG et des comptes privés dans les banques primaires de la place. D’ailleurs, un hebdomadaire de la place, ‘’La vérité’’, en avait longuement parlé dans ces colonnes. C’est ainsi qu’à partir de 2002, Thiam Idrissa - qui était surtout connu dans les milieux de délivrance de visas où il trempait dans de louches affaires - est devenu l’un des Guinéens les plus fortunés. Les habitants de Conakry sont, depuis lors, des témoins au quotidien de son train de vie luxueux à outrance. Rien que son parc automobile particulier - constitué d’une dizaine de véhicules tout haut de gamme (Chrysler, Nissan Murano, Infinity, Audi, VW Passat, Touareg, Toundra…) - est estimé à plus de 2 milliards 500 millions de francs guinéens. Dernièrement, ce parc s’est enrichi de trois autres 4x4 dont les derniers modèles en date de Hummer (2) et de Nissan (1). Quant au parc automobile familial (épouses, enfants, sœurs et mère), il ne comporte pas moins d’une vingtaine de véhicules haut de gamme. La famille dispose en outre (question de petits jetons) de 44 taxis et 9 minibus, communément appelé ici ‘’magbana’’. Les oncles et autres proches ont également bénéficié de cinq Nissan 4x4. Que dire d’une de ses proches parentes à qui il a offert un duplex et 3 villas de haut standing sans compter qu’il lui change – au même titre que ses épouses – de voiture à l’occasion de chaque nouvel an ? Dernièrement, Thiam lui a fait cadeau d’une vanne Chrysler pour… ses virées nocturnes et du week-end. Un vrai conte de fée pour Thiam Idrissa et ses proches et le pire des cauchemars pour le reste des neuf millions de Guinéens. A noter surtout qu’après la parution du numéro 83 du journal ‘’la vérité’’, qui l’accusait d’être au cœur d’un des plus gros scandales financiers de la 2ème République, Idrissa Thiam a procédé à des transferts de fonds et des virements sur des comptes ouverts au nom de ses enfants et d’autres sous des noms d’emprunt. A ce niveau, le plus petit des montants virés s’élève à 250 millions de francs guinéens. Thiam Idrissa se révèle donc être un des plus gros prédateurs de l’économie guinéenne. 40 millions de dollars américains font 256 milliards de francs guinéens, l’équivalent ou plus du quart du budget national ! Avec 256 milliards de francs guinéens, combien d’hôpitaux, de routes, de ponts, de forages aurait-on pu construire ? Combien d’enfants aurait-on préservé de la dérive ou sauvé de l’analphabétisme, des épidémies ? Combien d’emplois aurait-on pu créer à travers des projets de développement ? L’opinion publique nationale est donc choquée jusque dans l’âme, et à juste titre, par cet acte de haute forfaiture économique qui n’est ni plus ni moins qu’un crime de la pire cruauté. Chaque milliard volé en Guinée équivaut à la destruction des vies de dizaines de jeunes adolescents qui sont ainsi condamnés à devenir criminels. Tout le monde se demande comment et pourquoi ce Thiam est-il toujours en liberté ? A cette question, réponse d'une pauvre de la capitale : « qui est mieux que lui, parmi les responsables, pour l’arrêter ? En plus, on ne peut pas arrêter Thiam sans Sam.» Lamine Soumah
5 commentaire(s) || Écrire un commentaire
|
|||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
|
|||||||||||||||||||||||||||||||||||||||