2008-10-29 21:57:54
Aller en Europe ou aux Etats-Unis. C’est la préoccupation essentielle des jeunes guinéens vivants aussi bien dans les campagnes que dans les grandes villes. On estime ici que l’Europe, il suffit d’y être pour avoir du boulot et de l’argent. Cependant, la plupart de ceux qui partent sont loin d’être préparés. Pas de métier, analphabète et n’ayant aucun papier. Et si en Afrique nous, nous recevons n’importe quel blanc, en Europe ou en Amérique, tout est filtré et tamisé. Comme pour dire que chez eux pas de place pour les « pagailleurs ».
C’est justement par ce flot de voyages hors normes que la Guinée depuis près de 4 ans accueille ses populations rapatriées d’Europe.
Au début du mois d’octobre dernier dans les environs de 5 heures du matin, un avion a atterri à l’Aéroport international de Conakry avec à bord 20 jeunes guinéens expulsés du territoire espagnol. Il s’agit de 20 jeunes tous originaires de Koundara, préfecture située dans la région administrative de Boké.
Informés de la situation, le ministre de la Réconciliation nationale, Oury Bah et Dr Alhassane Makanera, directeur en charge des Guinéens de l’étranger, se sont rendus sur les lieux pour s’enquérir de la situation.
Certains rapatriés ont reconnu que leur sort est lié au manque de papiers justifiant leur présence sur le territoire espagnol. Ibrahima Bah, l’un d’entre eux explique qu’ils sont tous partis de Koundara pour Ziguinchor au Sénégal. Là, ils se sont embarqués à bord de ces fameuses barques moyennant chacun un demi-million de francs CFA pour Las Palmas.
A leur arrivée dans cette ville, ils ont été appréhendés par les services de sécurité espagnols. Et comme ils ne disposaient pas de permis de séjour, ils ont été conduits au Consulat de Guinée en Espagne où ils devaient passer une quarantaine de jours pour espérer normaliser leur situation.
Mais au trente huitième jour, « nous avons été rapatriés vers Conakry » explique Ibrahima Bah selon qui, le manque d’emploi en Guinée serait à l’origine de leur aventure.
Trois de ces vingt jeunes expulsés se trouvent actuellement à la maison des jeunes de Matam et sont gravement malades.
Lamine Soumah

Revenir en haut de la page