2008-11-02 00:14:39
Au début de la semaine, on le disait gravement malade et comateux. Après les violentes manifestations qui ont visé son ami Mamadou Sylla, Conté sort de son « coma » !
Le général Lansana Conté, au pouvoir en Guinée depuis 1984, s'est rendu samedi à Boké (300 km au nord-ouest de Conakry), a annoncé à l'AFP la préfecture de région, au lendemain d'importantes manifestations et pillages qui ont fait un mort selon une source policière.
Des centaines de jeunes Guinéens en colère avaient bloqué vendredi le train minéralier de la Compagnie des Bauxites de Guinée (CBG) à Boké, avant de piller le domicile de l'homme d'affaires el-hadj Mamadou Sylla, proche du président.
Au cours d'un pillage, "un fauteuil lâché d'un étage du bâtiment avait atterri sur un enfant, tué sur le coup" avaient affirmé des manifestants à l'AFP. Une source policière, jointe par téléphone, a confirmé ce décès.
Les manifestants exigeaient le rétablissement de la desserte en eau potable, la fourniture d'électricité et la réhabilitation des routes dégradées de Boké et ses environs par la compagnie des bauxites de Guinée (CBG), selon une source policière.
Le président Conté, de l'ethnie Soussou comme les populations de Boké et des environs, tentera de calmer "ses frères", a déclaré à l'AFP une source gouvernementale à l'AFP. Il "s'entretiendra avec des représentants" de la population locale, selon la même source.
Le chef de l'Etat, âgé de 74 ans, n'avait pas participé aux cérémonies officielles marquant le 50e anniversaire du pays début octobre à Conakry et se déplace rarement.
Samedi matin, des militaires envoyés en renforts étaient déployés dans la ville, apparemment calme, selon des habitants joints au téléphone par l'AFP. Mais des coups de feu ont été entendus dans le centre. "Nous procédons simplement à des tirs dissuasifs pour empêcher les manifestants de sortir aujourd'hui encore", a expliqué un officier de gendarmerie sous couvert de l'anonymat.
Le train minéralier d'une centaine de wagons rempli de bauxite, reliant le site de Sangarédi au port de Kamsar, était toujours bloqué samedi à Boké, où des manifestants ont érigé des barricades sur la voie ferrée.
La CBG exploite depuis 1973 les riches gisements de bauxite de la région.
Le président d'une organisation pour le développement socio-économique de Boké avait adressé à la mi-octobre un "courrier d'avertissement" au gouvernement, expliquant que la population en avait "marre de souffrir de la pauvreté ambiante assise dans une mine qui enrichie la planète".
Source : AFP
En 2007, ce sont des signes pareils qui avaient précédé les soulèvements populaires de janvier-février. La prochaine fois que le peuple se lèvera, personne dans l’entourage de Conté et de ses serviteurs ne le survivra. Tout le monde est averti.
GuineePresse.info

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