URL: http://www.guineepresse.info/index.php?aid=1930



Appel pour des assises de la société civile des guinéens de l’extérieur


JUSTIFICATIF

2008-11-08 13:14:03

A la veille des mouvements populaires de juin 2006 et de janvier-février 2007, le débat d’idées qui agitait la Toile sur l’Internet reflétait un profond mouvement de structuration de la société civile. Débat qui renvoyait à la situation nationale, caractérisée par un échec global dans tous les secteurs de la vie :

  1. Le droit des personnes bafoué,
  2. L’économie en ruine,
  3. La gestion politique catastrophique,
  4. La vie quotidienne des masses devenue un enfer, un scandale humanitaire, etc.

Qu’en est-il aujourd’hui ?

 1)Il y a eu un changement radical, un progrès inouï au plan de la prise de conscience populaire qui a débouché sur les évènements de juin 2006 et surtout ceux de janvier-février 2007. Une véritable insurrection populaire qui a exigé un changement radical, avec notamment la disqualification sans appel de tout le personnel de la haute administration, y compris selon certaines interprétations, le premier magistrat du pays, qui sont responsables de la mal-gouvernance.

2) Depuis la mise en place d’un « gouvernement dit de consensus » (équipe de M. Kouyaté), puis celui de M. Souaré dit « de large ouverture », nous devons constater qu’il y a un retour en force de tout le personnel ci-dessus disqualifié, une aggravation de la mal-gouvernance et la pérennisation de la misère populaire.
Deux exemples suffisent pour illustrer cet amer constat.
Avec une équipe pléthorique de 37 ministres ( en comptant le premier d’entre eux ), coiffée par le chef du gouvernement entouré de 38 conseillers, dont 7 ou 8 sont d’anciens ministres tous (ou à peu près  ) décriés, on est loin du changement réclamé par le peuple il y a moins de deux ans. Qui s’ajoutent au personnel de M. Kouyaté, non moins marqué par les mêmes réserves populaires.

3) Tout aura été  dit de ce retour à la case départ, devenue un véritable  abîme, en évoquant le scandale de la célébration du cinquantenaire, scandale financier avec plus de 20 milliards empruntés à celui-là même qui fut un des torchons brûlants de l’incendie des journées de janvier-février, humiliation diplomatique devant des chefs d’Etat qui se demandaient ce qu’ils sont venus chercher dans cette galère, parodie d’un véritable examen de conscience nationale après 50 ans ponctués de crimes de sang et de crimes économiques.

La prise de conscience massive et radicale du peuple de Guinée, dévoyée par des accords tripartites foulés au pied, un cinquantenaire de cirque, émaillé d’actes manqués loufoques, de trous de mémoire, hanté par l’odeur de sang des martyrs, tout ceci a un nom :

Une crise de leadership généralisée.

Que faire ?

Prendre conscience que les forces rétrogrades, voire négationnistes nous ont ramenés à la case départ.
Alors que le débat d’idées commençait à se structurer avec La Plate-forme des Organisations de la Société Civile regroupant le C.R.A.C. (Collectif de Réflexion et d’Action pour le Changement, le C.I.C.(Collectif Initiatives Citoyennes), Manifeste Odyssée 2010, suivi d’un second manifeste devenu COTRADEG et même d’un troisième (Barry IV..) qui rejoignaient d’autres initiatives, tels que la Coordination des associations des Guinéens de France (C.A.G.F), l’A.G.P.D. (Association des Guinéens Pour la Démocratie, U.S.A.), D.L.G (Demain La Guinée), des associations de jeunes telles que l’A.J.G.F (« Association des Jeunes Guinéens de France »), le M.J.G.F. (« Mouvement des Jeunes guinéens de France ») etc., sans oublier des plumes singulières de doyens qui valent signatures collectives et d’autres plus jeunes mais non moins leaders d’opinion ; bref  le débat s’était structuré fortement à telle enseigne que la diaspora ne s’était pas laissé surprendre par les évènements de juin 2006 et janvier-février 2007.

Joignant l’acte à la plume, ces initiatives de la société civile se sont investies dans des marches et un substantiel apport financier qui ont été salués et appréciés par l’ensemble des forces en grève.
Hélas les démons de la dispersion, surgis des décombres du  reflux du mouvement national récupéré, menacent à nouveau d’anéantir les progrès réalisés depuis 2005 en matière de structuration du débat.
 
En effet, on assiste à nouveau à une démultiplication des Appels, (tout en saluant un des derniers, celui dit Initiative de Bruxelles), qui sont une manière biaisée, déguisée, d’être sourd à l’APPEL A L’UNITE. Car il ne nous faut qu’un seul appel lancé d’une seule voix, la voix de tous les Guinéens de l’Extérieur.
Cet appel doit s’adresser à tous sans tabou, sans exclusive, sans anathème.

 1) A condition qu’il exige ce que le peuple debout de janvier-février avait demandé. A savoir le changement radical de la gouvernance ce, depuis les dérives de la première république, jusqu’aux dévoiements des gouvernements dits de consensus et de large ouverture, en passant par les espoirs vite déçus du discours programme sous l’égide du C.M.R.N, des lois très libérales du C.T.R.N.
2) Cet appel, qui sera une déclaration, devra être lancé le même jour à la même heure partout où se trouve un Guinéen.
Nous ne pensons pas qu’il nécessite encore des conciliabules, des palabres, des frais de déplacements, et des débats sans fin.
Puisque tout sera dit lors des assises.
Voici la substance de l’appel qui engage :

Le fiasco de la célébration du cinquantenaire, les commentaires qui l’ont suivi, illustrent l’échec et le bilan globalement négatif des deux républiques. Pourtant, le sursaut national lors de l’insurrection populaire de janvier-février  avait exigé un changement radical :

  1. évaluation des performances et des échecs  sur tous les plans de la vie nationale pendant ces cinquante ans,

2) recherche et mise en évidence des crimes économiques et des crimes de sang, avec identification de leurs auteurs,
  3) la fin de l’impunité, ces trois exigences étant la condition sine qua non pour toute réconciliation nationale ou selon une autre lecture, l’apaisement des cœurs meurtris des victimes et de leurs héritiers et/ou ayants droit,
 (4) enfin la mise en place d’un gouvernement de transition qui déterminera les prémices d’un Etat de droit, en définissant les conditions de possibilité d’élections libres et transparentes qui seules pourraient permettre la représentation des diverses composantes et sensibilités de la nation.

Vu l’aggravation des conditions de vie des populations retombées dans le désespoir, les signataires du présent appel proposent la tenue dans les plus brefs délais, d’Assises de la société civile des Guinéens de l’Extérieur pour débattre de l’ensemble des problèmes accumulés depuis 50 ans afin de contribuer à la recherche et à la mise en œuvre de leur solution.

Ont signé :
   
    1 S. N. Bokoum, écrivain, signataire du Manifeste Guinéee Odyssée 2010
    2 Le C.R.A.C
    3 Amadou Sadio Bah, pour le C.I.C.
    4 D.L.G. 
    5 A.C.T.O.G. (retiré de la liste à la demande des concernés)
    6 Thierno Monenembo, écrivain
    7 Ansoumane Doré Professeur d’université retraité,
    8 Dr Thierno Bah, médecin retraité
    9 Julien Condé, Administrateur de l’O.C.D.E., en retraite
    10 Jacques Kourouma
    11 Cheik Oumar Kanté, écrivain
    12 Sidoux Barry, économiste, journaliste
    13 Docteur Sylla Cheik Ousmane, médecin
    14 Docteur Seydouba Cissé, médecin
    15 Oumar Cissé de bma
    16 Sidikiba Keïta
    17 I.B.C.G (Initiative de Bruxelles)

Cliquez ici pour signer la pétition


 

0 commentaire(s) || Écrire un commentaire

Revenir en haut de la page