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Conakry : on a frôlé des affrontements interethniques entre lundi et mardi 11 nov.-08
2008-11-12 13:35:21 Quand on a un gouvernement qui excelle dans l’irresponsabilité et la démagogie, un Etat piétiné par des copines et camarades du Président, un Etat où un PM Souaré se croit obligé de courtiser des criminels de la république du genre Mamadou Sylla, il en faudra peu seulement pour que le pays prenne feu un jour. Une histoire de deux commerçants a failli déclencher une « guerre » entre deux communautés ethniques : peuhle et malinkée ! Les dessous : Une famille soussou loue des magasins à Madina SIG depuis longtemps. Parmi les locataires, un Malinké vendeur de pneus qui a duré sur les lieux. La famille propriétaire des lieux décide de vendre le complexe et trouve un preneur qui est Peuhl au hasard. Après vente, le nouveau propriétaire fait part aux locataires sa volonté de reconstruire les lieux et les prie de chercher ailleurs. Le locataire ne répond pas. Le délai étant expiré, le nouveau propriétaire fait recours aux services compétents pour le déloger par la force. Le vendeur de pneus refuse et parle de complot peuhl pour le chasser d’un local où il est installé depuis des années. Il n’en reste pas là : il fait appel aux jeunes organisés de son ethnie à Matoto (un groupe de soutien à l’ex PM Kouyaté). Ces derniers font appel à d’autres comme renfort pour venir régler des comptes « à ceux qu’ils accusent d’être responsables du départ de Kouyaté », d’après notre témoin. Du coup, des bruits courent et les commerçants peuhls de Madina se mobilisent à leur tour. Ils font appel aux jeunes de Bambeto, Hamdallaye et Coza avec les même arguments ethniques, pour assurer leur défense, dit-on. A Madina, c’est la panique : les boutiques ferment et la tension monte. Il aura fallu l’intervention des brigades de Conakry 1, 2 et 3 ensemble pour empêcher que ces jeunes arrivent sur les lieux à Madina. Ce matin, on semble avoir évité le pire. Quel enseignement est à tirer de cet incident ? D’abord, il serait mieux que les deux personnes qui ont cherché à faire d’un problème personnel une histoire d’ethnies soient exemplairement punies. Cette histoire pouvait opposer autant deux Malinkés que deux Peuhls. L’Etat de droit doit impérativement se créer et se renforcer en Guinée. Face à certaines injustices qui sont devenues courantes en Guinée, comme mettre un locataire à la porte sans avertissement, usurper le terrain du voisin etc., les gens seront tentés de faire recours à la solidarité familiale et ethnique. Aussi et surtout, occulter cette affaire serait la pire des erreurs du ministère de l’information. On doit informer correctement les populations qui se nourrissent de rumeurs et d’histoires arrangées selon les affinités et les éduquer : quand deux Guinéens ont un différend, d’autres compatriotes n’ont qu’à jouer un rôle de médiateur et non celui d’allumeurs de feu (ce qui est malheureusement devenu une spécialité guinéenne, surtout de la part des « doyens »). Beaucoup de Peuhls ou de Malinkés qui allaient mourir dans cette histoire, n’ont aucun lien ni intérêt avec la personne qu’ils voulaient « défendre ». Si ces jeunes Malinkés ou Peuhls n’ont pas à manger ou tombent malade dans leurs familles, ils ne vont certainement bénéficier d’aucune aide du « parent » Malinké ou Peuhl pour lequel ils risquaient de mourir. Disons "NON" à la manipulation ! GuineePresse.info
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