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Quelques raisons de la misère collective dans le monde d’aujourd’hui


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Un sans abri Allemand

 

LA GLOBALISATION

 

2008-02-11 19:28:54

Depuis l’amorce de la globalisation, le monde semble aller de plus en plus mal pour la majorité des populations, qu’elles soient du Sud ou du Nord. A mon avis, c’est la corruption du monde politique et non une conjoncture quelconque qui en est responsable. En Allemagne, par exemple, la conjoncture n’a jamais été aussi bonne et l’Etat n’a jamais enregistré de rentrées aussi massives de recette que maintenant. Mais la population allemande n’a jamais été aussi soucieuse de son quotidien. Je prends donc ce pays comme exemple.

Au début des années 90, le salarié allemand était un des mieux payés et l'Allemagne offrait à sa population une prospérité et un service social des plus élévés au monde. Après 16 ans de pouvoir conservateur et la réunification coûteuse du pays, cette prospérité s'est réduite bien qu'elle reste encore supérieure à celle de la plupart des Etats voisins.

Lorsque les socialistes et les Verts arrivent au pouvoir avec Gerhard Schroeder et Joschka Fischer, le déclin allemand s’accélère et prend une dimension nouvelle : on fait payer les études, les visites médicales, les attestations et presque tous les services sociaux, même aux plus économiquement faibles de la société. Dans le même temps, alors que les salaires progressent ailleurs, ils baissent en Allemagne au point qu’aujourd’hui, il y a des salaires de 2,8 euros bruts de l'heure dans cette « première puissance économique européenne » alors que le salaire horaire minimal est de 8 euros chez ses voisins. Cependant, le coût de la vie est plus élevé en Allemagne que presque partout ailleurs en Europe. Ainsi, un chômeur ou toute personne à faible revenu, comme la plupart des étudiants par exemple, paye mensuellement 130 euros pour l’assurance et 40 euros pour le transport dans la région de Rhénanie où le coût de la vie est pourtant moins élévé que dans le sud de l’Allemagne. A cela il faudrait ajouter les 650 euros à payer par semestre comme frais d’inscription ou de réinscription. Tandis qu’en Belgique, on paye 49,28 euros par trimestre pour l’assurance et entre 155 à 280 euros (selon la région) par an pour le transport.

En ce moment, on débat en Allemagne du bien-fondé du salaire minimum et la personnalité politique qui semble y être la plus opposée, Angela Merkel, originaire de l'ancienne RDA, est en tête des sondages ! Bizarre non ? Rien d’étonnant, quand on sait que le SPD qui en fait sa campagne aujourd’hui n’est autre que le responsable de ces baisses de salaires et de la suppression des services sociaux. Qui disait que les socialistes aiment tellement les pauvres qu’ils en fabriquent ? La majorité ne leur fait plus confiance.

Les  Allemands fuient aujourd’hui leur pays pour la Suisse, l'Autriche, la Suède, le  Canada, l'Australie, les USA et même la Pologne pour trouver une vie meilleure, au moment où la conjoncture est réputée être excellente en Allemagne !

Dans "Jeune Afrique" N°. 2406 du 18 au 24 février 2007, on relève :
« Principales destinations des émigrés allemands en 2005 »:

Suisse 14 409
USA 13 569
Autriche 9 314
Pologne 9 229
Roy. Uni 9 012
Espagne 7 317
France 7 316
Italie 3 435
Pays-Bas 3 404
Canada 3 029

Il faut signaler que ceux qui partent vers l’Afrique (Afrique du Sud, Kenya, Namibie, Gambie), l’Asie ou l'Amérique latine ne sont pas comptabilisés et que depuis lors, l'expatriation continue selon la presse allemande elle-même. Le travailleur allemand est devenu un des plus malheureux, et des plus pauvres de l’Union Européenne.

Jadis reconnus comme disciplinés, travailleurs, patriotes et correctes, les hommes politiques allemands sont devenus les plus corrompus et les plus tordus de l’Union Européenne : la plupart d'entre eux travaillent pour le compte de grandes entreprises en même temps qu’ils représentent le peuple. Conséquence : les décisions se prennent en faveur des entreprises qui les rémunèrent, au détriment des électeurs qu'ils sont censés représenter. Quand ils quittent leurs postes, ils obtiennent directement des emplois dans ces entreprises: des postes qui semblent leur être spécialement réservés au moment où ils étaient en fonction. Examinons quelques cas:

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G. Schroeder

Gerhard Schroeder (SPD)

Chancelier allemand qui a cédé la place à Merkel

Il est aujourd’hui le Président du conseil d'administration du grand consortium germano-russe Nord Stream (anciennement NEGP) que le gouvernement allemand a financé sous son ordre, au moment où il était Chancelier. Pour cet emploi il reçoit un « dédommagement pour travail fourni » de 250.000 euros par an. Cette affaire qui a coûté des milliards d'euros à l’Etat allemand en faveur de l’entreprise « russe » avait été décidée et arrangée sous sa responsabilité peu avant son départ de la Chancellerie. Par ailleurs, Schroeder se retrouve également Conseiller du consortium suisse Ringer. En plus, il est nommé Conseiller au ministère chinois des affaires étrangères pour faire la promotion de la médecine traditionnelle chinoise en Europe.

Joschka Fischer (Les Verts)

ancien Vice- Chancelier allemand sous Schroeder

Il était le Ministre des affaires étrangères et N°.2 du gouvernement. Après son départ du gouvernement, il sera Professeur invité à l’Université américaine de Princeton pendant un an. Aujourd’hui, il est à la tête de l’entreprise de service « Joschka Fischer Consulting ». Il s’associe à d’autres pour la promotion de « European Council on Foreign Relations » à l’image d’une entreprise américaine et avec le financement du généreux milliardaire George Soros.
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W. Clement

Wolfgang Clement (SPD)

ancien Ministre de l’Economie

A son départ du gouvernement en 2005, il avait plutôt l’air content car il était membre de conseils d'administration de plusieurs entreprises en même temps. Parmi elles, l’entreprise de bâtiment Dussmann, chez RWE Power et chez Verlag DuMont Schauberg. En octobre 2006, il y ajoute le poste de Président de "Adecco Institute", qui a été créé par « l’esclavagiste » mondial Adecco spécialisé dans la "Location de travailleurs et de travail temporaire".
Il faut préciser ici que c’est son gouvernement qui a fait la promotion du travail via les agences d'intérim, qui a conduit à la réduction des salaires et des acquis sociaux en Allemagne, notamment au profit de cette entreprise.

Werner Mueller (indépendant)

ancien Ministre de l’Economie de 1998 à octobre 2002

En juin 2003, il devient Président de la firme RAG. Entre temps, l’entreprise est devenue Evonik Industries. Mais contrairement au nom de l’entreprise, le chef ne changera pas.

Alfred Tacke

Secrétaire d’Etat de Werner Mueller

Depuis fin 2004, il est Président de la société d’électricité STEAG qui est une filiale de la RAG. Cette entreprise est actionnaire dans E.ON, l’une des 4 grandes entreprises qui ont le monopôle du domaine en Allemagne, empêchant toute évolution des prix en faveur des consommateurs. Avant chaque élection, les partis évoquent la dislocation de ces groupes mafieux au profit du peuple. Mais une fois au pouvoir, le sujet est oublié.

En 2004, c’est par l’autorisation ministérielle de ce même Secrétaire d’Etat Tacke que cet E.ON a pu fusionner avec l’entreprise Ruhrgas. Et comme le monde est si petit, l’ex- Chancelier allemand Schroeder fait partie des Conseillers de l’entreprise RAG !
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R. Schlauch

Rezzo Schlauch (Les verts)

ancien Secrétaire d’Etat parlementaire au Ministère de l’Economie

Il fut élu pendant les élections comme un écologiste convaincu et attaché aux valeurs de la nature. En changeant de profession, il devient partenaire dans le cabinet Mayer & Kambli à Munich et obtient un poste dans la société d’électricité EnBW spécialisé dans l’énergie nucléaire. Depuis 2006 il est aussi le Président du conseil d'administration de l’entreprise leipzigienne Spreadshirt AG.

Siegmar Mosdorf

Secrétaire d’Etat parlementaire au Ministère de l’Economie avant Rezzo Schlauch.

En 2002, il démissionna officiellement de son poste tout en faisant connaître son nouveau job dans l’entreprise CNC - Communications & Network Consulting AG. Il fut chargé là-bas des contacts avec les politiques et les organismes administratifs publics. Monnayer son carnet d’adresse ?

Otto Wiesheu

Ministre d’Etat de l’économie, l’Infrastructure, du Trafic et de la Technologie de la Bavière de 1993 à 2005
A l’automne, il négocia, pour la CSU, la politique du Trafic et des Transports avec la coalition gouvernementale. Aujourd’hui, il est le Chef de la Bahn (société des chemins de fer). A part cela, il a été négociateur entre Electrolux et IG Metall (Principal syndicat allemand des travailleurs) au sujet de la fermeture de la firme de fabrication d’appareils électroménagers AEG de Nuremberg.

Walter Doering (FDP)

Ministre de l’Economie à Baden-Wuertemberg jusqu’à juin 2004

En octobre 2004, il récupère un poste de chef dans l’entreprise REM AG. Dans le même mois, il devient le Président du conseil d'administration de la firme Alno qui est spécialisé dans les affaires de cuisine. Quand il était Ministre, il avait fait obtenir 8,5 millions d’euros à cette entreprise.
Depuis janvier 2007, il devient aussi Président du conseil d'administration de BBS à Schiltach.

Reinhard Klimmt

Premier ministre de l’Etat de Sarre (Saarland) de 1998 à 1999 et Ministre fédéral du Trafic, des Transports et de l’Habitat.

Aujourd’hui, il est actif dans la Deutsche Bahn AG.

Heinz Riesenhuber

Ministre de Recherche de la CDU de 1982 à 1993

Toujours membre du Bundestag, il siège également dans sept ( 7 ) conseils d'administration et une demi-douzaine d’organes de conseil de différentes entreprises.

Martin Bangemann

Ministre fédéral de l’Economie de 1984 à 1988 et après jusqu’en 1999 membre de la Commission Européenne.

Commissaire Européen, il était chargé du domaine de la Communication. Puis il devient Chef dans le consortium espagnol Telefonica.

Wolfgang Boetsch (CSU)

Ministre sous Helmut Kohl jusqu’en 1997

A partir de août 1998, conseiller chez Gemini Consulting pour les Télécommunications. En 2000 il entre dans le cabinet GSK comme spécialiste du droit public et de la télécommunication. En plus, il obtint des années durant 300.000 Mark (150.000 euros) par an de l’entreprise médiatique Leo Kirch alors qu’il était responsable politique.

Helmut Kohl, le Chancelier avant Schroeder, également devient serviteur de Leo Kirch à partir de mai 1999 comme conseiller, pour 300.000 euros l’année.
D’autres Ministres de Kohl vont également obtenir de l’argent de Leo Kirch : Theo Waigel, Juergen Moellemann (FDP), Rupert Scholz et Christian Schwarz- Schilling (tous deux CDU).

Friedrich Bohl

Ministre sous Helmut Kohl

Peu après son départ en 1998, il devient membre du directoire d’une grande entreprise de service économique pour des honoraires à six chiffres (millions). Dès décembre 1998 il est responsable à la DVAG. Cette entreprise engagea aussi, entre autres politiciens, Helmut Kohl comme Président de conseil et son ex-Ministre des finances Theo Waigel comme membre du conseil d'administration.

Avec tous ces exemples, vous comprenez certainement pourquoi les politiciens de ce monde prennent de plus en plus des décisions en faveurs des entreprises et au détriment des populations. C’est en fait une sorte de self-service.

SADIO BARRY


 

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