2008-12-07 13:53:34
Pour le changement en Guinée, il faut que chaque citoyen essaie de changer en soi, car l'individu constitue souvent le reflet de sa société, le produit de son peuple; or ce peuple n'est autre que cet individu-là. Que chacun de nous essaie donc de changer et d'abandonner les comportements qui font l'objet de critique de l'autre ou du gouvernement ! C'est-à-dire qu'en pointant du doigt la corruption, qu'on n'en fasse pas usage dans sa vie de tous les jours; en pointant du doigt le mercantilisme, qu'on mette en avant l'intérêt du commun, celui du peuple, l'intérêt public par rapport à intérêt individuel, etc. Il est facile de voir l'erreur d'autrui, contrairement à la sienne; or, on se découvre souvent à travers l'image du prochain.
Pour le changement en Guinée, il faut du vrai patriotisme, un patriotisme dans lequel tous les Guinéens se fixent le même objectif, le progrès du pays, un patriotisme qui doit interdire à chacun de vendre ou de nuire le patrimoine de son pays, un patriotisme qui fera de nous des hommes et des femmes d'action et non des râleurs réduits à une fonction de critiquer, un patriotisme qui fait de la Guinée et du guinéen intérêt sacré de tous.
Pour le changement en Guinée, il faut que le peuple soit à jamais uni, d'autant que les dirigeants ont toujours su diviser la population pour s'accrocher au pouvoir, et qu'on fasse de l'union le credo sacré de ce changement tant réclamé.
Pour le changement en Guinée, il faut nécessairement que l'éducation et l'enseignement soient sérieux et orientés de sorte qu'à bas âge, le petit guinéen sache tout son devoir envers la patrie; de sorte que les enseignements universitaires et professionnels puissent déboucher à des emplois rentables non seulement pour les étudiants et leurs familles, mais aussi pour l'Etat; de sorte que le pays aie des experts et des spécialistes, dans tous les domaines, au service du pays, afin qu'on ne soit plus obligé d'aller en cueillir en Occident aux prix de la tête; de sorte que l'Etat puisse préparer annuellement des bourses d'études dignes du nom pour les meilleurs au bac (par exemple les dix premiers de chaque option) en les prenant entièrement en charge et surtout leur réservant des vrais emplois qui correspondent à leur mérite, c'est un grand moyen d'empêcher la fuite des cerveaux qui ruine la Guinée et l'Afrique. L'éducation guinéenne a nécessairement besoin d'être réformée pour être maîtrisée; c'est le secteur-clé du developpement dans le pays de Camara Laye.
Pour un changement en Guinée, il faut une transparence entre l'Etat et le peuple, c'est-à-dire que le gouvernement fasse une déclaration de biens à l'investiture, à la passation de services et à la fin de fonction, ceci évitera au peuple de douter aux chefs et à ces derniers de tenter le pillage de la nation; une transparence qui se traduit par des conférences de presse régulières permettant aux dirigeants de répondre aux inquiétudes du peuple; une transparence par laquelle le gouvernement essaiera d'expliquer aux citoyens certaines décisions touchant directement leur quotidien, afin que ceux-ci puissent comprendre ce pourquoi ils doivent endurer les conséquences des dites décisions ( comme la baisse du carburant à un prix qui ne serait pas proportionnel à celle du baril dans le monde).
Pour le changement en Guinée, il faut que les Guinéens d'ailleurs, quel que soit leur statut, s'unissent, se fraternisent, s'entraident et s'organisent dans des associations afin de pouvoir réaliser des projets lucratifs et solidaires au bercail, car les expatriés quand ils sont bien organisés dans ce qu'ils font pour le pays( envoi d'argent, investissement, etc.) ils en seront des sérieux bailleurs de fond, les principaux. N'est-ce pas avec les 180 millions que les Maliens envoient annuellement au bercail font qu'ils financent leur pays plus que l'aide publique au développement. Cette aide compromettant par laquelle certains pays du sud s'enchaînent encore sous une autre forme. Même si nous n'avons pas de chiffre sur l'argent qu'envoient les Guinéens en Guinée, nous pouvons dire qu'ils sont dans l'ordre de la sous-région. Le Sénégal a récemment mis en place un département chargé de coordonner et d'orienter les investissements sénégalais dans leur pays: on fait tout pour encourager les éxpatriés de se retourner ou de retourner leurs potentialités au service de la patrie; c'est un bel exemple pour les autres gouvernements africains. Si l'Afrique fait la convoitise de l'Europe au 15ème siècle pour le développement de l'Occident, aujourd'hui, elle séduit tous les pays et toutes les civilisations, car, elle reste le meilleur terrain d'investissement; l'Afrique est un chantier: si les Africains ne prennent pas leur responsabilité, s'occuper dorénavant de leur patrimoine en toute autonomie, une autre histoire du continent pourrait s'écrire, sous une autre forme, par d'autres éventuellement. Le changement que demande la Guinée, tout le contient le réclame. C'est ensemble que les Africains pourront changer le destin de l'histoire commandée et falsifiée.
Pour le changement en Guinée, il faut qu'on s'engage à privilégier la vie de ses fils qu'à la sienne, à préparer les meilleures générations qui soient pour que la suivante soit toujours la meilleure que la précédente, il faut les dirigeants sachent préparer le plus bel avenir de leurs enfants, et non le compromettre, et ce, dans la voie la plus légale, non pas en pillant les biens des autres pour les inscrire à l'étranger et s'en foutre que ceux des pauvres crevant dans des écoles et des universités guinéennes ayant perdu toutes les qualités d'un tel établissement
Pour un changement en Guinée, il faut qu'ensemble on arrête de bipolariser la société en creusant un fossé entre guinées de l'intérieur et de l'extérieur, entre les jeunes et les vieux et entre les classes sociales: la Guinée est une et c'est en cet état qu'elle peut changer et resplendir dans le monde.
Que Dieu bénisse la Guinée et les Guinéens!
Ibrahima Amadou Bah

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