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Vacance du pouvoir en Guinée : Et si le scénario constitutionnel était encore viable ?2008-12-24 09:13:03 La disparition du général Lansana Conté dans un contexte politique compliqué plonge la Guinée dans une crise sans précédent. L’impasse n’est pourtant pas due à une absence de textes clairs prevoyant les modalités de la dévolution du pouvoir suprême. En effet, notre loi fondamentale, en son article 34, prévoit clairement qu’en cas de vacance de la fonction de président de la République dûment constatée, il appartient au président de l’assemblée nationale ou, à défaut, à un de ses vices-présidents d’assurer la suppléance pour une durée limitée. Or, précisement, l’absence d’une assemblée nationale ayant mandat du peuple rend l’application de cette solution problématique. Et certains compatriotes tirant les conséquences- à mon avis un peu excessives- de cet état de fait, proclament le scénario constitutionnel impratiquable. Cette solution est –elle defendable ? A mon avis, un tel raisonnement, confronté aux principes d’interprétation des textes juridiques, ne saurait tenir la route pour deux raisons principales.
Nul ne conteste que le mandat de l’actuelle assemblée nationale et, partant, celui de son président, soient arrivés à expiration. Dans la même logique, il est clair que la prorogation par l’assemblée nationale actuelle elle-même de son propre mandat par voie législative au mépris de toutes les règles de droit pertinentes, ne saurait être soutenue comme valant la restitution de la légalité à cette instance.L’illégalité de l’actuelle assemblée nationale et de son président ne souffrent donc d’aucun doute dans mon esprit.
Il a été fait état aussi, pour faire échec au scénario constitutionnel, de l’attitude personnelle du président de l’assemblée nationale actuelle, Monsieur Somparé. Entre autres reproches, il a été évoqué le retard dans la proclamation de l’incapacité de Lansana Conté- remarquons, au passage, que pour ce faire il faut l’accord du président de la Cour suprêmé- sa responsabilité éventuelle dans les crimes de la première République, son soutien au système nocif de Lansana Conté, son comportement peu démocratique… Ces accusations sont très graves, je l’accorde, mais ne sauraient contrebalancer la légitimité de sa prétention à la suppléance. Le problème n’est pas une question de personne, mais de fonctions. La personne de Somparé importe peu, je puis dire, c’est la fonction de président de l’assemblée qui compte. Lansana Conté fut un criminel, mais il était notre chef d’Etat ! Dès lors, l’application automatique de la règle juridique doit s’opérer en l’occurrence quel que soit le locataire de la présidence de l’assemblée. Toutefois cela n’induit nullement que les défauts qui l’entachent soient sans conséquences pour lui, simplement cela doit être constaté et sanctionné suivant d’autres modalités, par d’autres instances ou à d’autres moments. Il ne serait pas juridiquement soutenable ni moralement acceptable qu’on soulève la question de son indignité seulement lorsque le moment de son ascension a sonné. Ce serait contre les principes élémentaires de la prévisibilité et de la sécurité juridiques et une atteinte indmissible aux droits acquis. Encore moins recevable l’argument avancé ça et là qui repose sur l’absence ou l’insuffisance de la représentativité de l’assemblée nationale. Ce raisonnement découle de la considération que l’assemblée nationale présidée par Monsieur Somparé ne compte que les partis de la mouvence présidentielles renfocés par le PRP de feu Siradiou Diallo. Il suffit de constater que cette faible représentativité résulte d’un boycott des élections par les autres mouvements politiques pour constater l’inopposabilité de cette argumentation. Pour terminer, j’insiste sur le fait que l’actuel président de l’assemblée remplit toutes les fonctions juridiques necéssaires pour assurer l’intérim. L’écarter sur le motif de l’expiration de son mandat alors même qu’il exerce effectivement et officiellement les fonctions de président de l’assemblée serait non seulement absurde mais aussi injuste. L’objet de la présente contribution n’est pas de soutenir telle ou telle personne ou clan dans la conquête du pouvoir, mais l’analyse objective d’une situation qui nous interpelle tous au regard de quelques principes juridiques pertinents. Mon email : sowadama@yahoo.fr
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