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2008-12-29 11:25:22
Préliminaire
Posons, d’entrée de jeu, cette question abrupte : y a-t-il du nouveau en Guinée, plus exactement peut-on enfin ou encore croire en un changement dans notre pays ? La réponse n’est pas évidente, et ne saurait être tranchée. Tout au plus quelques constatations:
-Dadis Camara semble, pour le moment, avoir débuté un « mandat » qui ne lui a s été confié par aucune consultation démocratique. Sauveur inespéré ou manipulateur, instrument de forces cachées ou apprenti-dictateur, on le saura bien très vite. Un proverbe de chez nous affirme : la beauté déclarée au cœur de la nuit se verra forcément au lever du soleil...
- A notre connaissance, à ce jour, pas de morts, pas d’arrestations arbitraires, un climat exempt de tout règlement de comptes. On ne saurait souhaiter mieux, dans ces conditions très difficiles pour notre pays. Bon point pour Camara, mais normal pour tout démocrate.
-Si personne ne peut reprocher, à Dadis et au groupe qu’il dirige son action, il est évident qu’il sera comptable de sa persistance au détriment du droit. Tous les guinéens l’attendent sur ce terrain, et pas ailleurs. La confusion ne sera plus possible
-En tenant compte de l’état de décrépitude avancée de toutes les institutions guinéennes, vidées de toute substance républicaine, personne ne regrettera la mise à l’écart, sans violence, de la bande à Sidimé, Somparé et autres membres du gouvernement de « large couverture » du premier ministre, le ‘docteur’ Souaré. C’est le chant de cygne avant la chute définitive de leurs constructions idéologiques, politiques et juridiques. Il n’y aura plus de remise en selle, sous couvert de respect de la « constitution », de vieux crocodiles peureux et calculateurs, éternellement affamés.
Le même esprit doit conduire à la mise à la retraite de tous nos soldats hérités de la période coloniale, frères d’armes de Conté ou bourreaux du PDG.
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La situation, nos responsabilités
La première et deuxième républiques n’ont été, toutes, que des échecs cuisants en matière de développement, et des gouffres sans fin d’arbitraire et de mort pour le commun des guinéens.
Méfions nous donc profondément de tout enthousiasme et soutien obséquieux vis-à-vis de nos nouveaux gouvernants. Chat échaudé craint l’eau froide , dit-on.
D’abord en arrêtant, comme le reste du monde, définitivement notre tendance (et sport national) à coller à ceux investis d’un pouvoir quelconque des titres immérités et ronflants, des « excellences », « docteurs » et autres « honorables » qui n’en sont pas. Personne n’est titulaire attitré de la « magistrature suprême ».
Assez des flatteries, flagorneries et autres ronds-de-jambe. Ces gens ne sont, faut-il le rappeler, que des hommes et femmes comme nous, pas des surhommes, auxquels devraient suffire « monsieur » ou « madame ».Cessons de pousser à l’émergence de dictateurs, par irresponsabilité jamais assumée : Dadis Camara, M. Camara, M le Capitaine Camara, éventuellement M. le président de la république, c’est sérieux, honorifique, et largement suffisant.
Le nouveau régime, soutenu par ses chars, déboule donc, avec un souci déclaré de respect pour ceux aux noms desquels il entend s’exprimer et agir, comportement absolument inconnu sous nos cieux, venant de militaires. Espérons seulement que cette situation se pérennise, en allant raisonnablement rapidement vers de vraies élections.
C’est, à notre avis, la raison probable pour laquelle le président Wade a apporté clairement son soutien à la junte :"Je pense que ce groupe mérite d'être soutenu. J'appelle tous les pays, notamment la France,... à ne pas jeter la pierre à ce groupe mais à les prendre au mot".
Il faut dire que malgré des cheminements différents depuis nos indépendances, la Guinée, le Mali et le Sénégal forment un seul et unique groupe de peuples fortement liés, qui finira par se retrouver, pour former une seule nation. L’occasion de remercier tous ces pays frères pour leur fraternité réelle et agissante.
Notre respecté ainé Billo Sy Savané a toujours insisté, avec une obstination magnifique, à faire appel à « la fraction républicaine » de notre armée. Nous espérons sincèrement qu’il ait eu raison, et qu’il soit enfin récompensé de ses peines, afin que cette deuxième incursion militaire ne soit pas, cette fois encore, de celles, déguisées, de tristement célèbres « militants en uniforme ».
En clair, le CNDD doit être radicalement différent d’un PDG new look, ou d’un PUP Conté nouvelle formule, dont les ‘hauts faits’ se passent de commentaires. Pour que nous soient révélées, peut-être et enfin, des personnalités guinéennes de la dimension du président ATT et du Général De Gaulle.
Sur l’avenir
Cette équipe, pour sa crédibilité, doit être consciente de plusieurs problèmes, en particulier :
1-L’absence actuelle, et la nécessité pour le futur de règles claires d’un état de droit, et son respect par tous (civils et militaires), bases obligatoires d’un système démocratique.
2-Notre retard, dont la base est un taux record d’analphabétisme, situation qui nous conduira au mieux à faire du ‘sur-place’. Un pays ne se développe jamais avec des analphabètes, tous les guinéens le savent maintenant.
3- L’oubli constant et volontaire, dans les sphères de décision du pays, de la « cinquième région naturelle », riche de ses contacts avec l’extérieur, toujours prête et fière de son pays, constituée par les guinéens en dehors de nos frontières nationales. L’absence de prise en compte de leurs problèmes, en particulier leur droit de vote est un vestige inadmissible du PDG et du PUP, une singularité guinéenne sur le globe. Les ministères folkloriques des « guinéens de l’étranger » et nos ambassades doivent réellement gagner en sérieux, responsabilité et épaisseur.
4-L’absence d’une vraie politique de santé basée sur la prévention, seule méthode permettant, avec notre situation économique, d’apporter les bienfaits des avancées en matière de santé à notre population. Tous les médecins guinéens, où qu’ils exercent, ont le cœur meurtri devant l’énorme gâchis humain et matériel (opposable à nos grandes potentialités) auquel nous ont soumis deux républiques-dictatures, que nous qualifierons sans hésitation de catastrophes sanitaires.
Il ne s’agit pas de prêcher pour sa paroisse, mais de tâches urgentes, chaque domaine de la vie de notre pays (éducation, administration, etc..) pouvant être analysé de la même manière, avec les mêmes constats.
Conclusion
Restons très prudents et perspicaces donc, mais pas frileux, devant les premières intentions de ce régime qui vient de lancer un appel à propositions à la société civile. Gardons toujours à l’esprit, comme le dit le dicton, qu’une hirondelle ne fait pas le printemps.
Pour une fois, espérons que cette pointe persistante de pessimisme, qui nous habite tous, soit balayée par Dadis et les siens, qui sont après tout, des frères. Qu’ils n’oublient pas que leurs armes ont été achetées à la ‘sueur du front’ de leurs compatriotes, seuls garants de la légitimité militaire. C’est la seule façon pour eux d’être réellement des nôtres, démocratiquement s’entend. Assez, vraiment assez des éternelles tromperies en tous genres.
Il va falloir, pour ce nouveau groupe, gagner le cœur des guinéens autrement que par la vieille rhétorique révolutionnaire trop connue, et ses successives résurgences, mises à jour et promesses, plus ‘bidon’ les unes que les autres. Ce qui sera déjà, pour Dadis, qui n’aura connu que la culture PDG-PUP, une extraordinaire performance. Sinon M. le capitaine Camara rejoindra l’immense cohorte de tous ceux qui ont raté la chance historique d’infléchir, dans le bon sens, l’histoire de leur pays.
Thierno A. DIALLO médecin
thiernoad@hotmail.com
VOS COMMENTAIRES | |
| T.SOW | 30/12/2008 17:52:14 |
| MR Diallo jai de ladmiration pour vous car vos analyses sont tres pertinentes et depourvue de toute ambiguite. je vous encourage et vous remercie pour votre noble combat. | |
| Bangaly Traore | 30/12/2008 18:30:33 |
| Merci Mr pour votre analyse,le probleme de la guinee,il faut la justice et l'exsitance d'un Etat.LE Peuple a enterre le systeme corrpue de conte,je suis conscient avec le president moussa dadis camara,il aura un changement dans notre pays,c'est a dire mettre fin a la corrpution,l'injustice et a l'impunite.MOn frere notre pays n'a plus d'identite,l'Etat n'exsite et le parlement n'aucune valeur,et l'administration et les intitutions ne fontionne pas,et la solution c'est la justice,la verite et l'nuite nationale.vive le president moussa dadis camara,vive la 3republique. | |