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2009-01-10 20:09:03
Le site kibarou.com dans sa rubrique, Actualité, publiait une correspondance de monsieur Mamadou Sall. Celle-ci fut postée le Lundi 29 décembre 2008 à 17h1mn et intitulée : « Descente militaire à Futurelec : des véhicules saisis chez Mamadou Sylla » Etrangement, l’auteur concluait : « Les militaires en resteront-ils là où pousseront-ils la logique de récupérer les biens de l’Etat que Mamadou Sylla continue de garder par dévers lui ? Il serait intéressant de saisir le riz du don koweitien, les engrais du don japonais pour ne citer que ces quelques éléments en possession illégale de Mamadou Sylla. »
Aucune réaction n’est venue des gouailles qui ont envahi certains sites guinéens pendant ces derniers jours. Alors que je m’apprêtais à donner suite à et article, le 1 janvier 2009, le volcan qui couvait le monde des hérétiques lassa échapper sa larve brûlante parce que Cellou Dalein Diallo venait de subir le même sort que Mamadou Sylla.
J’abandonnai mon projet de dénonciation de cette violation du domicile d’un citoyen pour dire à ceux qui étaient en effervescence que la justice est universelle. Leur idole et Sylla sont deux citoyens de la même nation. A cet égard, ils ont les mêmes droits jusqu’à ce que l’un ou l’autre soit reconnu coupable par la justice sur la base des lois de la République. Si cela n’est pas établi, les contemporains, que nous sommes, devions nous s’insurger contre toute autre procédure extrajudiciaire. Or, le vacarme déclenché autour de Cellou Dalein Diallo ne s’est pas produit quand Mamadou a été inquiété, en dépit, de ce que nous lui reprochons.
Pourquoi n’a-t-on rien dit ou écrit en ce moment-là ? C’est de cela qu’il est question dans « Inventons un meilleur avenir pour la Guinée.»
La bifurcation occasionnée après la lecture et la radicalisation des propos m’ont aussi fait écrire que la disqualification des autres n’est pas consubstantielle seulement à la volonté d’affirmation de l’appartenance régionale, ethnique et/ou politique. Une telle démarche, me paraissant très dangereuse dans la construction de la nation que nous voulons démocratique, m’a conduit à chercher l’apaisement en le signifiant à ceux qui faisaient le brou brouhaha.
Malheureusement, ils n’ont pas compris. A mot couvert, quelqu’un l’a reconnu. Alors, pour se faire bonne conscience, le débat courtois leur ayant échappé, ils ont préféré les invectives comme pour m’intimider. Les voilà transformés en guerriers couards parce qu’ils n’eurent point que la honte de s’exprimer sous la forme de virtuelles créatures en refusant de donner un visage à leurs incendiaires discours.
La Guinée a besoin des Hommes qui assument leurs actes posés. Elle veut compter sur des fils responsables, capables en tout temps et quelles que soient les circonstances d’affronter le regard de l’autre non de se cacher derrière la pénombre ou l’ombre du virtuel qu’est l’internet. A partir de ce moment le débat n’a pas eu lieu parce que ceux qui voudraient l’animer étaient des fantômes que du net.
Piteusement, quelques uns, en panne d’argument, ne pouvaient plus gouailler qu’en tirant sur la fibre ethnique par l’histoire dont tout patriote guinéen condamne la barbarie qu’elle a produite depuis cinquante ans. Et je suis de ceux-là !
Certes, l’individu se définit essentiellement par son attachement lequel peut rendre, à certains égards, malheureux sinon emprisonnant. Le dosage est nécessaire pour s’en libérer. Parmi les attachements, il y a la famille, l’ethnie, le clan, le groupe politique…, etc. C’est le lieu de s’interroger si tous les attachements valent-ils quand ils sont exprimés avec excès et fanatisme voire avec le terrorisme ?
Et quand il y a une telle manifestation de la volonté de détruire, ce n’est plus la question simple des droits d’un individu qui énerve. Il se posse implicitement et, peut-être, inconsciemment la problématique du contrôle du pouvoir social et même politique. Mais de quels pouvoirs et dans quel espace ?
Or, aujourd’hui les enjeux majeurs se résument en la capacité, à nous tous, Guinéennes et Guinéens, d’abord le dépassement voire le surpassement pour nous introduire dans un espace démocratique. Pour cela, il est plus que jamais impérieux, si ce n’est existentiel, que nous nous tournons vers l’avenir qui s’offre à nous en dépit de tout ce que chacun peut avoir comme ressentiment. Il s’agit de permettre, de favoriser le contrôle des nouvelles autorités afin que la Guinée soit citée, demain, comme le Ghana, le Mali, le Bénin….Ainsi lorsque le climat sera apaisé, la prochaine étape sera la quête de la vérité sur cinquante d’années d’infamies, d’ignominies, d’odieux crimes et d’insensées pratiques disqualifiées.
Pour moment, le monstre n’est pas mort. Pourquoi ne pas le tuer avant de soulever les questions sans la résolution desquelles la Guinée restera une nation sans âme parce qu’elle ne sera jamais debout donc construite ?
J’entends les politiciens et leurs ouailles siffler le mot élections dans nos oreilles sans avoir la conscience que la Guinée n’est pas prête, en l’état pour de véritables élections transparentes, crédibles et expressives de la volonté de ses populations. Opérer les élections maintenant sans avoir établi l’état des lieux de la gouvernance d’un demi siècle ; c’est offrir en cadeau notre pays aux auteurs des maux dont nous souffrons. C’est enfanter de nouveaux prédateurs dont nous voyons les babines se relever depuis que le syndicat des présidences africaines et le lobby international veulent tordre le cou à l’espoir qui semble s’annoncer à l’horizon de la patrie de 50 000 victimes auxquelles s’ajoutent le faramineux nombre non encore connu des suppliciés du système conté. J’espère que les nouvelles autorités ne se laisseront pas appâter par les pièges des mammouths du PDG devenus dinosaures sous le PUP. Voilà pourquoi depuis le 23 décembre 2008, j’invite les patriotes à un soutien critique des nouvelles autorités sans lesquelles la continuité du système Sékou Touré poursuivi par celui de Lansana Conté survécu, même si nous ne savons pas encore le vrai tropisme du nouveau pouvoir.
L’urgence ne serait-elle pas la question économique ? La sécurité alimentaire, la réforme des institutions, le recrutement des valeurs sûres ; c’est-à-dire les compétences et la qualité des Hommes pouvant placer sur la Guinée sur le piédestal qui trônera leurs petits et égoïstes intérêts doivent-ils pas être les préoccupations nationales en ces jours nouveaux ?
Les deux phases achevées et la route de notre évolution ainsi balisée permettront à ceux qui voudront faire de la politique d’occuper l’espace conséquent. Et les élections pourront être démocratiques. Tout le contraire de cette marche tournera inévitablement à l’avantage des brigands et autres voleurs qui ont appartenu aux gouvernements successifs. Or, cela a duré cinquante longues années de privation de tous ordres. Allons-nous accompagner nos prédateurs dans leur nouvelle lutte de récupération des privilèges dont la tendance est à la perte depuis le 23 décembre 2008 ? Devons-nous être comme ces coques d’arachide jetées dans la nature qui se remplissent facilement de pluies, de brumes, de rosée ou de brouillard ?
Devenons les acteurs de notre destin !
Je dis qu’il faut apporter le soutien aux nouvelles autorités non pas par flagornerie. Il n’y a pas d’homme providentiel. Le dilemme face au destin national appelle la solidarité comme on le voit dans les pays développés lorsqu’ils sont en danger ou le sentent comme tel. Cela n’a jamais empêché les différences de positionnement des citoyens, une fois l’orage passé.
Notre pays est ouvert aujourd’hui à tous les chemins : bons, moins bons, mauvais, très mauvais ou pire. A nous de choisir ce qu’il doit être et devenir !
Il n’y a pas de hiérarchisation ou de considération ethnique au stade où nous sommes arrivés. C’est pourquoi, je suis attristé de lire les égarements de ces derniers jours.
Inventons une nouvelle Guinée : celle dépouillée des auteurs des maux dont nous ne cessons d’égrener le chapelet. Quand naîtra la Guinée de notre rêve, la vérité et la justice seront nos compagnes dans la construction de cette nation pour laquelle des milliers de nos devanciers ont été sacrifiés. Cela est désormais possible pour peu que nous manifestions la ferme volonté et non gouailler !
Paris, le 10 janvier 2009
Jacques KOUROUMA
jacques.kourouma@aliceadsl.fr
VOS COMMENTAIRES | |
| Diariou diallo | 10/01/2009 21:04:04 |
| il faut taper le fer quant il est chaud, il faut pas attendre qu'il soit froid si non vous aller vous faire du mal. monsieur kourouma je vous prie d'appaisser les esprits.intervenont pour contruire c'est de ça que la guinee a besoin. | |
| IBRAHIMA DIALLO | 11/01/2009 13:26:10 |
| J'apprecie vos ecris Mr Kourouma et je vous demande d'user de vos talents et relations pour qu'on pousse cette junt a organiser une conference natinale. Je suis sur que ces militaires n'ont pas commis trop de crimes par rapport a leur aines. Apres debat je sais que le peuple de guinee poura pardonner . Si par contre on va a des elections precipitees sans que ces futures dirigeants ne s'expliquent on passera a cote . De plus personne ne poura contoler ces militaires .Aussi ne pensez vous pas que les familles des victimes ont besoins de savoir comment leur parents ont ete tues et ou sont-ils enterres .Regardez de pres aucun politicien guineens ne veut parler des victimes des deux regimes dans son programme. si nous reussisons a rendre justice la guinee ira de l'avant sinondisons adieu au developpement. | |
| Madison | 11/01/2009 18:41:08 |
| Tous mes remerciements M. Kourouma pour cette analyse objective et contructive. Vous avez touche du doigt des maux dont souffre le guineen en general et certains intellectuels guineens en particulier. La plupart d'entre eux ont l complexe d'accepter une opinion contraire a leur vision. Ils ont peur d'affronter la verite et sentent tout de suite viser des que la verite est enonce. Au lieu de defendre leur personne par des arguments objectifs, ils commencent tout de suite a se victimiser et s'emploient a rallier tous ceux qui ont, d'une maniere ou d'une autre, connu quelques difficultes liees a leur parcours. Comme vous le dites, je ne comprend pas le tolle general qu'a suscite la descente des militaires chez Cellou. L'acte est certes condamnable mais dela a appeler la guerre ethnique, c'est insense. D'autres citoyens sont victimes tous les jours mais ceux qui s'evertuent a ecrire sur le net ne disent rien. Quelle injustice! Par ailleurs, comme vous avez souligne, sur toutes les levres et partout on ne parle que des elections. Ils pensent que les elections constituent la solution de nos problemes. C'est une erreur surtout si elles sont organisees dans la precipitation. Leur objectif est de focaliser l'attention du public sur des mamayas electorales pour faire oublier les casseroles qu'ils trainent derriere eux. Les memes qui ont suce l'Etat et le peuple vont revenir en force pour se maintenir et continuer leur sale besogne. Puisque la politique c'est aussi des moyens, surtout financiers, donc au profit des ceux qui ont illegalement acquis leur richesse. J'ajoute un dernier element pour dire que tout changement en Guinee est un leurre tant que ceux qui ont dilapide les biens publics sont en liberte. Ils feront tout pour saper tout changement qui irait en leur defaveur. Et Dieu sait q'ils sont les moyens d'y arriver. Si le CNDD retarde, nous allons inexorablement vers le retour des dinausors. Seul la junte peut mettre ces gens au pas, pas un gouvernement civil.Si ce n'est pas le cas, bientot la population va commencer a rejeter la junte qui a son tour va chercher a regler des comptes pour faire le lit des ennemis du changement. C'est maintenant ou jamais. C'est ce calcul qui a fait echouer Kouyate. Il pensait que l'entousiame populaire aller continuer a jamais. Les taupes se sont reveillees au moment ou sa cote de popularite a commence a s'effriter et le resultat est connu. Donc, netoyons d'abord la maison avant d'installer des nouveaux meubles sans quoi le verni disparaitre tres rapidement. | |