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Le CNDD dévoile ses couleurs: «c’est du conté sans Conté»
2009-01-17 13:54:44 Le gouvernement tant attendu du Premier ministre Kabinet Komara a été connu dans la soirée du 14 janvier 2009. Le choc fut grand : il n’est pas de Komara mais plutôt de Dadis et ses amis. Quelle déception, quel nouveau faux départ pour la Guinée ! On comprend pourquoi il lançait le 12 janvier à la face du PM Komara que celui qui ne serait pas content des choix qu’ils vont faire n’a qu’à quitter la Guinée. Nous invitons Komara à ne pas se rabaisser en acceptant de jouer au Sidimé, au Kouyaté ou au Souaré avec ce groupe de malfrats qui n’a même pas attendu un mois pour violer ses promesses. Depuis sa prise du pouvoir le 23 décembre 2008, Dadis ne fait que tâtonner, se dédire, mentir et surtout gagner du temps pour s’éterniser au pouvoir comme son père spirituel Lansana Conté. Les Guinéens ont été trahis, abusés par l’armée, par Lansana Conté et par le CNDD. Le chef de la junte l’a dit : il n’est pas venu par hasard au pouvoir. Tout semble avoir été préparé avec la famille de Conté qui cherchait à garder ses privilèges. Se rendant compte que Ousmane Conté ne ferait pas l’affaire, on a fait pacte avec Dadis Camara qui avait Pivi sous son contrôle. Après les mutineries de mi 2008 au cours desquelles le Général Mamadou Sampil et une certaine Aïssa Damathé Kéïta furent pris en otage par des soldats mutins dirigés par le groupe de Dadis et Pivi Coplan, Lansana Conté avait essayé d’utiliser la force en envoyant des bérets rouges pour libérer ces personnes qui sont ses proches. En vain. Il se heurtera à la détermination de Pivi Coplan qui finit même par intimider toute la garde présidentielle. Alors le vieux Général, qui a raté l’occasion de quitter le pouvoir avec des honneurs et respect en 2003, comprit qu’il a perdu le rapport de force. Il joua au sentiment avec les meneurs Dadis et Pivi en leur faisant comprendre que lui est à la fin de sa vie et qu’ils doivent juste patienter un peu, ainsi ils pourraient prendre le pouvoir après lui sans risquer des affrontements avec ceux qui lui resteront fidèles. En attendant, Dadis et Pivi pouvaient lui dire ce qu’ils veulent et il les satisfera à 100% : véhicule, argent, grade, poste désireux et impunité absolue pour leurs crimes. Dadis parle dans son interview avec JA : « En novembre dernier, veillant à ce que mon nom ne soit pas barré à la dernière minute, alors qu’il nommait les membres de l’état-major, il a dit devant témoins: „Si le nom de Dadis ne figure pas sur le projet de décret au poste de directeur général des hydrocarbures des armées, je ne le signerai pas. “ » Il y a un autre passage encore plus édifiant : « Lansana Conté, avec qui j'ai longtemps travaillé, m'inspire le respect. Alors qu'il était mal-en point, il m'a invité à partager son repas une semaine avant sa mort. Après avoir formulé des prières pour qu'il se relève de sa maladie, je lui ai dit: „Si vous connaissez l'humiliation de votre vivant, c'est que Dieu n'existe pas. “. Et je le pense vraiment. Voilà pourquoi j'ai attendu sa disparition pour prendre un pouvoir qui était à ma portée depuis plusieurs années. » Comme GuineePresse.info l’avait dit après les massacres de civils et des policiers, si un groupe militaire commet autant de crimes, humilie ses supérieurs sans subir aucune sanction disciplinaire ou être traduit en justice, c’est que ce groupe a déjà le pouvoir. Il le prendra quand il le veut mais pourquoi donc ne pas le prendre au lieu de commettre tous ces crimes ? Nous avions posé la question à l’adjoint de Pivi d’alors, Saa Alphonse, dans une interview. Nous avions trouvé ses propos tellement bas que notre Rédaction a préféré ne pas le publier. Comme notre collègue Namory Condé le dit dans son article Dadis – Lansana Conté, le peuple de Guinée a été victime d’un vaste complot orchestré par Conté et sa famille pour saboter le processus démocratique obligatoire qui allait s’amorcer à la suite de la disparition du dictateur. C’est du conté sans Conté, comme l’a dit le respectable Alpha Oumar Konaré. Examinons bien les faits : le Général Toto Camara est un membre de la famille Conté en ce sens qu’il est neveu de Henriette Conté. Le Ministre des télécommunications et des nouvelles technologies de l'information, le colonel Mathurin Bangoura est le petit-frère de Henriette Conté. Tous deux membres influents du CNDD qui se partagent, avec Dadis et Konaté, les postes importants dans le gouvernement, dans l’armée et dans la haute administration. La plupart des personnes nommées sont leurs parents directs ou des intimes amis choisis pour besoin de coloration et pour le rôle que eux ou leurs familles ont joué dans le passé pour la durée de Conté au pouvoir. Les Konaté ne sont associés en ce moment que parce qu’on redoute ce groupe de la Haute Guinée bien implanté dans l’armée et dans la police. Quand le pouvoir sera bien assis, on trouvera un moyen de les écarter comme en 1985. Si cette équipe n’est pas contrainte à organiser une transition démocratique et rendre le pouvoir à un civil élu le plutôt possible, rien ne pourrait nous épargner un scénario semblable à celui de 85. Toute la question est : entre Toto Camara et Sékouba Konaté, lequel serait le nouveau « Diarra Traoré » ? Car, il faut bien qu’il reste un homme fort en Guinée, s’il faut s’inscrire dans la continuité. Or, à bien réfléchir sur les choix et les actes du nouveau président, on comprend bien qu’il s’inscrit plutôt dans la durée et non dans un cadre de transition démocratique : 1- Aux Guinéens, à Wade ou à JA, Dadis Camara a donné des différentes durées pour la transition pour laquelle il aurait pris le pouvoir : 2 ans, 6 mois, indéterminée. 2- Il avait promis la non-participation des membres du CNDD au gouvernement afin de trouver les moyens de s’asseoir. Les partis et même les syndicalistes ont mordu à l’hameçon, croyant alors que c’est eux qui seront choisis. Le gouvernement est essentiellement composé de parents et d’amis des différents membres du CNDD, Dadis se taillant la part du lion bien sûr : M. Papa Koly Kourouma serait son oncle direct alors que Capitaine Moussa Diokoro Camara serait un autre proche de Dadis. De même, Alexandre Cécé Loua et Frédérique Kolié, respectivement Ministre des Affaires Etrangères et des Guinéens de l'étranger et Ministre de l'administration du territoire des affaires politiques seraient des proches de Dadis. Cécé Loua est impliqué dans le commerce de papiers guinéens sous le gouvernement de Souaré (lire : le "banabana" qui vend des Guinéens !). Dans le décret, on qualifie monsieur Kolié de juriste en Allemagne. Ce qui est à vérifier car, le guinéen « Kolié » qui est bien connu à Bonn serait un conducteur de taxi en fait. Justin Morel Junior est certes un bon journaliste. Mais il doit sa nomination à ses liens avec Toto Camara. Le Capitaine Mamadou Sandé a fait des études à Hambourg en Allemagne et il a bien décroché son diplôme. C’est un ami intime qui aidait Dadis là-bas dans les études mais ce dernier (Dadis Camara) n’a pu tenir les études parce qu’il aurait eu trop de difficultés avec la langue déjà, a-t-on appris. D’ailleurs à sa prise de pouvoir, on parlait seulement de son séjour à l’université de Conakry. Ce qui est à vérifier vu le niveau et le langage de la personne. Tout de même, Sandé qui est rentré il y a juste deux mois après les études aurait-il l’expérience nécessaire pour être catapulté au poste de Ministre de l'économie et des finances dans un pays qui a urgemment besoin de se relever ? Pas étonnant d’un président qui dit que pour sa construction, la Guinée n’a pas besoin de diplômés. C’est comme les paysans qui disent qu’un enfant n’a pas besoin d’aller à l’école pour être un bon cultivateur. La médiocrité et le népotisme n’avaient jamais atteint une dimension aussi inquiétante en Guinée ! Boubacar Barry, Ministre d'Etat à la Présidence chargé de la Construction, de l'aménagement du territoire et du Patrimoine bâti public, est un architecte formé au Sénégal. Il a construit plusieurs projets pour certains commerçants nantis et surtout il a travaillé pour l'équipe de Mamadou Sylla en Guinée, au Sénégal et en Gambie. Fils de feu Dr Barry Alpha Oumar, ancien secrétaire fédéral de Kindia puis gouverneur de Telemele avant d'être promu ministre et incarcéré au camp Boiro à la faveur du complot peuhl de Sékou Touré, il moura comme tant d'autres au camp Boiro pour avoir été l'ami intime de Boubacar Telly Diallo. Certes compétent mais il doit son poste à son amitié avec Dadis. Nous souhaitons à ce jeune colorant que l'histoire ne se répète pas car le choix qu'il vient de faire au nom d'une naïveté que nous lions à une ambition démesurée du "tout, tout de suite" lui donne désormais un rôle de paria sur lequel, peut être demain, cracher ne sera pas interdit. Et pourtant... il n'avait pas besoin de çà, c'est notre avis. Madame Hadja Aicha Bah, Ministre de l'Enseignement pré-universitaire, technique, professionnel et de l'éducation civique. Elle a fait ses études aux USA en chimie avec une bourse guinéenne dans les années 60. C'est une intellectuelle très brillante qui fait partie des premières universitaires de notre pays. Après son diplôme elle est rentrée au pays et a commencé sa carrière au Lycée Technique de Donka comme professeur de Chimie. Parmi ses élèves, Bah Ousmane de l'UPR et tant d'autres... Son mari Diallo Alpha dit Portos alors secrétaire d'état aux affaires étrangères de Sékou Touré sera broyé par la machine du PDG pour un long séjour au camp Boiro dont il est l'un des rares rescapés (il a d'ailleurs écrit le célèbre livre témoignage sur le camp de la mort titré "La Vérité du Ministre"). Descendante de la famille Bah de feu Thierno Aliou Bhubha Ndiyan de Labé, elle a vécu la perte de plusieurs membres de sa famille morts dans des tueries perpétrées par le gouvernement de la première république (oncles, cousins et son propre grand père qui était âgé de 71 ans lors de son arrestation). Dadis dit lui-même avoir dit à Conté : « Si vous connaissez l'humiliation de votre vivant, c'est que Dieu n'existe pas ». N’est-ce pas blasphématoire ça ? Que fait une Hadja de plus de 65 ans avec des jeunes pareils ? Il est vrai que la famille de Aicha Bah a été victime sous la révolution. Mais tous les deux régimes se sont servis de cette famille pour diviser le Fouta et asseoir leur dictature. Nous souhaitons qu’elle ne se prête pas à ce même jeu pour une troisième dictature en Guinée. Celui qui veut faire un travail sérieux ne s’entoure pas d’amis et de parents qui ne redouteraient rien en cas de faute ou de mauvais résultats. C’est ce qui a pourri le régime de Conté. C’est donc la continuité avec Dadis. D’ailleurs, nous apprenons de sources sures que le CNDD a ordonné cette semaine au ministre des finances de payer les frais de scolarité des enfants de Conte à Londres d'une valeur de 200.000 Livres ou Euros (notre informateur a juste vu le montant sur le papier) et de payer aussi les frais d'hôtel de Kadiatou Seth. C’est un détournement de fonds publics. Mais Dadis ayant un niveau encore plus bas que celui de Conté, penserait certainement que lui il prend et que c’est les autres qui volent. On devait déjà se douter quand Dadis dit vouloir terminer le mandat du Gn. Conté. Après, il voudra faire ses propres mandats ! Notre président ment comme il respire et n’inspire aucun respect. Le 12 janvier, il n’a pas hésité à dire devant des cameras que Conté a été si propre que sa famille n’a rien aujourd’hui, même pas les moyens de payer les études de ses enfants. Tout le monde sait que Conté est le premier fournisseur de riz à l’Etat Bissau-guinéen et que ses enfants ont des résidences au Canada et au Maroc par exemple. Aussi, il n’est secret pour personne que Mamadou Sylla travaille avec l’argent de Conté. Un autre mensonge de Dadis faisant déshonneur à notre pays dans son interview avec JA : « Je suis fier de cette famille - qui m’a inculqué le courage, la persévérance et le rejet de l’envie -, notamment de ma mère, âgée de plus de 100 ans et qui vit chez moi, à Conakry. » Au début de l’interview, il avait fait savoir qu’il a 44 ans. Ce qui veut dire que sa maman l’a eu autour des 60 ans d’âge. A moins que cela se soit passé dans la forêt sacrée, la Guinée n’a pas connu une telle histoire encore et nous doutons si les femmes guerzées sont différentes des autres femmes guinéennes. 3- Il avait publiquement promis de faire un équilibre ethnique du CNDD et du gouvernement transitoire qu’il va installer. Et de source proche de l’ancienne famille présidentielle, nous avons appris que le groupe de Dadis était parti se plaindre chez Lansana Conté sur les gouvernements kouyaté et souaré qui n’auraient pas nommé suffisamment de ressortissants de la Forêt, avec un document en main. Donc, après cet acte et les déclarations qu’on a entendues de lui, personne mieux que Moussa Dadis Camara ne devait se montrer plus équitable aujourd’hui. Mais laissons la composition ethnique globale du gouvernement où ses propres parents ont obtenu le gros morceau. Prenons donc la Forêt elle-même : il y a plusieurs ethnies qui habitent cette région (Guerzés, Tomas, Kissiens etc.). Et ils ont tous concouru à l’arrivée de Dadis à la présidence. Surtout les Tomas, avec Pivi Togba en tête, l’élément déterminant de ce coup de force. Le choix de Dadis est essentiellement guerzé. Certaines sources affirment qu’il y aurait un seul Toma et un seul Kissien dans les décrets. D’autres soutiennent par contre qu’il n’y a aucun Tomas (Cela n’est pas facile à connaître à partir des noms vu que beaucoup de Forestiers ont pris des noms malinkés dits équivalents au temps de Sékou Touré pour échapper à la marginalisation qui frappait certaines populations). Même Pivi qui avait été élevé au rang de ministre le 29 décembre 2008 est finalement écarté le 14 janvier 2009. On sait que la coalition contre l’impunité composée d’organisations de droits de l’homme, des avocats et autres membres de la société civile avaient fait pression contre la présence de Pivi dans l’équipe de transition à cause des crimes qu’on lui reproche. Pourtant, il était sous les ordres de Dadis lors de ces crimes. Il y aurait même un dossier en constitution pour porter une plainte internationale contre Pivi et ses complices. Dadis aurait-il cédé à ces pressions pour écarter Pivi ? Pivi risque bien d’être le sacrifice pour le maintien de Dadis Camara au pouvoir. Le gouvernement de transition n’a pas à se donner un programme économique ou de construction de quoi que ce soit. Il ne doit avoir qu’un programme politique : celui d’organisation des élections transparentes et démocratiques et passer la main dans l’honneur. Même avec un mandat de 5 ans il est impossible de réaliser un véritable programme de développement. Le programme dévoilé du CNDD et le fait qu’ils n’aient pas eu besoin de temps pour reprendre des nominations administratives montre bien qu’ils sont venus au pouvoir avec leurs listes de pions à placer partout. Laisser du temps à ces gens, serait la plus grande bêtise que les Guinéens pourraient commettre à nouveau. Il faut se donner les mains pour obliger Dadis à revenir au programme de transition et vite organiser des élections législatives. Sans oublier de changer tous les préfets et gouverneurs qui sont actuellement militaires, ni les maires qui sont du PUP. Il est rassurant de savoir que des démarches sont encours en ce moment pour que les forces vives de la nation se donnent toutes les mains pour créer un front commun dans ce sens. Seulement, le blocage se trouverait au niveau du RPG et de l’UPR, Alpha Condé et Bah Ousmane disant qu’ils ne vont pas s'asseoir autour de la même table que Cellou Dalein Diallo. Pourtant, l’UFDG est bel et bien une force politique avec laquelle il faut composer aujourd’hui en Guinée avec ou sans Cellou, si on est démocrate. D’ailleurs, comment comprendre des gens qui acceptent le PDG et le PUP et qui pardonnent à Conté qui a failli les tuer, auteur de « Wo Fataara » et responsable de la morts de centaines de Guinéens tout en adoptant une telle position face à quelqu’un qui n’a même jamais proféré une injure contre eux ? C’est scandaleux de voir ceux qui disaient se battre pour la démocratie en Guinée s’agiter dans une sorte de compétition opportuniste pour se faire remarquer par le CNDD. Espérons qu’il resterait encore des postes à distribuer pour ces intellos de la diaspora ! Ce n’est plus les services de l’Ambassade qui informent et mobilisent pour recevoir des officiels guinéens à Paris ! Les Guinéens doivent éviter de répondre aux appels, souvent contradictoires d’ailleurs, de ces semeurs de confusion et chercheurs de postes. Ils font plutôt rire à Conakry ! De Lansana Conté à Dadis Camara, c’est quitter l’âne et monter sur le phacochère ! L’heure n’est plus aux rivalités politiques. Il faut réserver cela à la période des campagnes. En attendant, on doit d'abord arracher le principe d’organiser ces campagnes. Le peuple en a assez et ne pardonnera certainement pas à ceux qui saboteront les initiatives pour le changement. C’est maintenant qu’il faut agir, au moment où la communauté internationale se mobilise et se range du côté du peuple de Guinée. Sinon, ce serait « Vive le nouveau Bokassa ! ». Car, si nous Guinéens restons calmes et qu’un semblant de stabilité revienne avec cette équipe, la "realpolitik" finira par amener toutes ces institutions à soutenir le régime en place. En cas d’entêtement du CNDD, une coalition militaire africaine devrait être sollicitée pour intervenir en Guinée afin de libérer ce peuple qui a tant souffert. Pour l’instant, il faut encourager l’Union Européenne à prendre des mesures de sanctions ciblées contre des dirigeants et militaires guinéens et toutes leurs familles. Linda Bah et Lamine Soumah
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